PRODROMES DE LA LUTTE FINALE, XI, 15-XIX
La septième trompette, XI, 15-19. Au son de la septième trompette, on entendit dans le ciel un chant de triomphe, annonçant la lutte et le jugement, célébrant d'avance la victoire de Dieu et du Christ, qui va être racontée dans les visions suivantes. Dans le ciel des voix fortes proclament que le royaume du monde est remis pour l'éternité au Seigneur et à son Christ. Les vingtquatre vieillards rendirent grâce à Dieu de ce qu'il avait pris possession de la royauté, 15-17. Sa colère est venue sur les nations révoltées et voici le moment de juger les morts, de récompenser les saints et de perdre les méchants, 18. Dans le ciel s'ouvrit le temple de Dieu et dans le temple l'arche d'alliance et il y eut des tonnerres, des tremblements déterre, 10.
La femme et le dragon, XII, 1-18. Ici commence la description de la lutte entre les puissances du mal et Dieu et son Christ. Une femme, enveloppée du soleil et couronnée d'étoiles, apparut dans le ciel; elle était enceinte et criait, 1,2. Un dragon rouge, dont la queue balayait le tiers des étoiles, se tint devant la femme
pour dévorer l'enfant qui allait naître, 3, 4. Elle mit au monde un enfant mâle, qui doit paître les nations avec une verge de fer (le Messie). L'enfant fut enlevé vers Dieu et la femme s'enfuit au désert dans une retraite que Dieu lui a préparée pour douze cent soixante jours, 5, 6.
Ici l'auteur raconte le combat du dragon avec Michel et ses anges, lequel semble rompre le fil du récit; il n'en est rien. Le dragon, vaincu ainsi que ses anges, fut chassé du ciel, 7, 8; l'antique serpent, appelé diable et Satan, fut rejeté sur la terre, 9. Alors Jean entendit dans le ciel une voix qui proclamait la royauté du Seigneur et de son Christ et la défaite de l'accusateur des frères. Mais ceux-ci l'avaient vaincu par le sang de l'Agneau et l'effusion de leur sang. Malheur à la terre où le diable en fureur est descendu, 10-12. La lutte entre la femme et le dragon continue sur la terre.
Le dragon poursuivit la femme, qui a reçu les ailes du grand aigle pour atteindre sa retraite au désert, 13, 14. Le serpent lança derrière elle comme un fleuve d'eau, mais la terre l'absorba, 15. 16. Irrité, le dragon fit la guerre aux autres enfants de la femme, qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus- Christ, Il se plaça sur le bord de la mer, 17, 18.
La Bête qui monte de la mer, XIII, 1-10. Le prophète décrit maintenant la guerre qui est faite par la puissance du mal aux fidèles du Christ, guerre qu'il vient d'annoncer. Jean vit monter de la mer une Bête qui avait dix cornes et sept têtes et sur celles-ci un
nom de blasphème. Le dragon lui donna son pouvoir, 1, 2. Une des têtes de la Bête, mortellement blessée, était guérie. Toute la terre adorait et admirait la Bête, qui proférait des blasphèmes contre Dieu et son tabernacle, 3-6. La Bête vainquit les saints et eut autorité sur toute la terre; elle fut adorée par ceux dont le nom n'est pas dans le livre de la vie de l'Agneau, 7, 8. L'auteur engage celui qui a des oreilles à comprendre. Qu'il ne résiste pas au mal, 9, 10.
La Bête qui monte de la terre, XIII, 11-18. La lutte qui était générale devient particulière ; elle prend un caractère local. Jean vit monter de la terre une Bête, qui avait deux cornes et parlait comme un dragon; elle exerçait la puissance de la première Bête sous les yeux de celle-ci et la faisait adorer, 11, 12. Elle faisait descendre le feu du ciel sur la terre et persuadait aux hommes de faire une statue de la Bête et elle la fit parler. Elle fit tuer ceux qui ne l'adoraient pas. 13-15. Elle ordonna que tous reçussent une marque sans laquelle on ne pouvait ni acheter ni vendre. Cette marque était le nombre du nom de la Bête, 666, 16-18.
L'Agneau et le concert des cieux^ XIV, 1-5. En opposition au triomphe de la Bête l'écrivain place le règne de l'Agneau. Jean vit l'Agneau qui était sur la montagne de Sion avec 144.000 élus, qui portaient son nom et celui de son Père, 1. Il entendit comme une voix de grosses eaux et la voix de joueurs de harpes. Ils chantaient un cantique nouveau que seuls les 144.000 rachetés pouvaient apprendre, 2,3. Ceux-ci sont vierges et suivent partout l'Agneau ; ils ont été rachetés et sont
les prémices pour Dieu et pour l'Agneau ; ils ne mentent pas, 4, 5.
