‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avee le développement de la littérature frana̧iseChapitre 5 sur 107 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

ratures étrangères ne suffisent pas encore, nous ne le sentons que trop, pour acquérir les connaissances innombrables que semble exiger une pareille entreprise; mais la pesanteur du fardeau, qui est pour nous un juste sujet de crainte, sera aussi, nous l'espérons, pour le public bienveillant un juste motif d'indulgence.

D'ailleurs nous sommes loin de prétendre à juger toujours et partout seulement par nos yeux. Dans chaque nation, sur chaque livre, nous avons consulté l'opinion des meilleurs critiques, recueilli leurs documents, comparé leurs témoignages, réformé à l'aide de leurs jugements notre impression personnelle. Il importe peu au lecteur qu'une idée nous appartienne originellement, pourvu qu'elle soit vraie. En cela nous avons suivi la méthode de Dante : le breuvage qui remplit notre coupe a été puisé à plusieurs sources; mais nous espérons qu'il sera pur et agréable. « Non solum aquam nostri ingenii ad tantum poculum haurientes, sed accipiendo, vel compilando ab aliis, potiora miscentes, ut exinde potionare possimu» dulcissimum hydromelum. » (Dante, De vulgari eloquio.)

Qu'on me permette de témoigner ici ma reconnaissance au directeur de cette collection d'histoires, à mon cher et bon Duruy. Cette fois encore, malgré ses travaux personnels, au milieu des occupations de toute espèce que lui impose la nouvelle et magnifique édition de son Histoire des RomainSy il a bien voulu prendre au sérieux ses fonctions de tuteur littéraire :

Ses yeux sur mes dangers incessamment ouverts, M'ont sauvé jusquMci de mille écueils couverts.

PRÉFACE. Vn

Sans restreindre en aucune façon ma liberté d'écrivain, ma liberté de dissentiment, il Ta éclairée de son savoir et de ses conseils. Le ministère de l'Instruction publique, où il a laissé d'ineffaçables traces, nous l'a rendu, à l'Histoire et à moi, tel et meilleur encore qu'autrefois : à elle avec toute sa verve et son talent, mûri par l'expérience des hommes et des affaires, à moi avec toute son amitié.

Je dois aussi des remerciements publics à mon vieil ami, le savant magistrat et bibliophile Hyacinthe Yinson. Depuis longtemps déjà il avait suivi tous mes pas dans toutes mes publications; aujourd'hui j'ai pu l'entraîner, non seulement en Italie et en Espagne, où le traducteur de Dante etd'Ercilla était chez lui, mais encore en Angleterre et en Allemagne, sans le dépayser ni épuiser son savoir ou son dévouement ^

La deuxième édition, que nos lecteurs ont sous les yeux,

ne diffère de la précédente que par des corrections de

détail, généralement peu importantes. Les modifications

plus sérieuses, les additions dont le temps démontrerait la

nécessité seront faites plus tard par nos mains ou par

d'autres.

15 septembre 1883.

1. Parmi les services que M. H. Vinson m'a rendus dans l'impression de ces deux volumes, je signalerai la confection des Tables, rédigées par lui avec un soin et une netteté remarquables.

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