L’artabe est une mesure équivalente à 55 litres
3. À. J. XI. I. 3. Le livre d'Esdras, au chapitre IT, verset 64, nous donne pour ce même nombre le chiffre 42,360 ; mais la différence est insignifiante. Le verset 2 du même chapitre nous donne la liste des dix chefs de la nation revenus avec Zorobabel ; c'étaient: Jesoua, Néhémie, Séraiah, Reahiah, [Mardochée, Bilsan, Masphar, Bidjoui, Nahoum et Baânah. Au verset 65, les serviteurs et les servantes sont évalués au chiffre de 7,337. L'énumération précitée se retrouve dans le livre de Néhémie (VII, v. 6 à 69), mais avec quelques variantes dans les chiffres de détail, et dans les noms des individus ; ainsi par exemple les chefs de la nation revenus avec Zorobabel y sont appelés comme il suit :
«1. Ceux qui sont venus avec Zorobabel sont : Jésouâ, Néhémiah, Azariâäh, Râamiah, Nahman, Mardochée, Bilsan, Maspharat, Binoui, Nahoum, Baânah. »
Le Ile livre des chroniques (XXXV) contient, à propos du retour de la captivité, les versets suivants qui sont d'accord avec le passage parallèle d'Esdras.
« 20. Il (Nabuchodonosor) emmena en captivité ceux que le glaive avait laissés » de reste ; ils servirent d'esclaves à lui et à ses enfants, jusqu’à l'avènement du » royaume des Perses. |
» 21. Afin d'accomplir la parole de Dieu, par Jérémie, jusqu'à ce que le pays eut » acquitté ses sabbats, tout le temps de sa désolation, il chôma jusqu’à l’accomplis- » sement de 70 ans.
» 22, Et dans la première année du roi Coresch (Cyrus), roi de Perse, pour ac- » complir la parole de Jéhovah, proférée par la bouche de Jérémie, Jéhovah ré- » veilla l'esprit de Coresch, roi de Perse : Jéhovah, Dieu du ciel, m’a donné tous
s0 LES MACHABÉES.
Les Juifs emmenés par Chechbasar se mirent immédiatement à l'œuvre. Les fondations du nouveau temple une fois jetées, la construction de l'édifice fut poussée avec toute l’activité possible. Malheureusement les nations voisines des Juifs étaient loin de voir d’un bon œil des travaux qui annonçaient pour ainsi dire la résurrection, au milieu d’elles, d’un peuple actif et redoutable. Les Cuthéens surtout, que le roi Salmanasar avait établis en Samarie, à la place des tribus enlevées de vive force, les Cuthéens sortis de la Perse et de la Médie, avaient hérité de la haine que les sujets des rois d'Israël avaient vouée à ceux des rois de Juda ; aussi ne négligèrent-ils aucune intrigue pour entraver l’œuvre de reconstruction à laquelle on se livrait avec ardeur à Jérusalem. Ils adressèrent aux satrapes du roi et aux chefs qui présidaient aux travaux, mémoire sur mémoire, afin d'obtenir que la ville rivale ne fût pas relevée de ses ruines, et que le temple ne fût pas rebâti. Ces hauts personnages qui étaient largement entachés de la vénalité orientale, se laissèrent aisément corrompre par l'or des Cuthéens, et se chargèrent d'empêcher les Juifs de continuer leur double entreprise avec le zèle qu'ils avaient montré tout d’abord. Des obstacles de toute nature, et impossibles à prévoir, vinrent chaque jour entraver les travaux qui ne marchèrent plus qu'avec une extrême lenteur, lorsqu'ils ne furent pas complètement arrêtés. Cyrus, tout occupé de guerres lointaines, ignorait ce qui se passait à Jérusalem, et ayant dirigé une expédition contre les Massagètes, il y perdit la vie (en 529 av. J. C.).
Cambyse son fils lui succéda ; à peine était-il sur le trône, qu’il reçut une supplique qui lui était adressée par les Syriens, parles
» les royaumes de la terre, et il m’a commandé de lui bâtir une maison à Jéru- » Salem, en Juda. Qui parmi vous se trouve être de son peuple, que Jéhovah, sen » Dieu soit avec lui, et qu'il monte. »
Toutefois le prophète Jérémie est bien celui que concerne le verset 21. C’est Isaïe, et non plus Jérémie, qui devrait être mentionné dans le verset 22. Quant
au verset 23, il est la copie à peu près textuelle des versets 2 et 3 du premier chapitre d'Esdras.
