C'est ainsi que le représente Lady Montague, sa cousine
Ter encore un observatoire commode. Aussi est-il inimitable pour la vérité, la force et roriginalité des caractères. On ne saurait trop louer chez lui l'idée ingénieuse du plan, rheureux développement de Tintrigue. Il est vif et rapide dans sa' narration; le lecteur qu'il entraîne ressemble à un voyageur voguant sur la surface d'une rivière large et profonde, qui ne se détourne dans son cours qu'autant qu'il le faut pour contempler les beautés variées de ses rives. Il unit sans disparate la raillerie et la tendresse, les mouvements sensuels et les passions généreuses, et fond les nuances les plus diverses avec un art merveilleux. S'il s'élève rarement jusqu'aux situations pathétiques, il touche souvent, il intéresse et amuse toujours.
Walter Scott lui décerne un titre qu'il pouvait seul lui disputer : il le proclame le premier romancier de l'Angle* terre.
SmoUett^ suivit, comme romancier, la même veine que Fielding. Roderick Random et Peregrine Pickle marchent à la suite de Tom Jones, mais se rapprochent davantage du genre que les Espagnols appellent picaresque. L'auteur a moins de goût dans le choix de ses caractères, et moins d'art dans la conduite de l'intrigue. Rarement il fait naître la sympathie et la pitié. En revanche, il possède une invention inépuisable, et l'emporte même sur Fielding par l'immense variété de personnages et d'aventures qu'il a imaginés.
Nous n'oublierons pas de signaler en passant le seul roman de Goldsmith, Le pasteur de Wakepeld, une des plus délicieuses fictions qu'on ait jamais inventées. La simplicité de ce livre charmant rend plus durable le plaisir qu'il procure. G'eât un tableau de famille, où les senti-