PLANCHE I
LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE
de rimmortalité de l'âme, par les mystiques qui mettent en Dieu l'idéal suprême, par les partisans de la science positive, comme par les adversaires du polythéisme, p^r les apologistes chrétiens, par les défenseurs de l'immortalité de l'âme et d'un Dieu créateur et Providence. Horace, qui réussit à créer un instrument lyrique avec une langue essentiellement prosaïque, expose ses idées littéraires dans VÊpître qu'on appelle VArt poétique et qui fut fort en honneur au moyen âge et dans les temps modernes. D'après lui, la Grèce est le modèle idéal qu'il faut suivre : ses poètes enseignent la mesure et l'harmonie, ses philosophes apprennent à réfléchir. Partisan de l'utilité, d'abord épicurien et ami de tous les plaisirs, puis soucieux de la quaUté des plaisirs et delà prospérité morale de l'Empire romain, tourné enfin vers le stoïcisme dont il ne repousse que les paradoxes, Horace sera, du neuvième au douzième siècle, un des maîtres auxquels nos compatriotes s'adresseront pour former et diriger les intelligences, parfois même pour guider les volontés. Les chanteurs de l'amour, Tibulle, Properce et surtout Ovide, inspireront plus tard les poètes, voire les théologiens, les avocats et les prédicateurs, et cela jusqu'au dix-septième siècle. On attribuera à Ovide des poèmes chrétiens, et certains mystiques utiliseront son œuvre pour caractériser l'amour divin avec des formules qui ont servi d'abord à décrire les himiaines amours.
POÈTES CISALPINS Mais la Gaule cisalpine est alors un centre Uttéraire.
ET TRANSALPINS Catullc, a-t-ou dit, offre de l'esprit gaulois « la clarté facile et souriante, la grâce et l'agrément ». C'est à son compatriote Cornélius Népos qu'il dédie ses poésies ; il procède surtout des Alexandrins du temps des premiers Ptolémées. Il commence par traduire leurs poèmes. Puis la mort de son frère, la trahison de Lesbie lui inspirent des œuvres vraiment vivantes. Il laisse des élégies dont une Sur la chevelure de Bérénice, imitée de Callimaque, une sur l'histoire de Protésilas et de Laodamie, un poème d'Atis, une épopée sur les Noces de Théris et de Pelée, des odes où il s'inspire de Sapho, puis des poésies légères qui ont paru aux modernes la partie la plus intéressante de son œuvre. En lui on a vu le maître ou tout au moins le précurseur de Tibulle, de Properce et d'Ovide pour l'élégie, de Martial pour l'épigramme, de Virgile pour l'épopée mythologique, d'Horace pour l'ode amoureuse et la poésie familière.
Chez Virgile on a relevé, de nos jours, comme des traits virgile.
du génie celtique, « la tendresse intime, la rêverie mélancolique et vague, la sympathie pour les êtres vivants, le sentiment d'une vie universelle, la curiosité inquiète d'un avenir mystérieux » qui explique l'emploi des sorts virgiliens — sortes virgiliarue — par lesquels on peut le prévoir et régler la conduite humaine. Dans
Cf. R.-t^^<r -*