Every man oui of hit humour
fin rentrer chez lui boiteux et accablé sous le poids des miracles qu'il a accomplis*.
Au lieu de se lancer, comme ses contemporains, dans le drame d'imagination, Jonson, instruit à l'école des anciens, fut avant tout un poète de bon sens ; dans ses comédies il observa et peignit les mœurs ; il fut un Juvénal sur la scène. Dans ses deux tragédies (Séjan et Catilma)^ il fit parler Tacite et Salluste, et se préoccupa plus que tous ses contemporains de l'exactitude des mœurs et de la fidélité historique des caractères. Nous retrouvons chez lui les heureuses qualités 'des auteurs anciens, des plans suivis, bien combinés, des intrigues complètes qui ont leur commencement, leur milieu, leur dénouement ; un intérêt qui croît et n'est jamais brisé, « une vérité dominante, que tous les incidents concourent à prouver, une idée maîtresse que tous les personnages concourent à mettre en lumière ; bref, un art que Molière et Boileau vont appliquer et enseigner de l'autre côté du détroit. Il ne prend pas, comme Shakspeare, un roman de Greene, une chronique d'Holinshed, une vie de Plutarque, pour les découper en scènes, sans calcul des vraisemblances, indifférent à l'ordre, à l'unité.... il se gouverne, et gouverne ses personnages, il veut et sait tout ce qu'ils font et tout ce qu'il fait* ».
Malheureusement Benjamin Jonson n'eut pas le don merveilleux qui caractérise Shakspeare : il ne fut pas « créateur d'âmes ». Ses personnages ne sont point des êtres vivants, qu'il voit agir, qu'il entend parler, qu'il laisse errer librement à travers les hasards d'une intrigue quelconque ; ce sont des vices ou des vertus abstraites, qui se lèvent à sa voix et servent docilement au progrès de l'action, à la vraisemblance du dénouement, ce U choisit une idée générale, la ruse, la sottise, la sévérité, et il en