Prélude du jugement, XIV, 6-13. La vision qui suit est un prélude ; les anges viennent annoncer l'imminence du jugement, Jean vit un ange portant un Évangile éternel, qui doit être annoncé à tous, et invitant les hommes à craindre et à adorer le Dieu créateur, car l'heure de son jugement est venu, 6, 7. Un second ange annonçait la chute de Babylone, 8. Un troisième menaçait quiconque adorait la Béte et portait sa marque, de tourments éternels et sans repos, 9-11. Le prophète exhorte les saints à la patience et à la foi en Jésus, 12. Il entendit une voix du ciel qui lui dit : Heureux ceux qui dès à présent meurent dans le Seigneur, leurs œuvres les suivent, 13.
La moisson et la vendange, XIV, 14-20. Le jugement futur est maintenant préfiguré par des actes symboliques. Jean vit une nuée blanche et assis dessus comme un fils d'homme, tenant une faux, 14. Sur l'ordre d'un ange, celui-ci lança sa fauxsurla terre et celle-ci fut moissonnée, 15, 16. Parut un ange tenant une faucille tranchante, qui, sur l'ordre d'un ange sorti de l'autel, lança sa faucille sur la vigne de la terre et la vendangea. Jetée dans la cuve de la colère de Dieu, la vendange fut foulée hors de la ville et le sang qui déborda atteignit le mors des chevaux, 17-20.
Les sept coupes, XV-XVI. — Le chant des vainqueurs de la Bête; Préparatifs, XV, 1-8. Le jugement va commencer. Jean décrit d'abord la mise en scène.
II vit dans le ciel sept anges tenant les sept dcr-
niers fléaux de la colère de Dieu; ceci est la suscription du morceau. Il prélude ensuite par un chant de triomphe anticipé à la gloire de Dieu au moment où la justice divine va s'exercer. Les vainqueurs de la Bète, debout sur la mer de verre, chantaient les cantiques de Moïse et de l'Agneau, 1-4. Alors, le temple s'ouvrit et sept anges sortirent. Un des quatre animaux donna à chacun une coupe d'or pleine de la colère de Dieu, 5-7. Le temple fut rempli de fumée,
Effusion des sept coupes, XVI, 1-21. Une voix forte vint du temple, ordonnant aux anges de verser les sept coupes, 1. Le premier ange versa sa coupe sur la terre, et un ulcère frappa les adorateurs de la Bête, 2. Le deuxième versa sa coupe sur la mer qui devint comme du sang, 3. Le troisième versa la sienne dans les rivières qui furent changées en sang, 4. L'ange des eaux proclama la justice de ce jugement, par lequel Dieu donna à boire du sang à ceux qui ont versé le sang des saints, 5-7. Le quatrième ange versa sa coupe sur le soleil qui brûla les hommes. Ceux-ci ne se convertirent pas, 8, 9. Le cinquième versa sa coupe sur le trône de la Bête et son royaume fut plongé dans les ténèbres ; et les hommes blasphémèrent, et ne se repentirent pas, 10, 11. Le sixième versa sa coupe sur l'Euphrate, qui fut desséché pour laisser passer les rois de l'Orient, 12. Des bouches du dragon, de la Bête et du faux prophète sortirent des esprits impurs, semblables à des grenouilles. Ils allèrent rassembler les rois de la terre pour le combat du grand jour de
Dieu. Le rassemblement eut lieu à Harmagédon* 13. 14, 16. Ici, le prophète rappelle que la venue de Dieu sera semblable à celle d'un voleur; heureux donc celui qui veille, 15.
Jean voit maintenant la fin du drame. Le septième ange versa sa coupe dans Tair et une voix sortit du temple disant : C'en est fait. Il y eut des éclairs, des tonnerres et un grand tremblement de terre, 17, 18. La grande ville se divisa en trois parties ; les villes des nations tombèrent; les îles et les montagnes disparurent et des gréions énormes tombèrent, mais les hommes blasphémèrent Dieu, 19-21.
Chute de Babylone, XVII, 1-XIX, 10. Un des anges qui tenaient les sept coupes montre à Jean le jugement de la grande prostituée, c'est-à-dire de Rome. Le prophète décrit la chute de Babylone, figure de Rome, par des symboles assez peu concordants et qu'il est difficile d'expliquer.
