‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avee le développement de la littérature frana̧iseChapitre 7 sur 107 · Campbell, Essay on englishpoetry · texte numérisé non relu

Campbell, Essay on englishpoetry

2. Geoffroy Chaucer, né prob^lement & I^ndres eu 132i| y mourut en 1400.

qu'il parle. Il ordonne que tous les procès seront plaides et jugés en anglais (statut de 1360 ; 36 E. III, c. 15); mais les seigneurs de la cour, mais les nobles dames qui y font la loi n'ont guère de procès à plaider que devant la Cour d'amour^. Toutes entendent et aiment notre langue : quelques-unes, il est vrai, dans les rangs secondaires, la prononcent déjà d'une façon quelque peu étrange : « elles parlent le français de Stratford ; car celui de Paris leur est inconnu^ ». Quant à la reine Philippa, ejle a pour clerc notre Froissart, qui, en cette qualité, « la dessert de beaux ditiés et traités amoureux ».

Geoffroy Chaucer, Français de nom et d'origine, descendant d'un des compagnons de Guillaume le Conquérant, fut introduit dans cette brillante et royale société sous la protection du duc et de la duchesse de Lancastre. Il était jeune, lettré, élève d*Gxford et peut-être aussi de Cambridge ; mais il avait surtout étudié nos poètes et ceux de l'Italie. Il savait par cœur Guillaume de Lorris, Jean de Meung, Machault,*Eustache Deschamps. A dix-huit ans, il avait composé sa Cour d'amour, excellent titre à la cour de Windsor. Aussi fut-il accueilli avec faveur. Il suivit Edouard dans une de ses invasions, devint valet du rôi (dilectus valettus noster), mari d'une femme de la reine, comblé de pensions, de places, de missions honorables, et conserva sous Richard II les avantages dont l'avait comblé son prédécesseur.

Quelle poésie Chaucer pouvait-il composer pour ses nobles hôtes et protecteurs? Sans aucun doute celle qui seule était en possession de leur plaire, la poésie de la décadence du moyen âge, les jolis jeux d'esprit de Bel

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