‹ Histoire des littératures étrangères: considérées dans leurs rapports avec le développement de (volume 2)Chapitre 17 sur 112 · Faerie quun, London, 1590-1596, in · texte numérisé non relu

Faerie quun, London, 1590-1596, in

Edmund Spenser, né à Londres ou dans le voisinage de Londres vers an 1553 mourut dans Ja m^me y'iW^ 9Q 1599.

monde Gloriana, la reine des fées, qu'il a vue en songe et; qu'il aime comme doit aimer un chevalier. Gloriana tient' une cour plénière : tous les preux qui Tcntourent dcman^; dent et obtiennent d'elle une entreprise à accomplir, et là voilà qui s'élancent chacun de son côté à la conqn d'une terre enchantée, laquelle se transforme et s'idé sous leurs pas. C'est le monde de Tristan et de Lancel du Lac; ce sont les aventures de Roland et d'Astolp des géants et des nains, des princesses dépossédées, d damoiselles fugitives, des châteaux magiques, des monstre inouïs. Toutes ces formes, toutes ces aventures, foisonne: et pullulent dans La reine des fées avec une fécondité i croyable. Spenser imagine sans cesse; « c'est là son et naturel : il n'a qu'à clore ses paupières pour éveiller 1 apparitions; elles affluent en lui, elles surabondent, ellei s'entassent; on se dit qu'il aura beau les prodiguer,' elles regorgeront toujours, plus amples et plus près* sées* ».

Ne vous fiez pas à la surface. Nous ne sommes plus an treizième siècle : toutes ces fantaisies charmantes ou ter-^ ribles qui agitaient l'imagination de nos aïeux ont besoin^ d'avoir pour appui une crédulité naïve que le seizième'^ siècle ne peut plus leur offrir. L'Arioste y avait suppléé par la grâce du sourire : de toute sa fantasmagorie cheva-leresque, il ne prenait au sérieux que les charmes de setf, héroïnes et la passion de leurs chevaliers. Spenser, qui sourit peu et qui n'a guère de passion, a recours à uà' autre expédient, l'allégorie. Regardez-y de près : ces ' héros, ces fées, ces princesses ne sont pas des paladins et . des héroïnes, mais des vertus, des vices, ou pis encore, des courtisans de Windsor idéalisés par la flatterie. Leurs | noms mêmes déchirent à chaque instant le voile transparent de la fiction. Gloriana c'est la gloire, mais c'est aussi

Page 1