‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avec le développement de la littérature française (volume 4)Chapitre 10 sur 121 · Il était aussi frais que le mois de mai · texte numérisé non relu

Il était aussi frais que le mois de mai

(Ghaucer, Cant&rhury tales^ Prologue),

ponse favorable : il tremble, il pâlit à la vue du messager, et ce n'est qu'à la fin qu'il ose croire à son bonheur :

Tout comme les fleurs, par le froid de la nuit,

Fermées, s'inclinent bas sur leur tige,

Nais le soleil brillant les redresse,

Et elles s'ouvrent par rangées sous son doux passage^.

Et quand Gresséide elle-même consent à lui confirmer cet aveu, la jeune fille hésite, elle s'arrête avec un charme délicieux :

Et comme le jeune rossignol étonné

Qui s'arrête d'abord lorsqu'il commence sa chanson,

S'il entend la voix d'un pâtre,

Ou quelque chose qui remue dans la haie,

Puis rassuré, déploie sa voix,

Tout de même Gresséide, quand sa crainte eut cessé,

Ouvrit son cœur et lui dit sa pensée *.

Personne, dit avec raison M. Taine*, n'a trouvé depuis des paroles plus vraies et plus tendres ; voilà les charmantes branches poétiques qui avaient poussé à travers l'ignorance grossière et les parades pompeuses; l'esprit humain au moyen âge avait fleuri du côté où il apercevait le jour.

Un autre trait distinctif qui perçait déjà dans les com-

1. On sent ici, dans le poète anglais^ le souffle de l'Italie renaissante : Dante, que Chaucer avait lu, disait avant lui, presque dans les mêmes termes :

Quali i fioretti dal notturno gielo

Chinati e chiusi, poi che il sol gl* imb\anca,

Si drizzan tutti aperti in loro stelo.

InfemOf II, 127.

Telles les jeunes fleurs que le vent froid des nuits

Penche, aussitôt que l'aube a blanchi le rivage

Se dressent, en s'ouvrant sur leurs pieds raffermis.

Traduction de M. Hyacinthe Vinson.

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