La grande courtisane et la Bête, XVII, 1-18. Jean vit une femme, assise sur une Bête écarlate qui avait sept tètes et dix cornes ; elle portait une parure magnifique et tenait dans ses mains une coupe remplie d'abominations, et sur son front était écrit un nom symbolique : Babylone la grande, 1-5. Elle s'est enivrée du sang des saints, 6.
Cette prostituée, c'est Rome, et la Bête écarlate, c'est l'empire romain. L'ange explique à Jean étonné cette vision symbolique. Mais l'explication est peu claire par ce lait que la Bête est tantôt le siège sur lequel est assise la femme, tantôt un personnage. On pourrait
croire que le voyant conçoit d'abord la Béto comme la puissance romaine en général, puis l'individualise.
La Bète était et elle n'est plus, mais elle doit remonter de l'abîme à l'étonnementde ceux dont les noniy ne sont pas écrits dans le livre de vie, 7, 8. On a cru que la Bête ici mentionnée, était Néron persécuteur, qui, d'après la légende, n'était pas mort et devait revenir de chez les Partîtes où il s'était caché.
Mais la Bête avait sept têtes, qui sont les sept montagnes sur lesquelles la femme est assise, 9, allusion à Rome, la ville aux sept collines, urbs septicollis. Ces sept têtes sont aussi sept rois : cinq sont tombés, le sixième subsiste, le septième régnera peu de temps; la Bête qui était et n'est plus était du nombre des sept et sera un huitième roi, 10, 11.
Cette Bête est donc identique à celle qui avait sept cornes. Le voyant personnifie l'empire romain, la Bête à sept cornes, dans un empereur, qui a été un des sept et sera le huitième, ce qui est une allusion nouvelle à Néron, revenu à la vie, mais dans la pensée du voyant s'applique probablement à Domitien, qui est un nouveau Néron. Ce passage d'un symbolisme à un autre n'est pas clair.
Les dix cornes de la Bête sont dix rois qui s'uniront avec la Bête, 12. Ces rois sont-ils ceux qui se sont assemblés dans la plaine d'Harmagédon, ou bien sont-ils les proconsuls romains qui avaient un pouvoir presque royal?
Ils donnent leur pouvoir à la Bête et ils combattront
NOLVEAU TESTAMEXT. — IV. 23
l'Agneau, mais l'Agneau les vaincra, 13, 14. Ceci est une anticipation, car l'Ange explique à Jean que les dix cornes et la Bête dépouilleront la courtisane et la brûleront. (Est-ce en souvenir de Néron détruisant Rome par le feu ?) Ceux-ci sont les exécuteurs du dessein de Dieu sur la femme qui est la ville, ayant la royauté sur les rois de la terre, 15-18.
Annonce de la chute de Babylone. XVIII, 1-24. Un autre ange publia d'une voix puissante la chute de Babylone qui est devenue un repaire de démons, 1-3.
Le voyant revient sur cette chute de Babylone, qui n'est pas encore accomplie. Aurions-nous ici un morceau antérieur, intercalé à cet endroit?
Une voix du ciel qui est celle de Dieu ordonna à son peuple de sortir de Babylone de peur de prendre part à ses fautes et de partager ses maux. Car il lui sera rendule double selon ses œuvres ; elle s'est enorgueillie, et en un jour les fléaux s'accumuleront sur elle et elle sera consumée par le feu, 4-8.
Ainsi que Jésus l'avait annoncé, tous les peuples se lamenteront; les rois de la terre qui ont partagé ses impuretés se lamenteront à distance sur la destinée de la grande ville, 11-16. Les marins s'écriaient de loin en voyant la fumée de ses embrasements : Quelle ville est semblable à la grande ville ! et ils se lamentaient, 17- 19. Le ciel et les saints sont invités à se réjouir, car Dieu leur a fait justice d'elle, 20. Un ange jeta alors une grande meule dans la mer en disant : Ainsi sera lancée Babylone et elle ne reparaîtra plus. On n'entendra plus chez elle aucun bruit parce qu'elle a séduit
les nations et fait couler le sang des prophètes et des saints, 21-24.
Chant de triomphe^ XIX, 1-10. Après cela Jean entendit dans le ciel la voix d'une foule nombreuse qui louait Dieu dont les jugements sont justes, car il a jugé la courtisane et vengé le sang de ses serviteurs. 1-4. Et tous s'unirent , les vingt-quatre vieillards , les quatre animaux et la voix puissante d'une foule nombreuse, pour répéter : Alléluia, le Seigneur notre Dieu règne ; voici les noces de lAgneau. Son épouse est prête, 5-8.
L'ange ordonna à Jean d'écrire : Heureux ceux qui sont appelés aux noces de l'Agneau. Jean se prosterna aux pieds de lange pour l'adorer; celui-ci déclara qu'il était un serviteur de Dieu et ordonna à Jean d'adorer Dieu, 9, 10.
TRIOMPHE FINAL. XIX, 11-XXlI. 5.
La victoire du Christ^ XIX, 11-21. Jean décrit le second combat et le second triomphe de Dieu sur les puissances du mal ; la victoire du Christ sur la Bête et les rois ses alliés. Il débute par une description du Christ vainqueur. 11 vit le ciel ouvert et, monté sûr un cheval blanc, le Fidèle et le juste Juge; son nom, le Verbe de Dieu, était connu de lui seul, 11-13. Revêtu d'une tunique ensanglantée, il était suivi des armées célestes et de sa bouche sortait une épée aiguë ; sur lui était cette inscription : Roi des rois et Seigneur des Seigneurs. 14-16. Un ange appela les oiseaux du ciel à
venir dévorer les chairs des rois et des hommes de toute condition, 17, 18. Jean vit alors la Bête et les rois de la terre assemblés pour le combat contre le Christ. La Bête et le faux prophète furent pris et précipités vivants dans la fournaise; 19, 20. Les autres furent tués parl'épée du Christ et dévorés par les oiseaux, 21.
Le millenium, XX, 1-6. Avant la lutte finale, les élus jouiront d'un repos de mille ans. Jean vit un ange enchaîner le dragon, c'est-à-dire le diable ou Satan, et le jeter dans l'abîme afin que, pendant mille ans, il ne séduisît pas les nations; ensuite, il sera délié pour quelque temps, 1-3. Jean décrit ensuite le bonheur des élus pendant mille ans. Jean vit des juges assis sur des trônes, et les âmes des martyrs qui n'avaient pas adoré la Bête ; ils régneront avec le Christ pendant mille ans, 4. C'est la première résurrection, à laquelle ne participent pas les autres morts. Heureux ceux qui ont part à cette résurrection ; ils seront prêtres de Dieu et du Christ, 5, 6.
Lutte finale^ XX, 7-10. Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera délivré et il ira séduire les nations de la terre, qui viendront investir le camp des saints et la ville bien armée. Mais le feu du ciel les dévora, 7-9. Le diable fut jeté dans le gouffre de feu où il souffrira éternellement avec la Bête et le faux prophète, 10.
La résuiTeclion générale et le jugement dernier ^ XX, 11-15. Après cette victoire définitive aura lieu la résurrection générale et le jugement dernier. Jean vit un trône blanc et devant celui qui l'occupait la terre et
le ciel s'enfuirent, 11. Les morts se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts, ainsi que le livre de vie. Les morts furent jugés selon leurs œuvres inscrites dans les livres, 12. La mer, la mort et THadès rendirent les morts, 13. La mort. l'Hadès et ceux qui ne furent pas trouves inscrits dans le livre de vie furent jetés dans l'étang de feu, qui est la seconde mort, 14, 15.
La nouvelle Jérusalem, XX, 1-XXlI, 5. Jean décrit maintenant le séjour et le bonheur des élus. Les idées sont empruntées en partie à l'eschatologie juive. Jean vit un ciel nouveau et une terre nouvelle, et il vit descendre du ciel la Jérusalem nouvelle, parée comme une épouse. 11 entendit une voix qui disait : Voici la demeure où Dieu habitera avec les hommes; il n'y aura plus ni souffrance ni mort, 1-4. Je renouvelle toutes choses; je suis l'alpha et l'oméga. Je ferai boire gratuitement l'eau de la vie à celui qui est altéré ; le vainqueur sera mon fils. Mais les méchants auront en partage le gouffre de feu, 5-8. Un ange montra ensuite à Jean la ville sainte, l'épouse de l'Agneau. Il le transporta sur une montagne et Jean vit Jérusalem, qui descendait d'auprès de Dieu, resplendissante de lumière, 9-11. Il vit sa haute muraille, ses portes, ses dimensions, les pierres précieuses avec lesquelles elle était bâtie, 12-21. Il n'y vit point de temple, car son temple c'est le Seigneur Dieu et son Agneau. Les nations et les rois de la terre lui rendent hommage ; rien de souillé n'y entrera, 22-27.
Jean vit ensuite un fleuve d'eau de la vie et un arbre de vie. Le trône de Dieu et de l'Agneau sera dans la
ville et ses serviteurs l'adoreront. Dieu les éclairera et ils régneront éternellement, XXII, 1-5.