Phéniciens, les Ammonites, les Moabites et les Samaritains ; elle était ainsi conçue : « Seigneur, tes serviteurs, Rathymos l’histo- » riographe, Sémélias le grammate, et tous les membres du con- » seil de SyrieetdePhénicie, exposent ceci : Il estnécessaire, Ô Roi, » que tu saches que les Juifs déportés autrefois à Babylone, sont » rentrés dans notre pays, y rebâtissent leur ville rebelle et mé- » chante, en restaurent les portes etles murailles, et y construi- » sent un temple. Sache bien que s’ils en viennent à bout, ils » ne te paieront plus de tribut, n’exécuteront plus tes ordres et » seront plus près d’ordonner que d’obéir. En conséquence, pen- » dant qu'ils sont en train de travailler à leur temple, il nous » semble bon de te prévenir, à Roï, et de ne rien négliger pour » que tu consultes les archives de tes ancêtres. Tu y trouveras en » effet la preuve que les Juifs ont toujours été des rebelles, et » des ennemis du trône, aussi bien que leur ville qui, pour cette » raison, a mérité d'être dévastée. Il nous a paru que c'était
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notre devoir de t'instruire de ce que peut-être tu ignores:
c'est que si cette ville se relève et se fortifie, la route vers la Phénicie et la Syrie te sera désormais fermée *, »
À la lecture de cette dénonciation, Cambyse, qui était d’un naturel emporté, se montra fort irrité, et répondit aussitôt en ces termes : « Le roi Cambyse à Rathymos l’historiographe, à Be- » samos et à Sémélias le grammate, et à tous leurs compa- » gnons, et aux habitants de la Samarie et de la Phénicie, fait sa-
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» voir ceci: Après lecture de la lettre que vous m'avez adressée, » j'ai donné l’ordre de consulter les archives de mes ancêtres, » Il y aété trouvé que cette ville a été perpétuellement l’ennemie » des rois, et que sa population n’a cessé d’être la cause de sé-
4. À. J. XI. II. 1. — Esdras IV, v. 1 à 16. La teneur de la dénonciation est à peu près identique avec celle que nous fournit Josèphe, mais les noms des rédacteurs sont : Réhoum, Baal-Thaâm (le maître du goût) et Chamsi le grammate ; de plus, c'est au roi Artaxerxès, Nn®wnnn, qu'elle est adressée. Il semble que la version de Josèphe soit plus vraisemblable, quant au nom du monarque dont il est question, car aucun des trois rois du nom d’Artaxerxès ne peut figurer ici. Je l'ai, démontré ailleurs. (Cfr. mon étude chronologique des livres d’Esdras et de Néhémie,)
» ditions et de guerres. Nous avons reconnu que leurs rois » avaient été puissants et violents, et avaient levé des impôts » sur la Syrie et la Phénicie ; c’est pourquoi j’ai ordonné que les » Juifs fussent empêchés de reconstruire leur ville, afin que » leur perversité envers les rois ne devienne pas plus grande » -qu’elle n’a été jusqu'ici !. »
- Aussitôt qu’ils eurent en mains la dépêche royale, Rathymos et Sémélias le grammate, et tous leurs collègues, montèrent à cheval et se rendirent en toute hâte à Jérusalem, avec une grande troupe d'hommes armés; là ils forcèrent les Juifs de suspendre les travaux de réédification de la ville et dutemple. Pendant neuf années consécutives, tout fut arrêté, et l’œuvre resta interrompue jusqu’à la 2° année du règne de Darius, roi des Perses, année dans laquelle Zorobabel vint à Jérusalem. Cambyse en effet resta six ans sur le trône, et après avoir conquis l'Égypte, il vint, au retour de cette expédition, mourir à Damas *.
Nous venons de raconter en gros, d'après Josèphe, les événements accomplis depuis la 1" année du règne de Cyrus, jusqu’à la 2° de Darius, fils d'Hystaspe. Nous espérons qu'il ne paraîtra pas dénué d'intérêt de reprendre maintenant à l’aide du livre d’Esdras et de celui de Néhémie, le récit de ce qui s’est passé à Jérusalem, depuis la fin de la captivité des 70 ans, et lors de la réédification du temple (529 av. J. C.). D'ailleurs c’est l’histoire de la nationjuive, et non celle des monarques perses, que nous entendons écrire, et à ce titre nous ne saurions nous dispenser de revenir en arrière, et de donner les détails importants que nous avons le bonheur de posséder, grâce aux écrivains sacrés.
Nous avons vu que le chiffre des exilés revenus en Judée était de 42,360, en outre de 7,337 serviteurs des deux sexes; une
1. A. J. XI. 11.2. — Esdras, IV, v. 18 à 22, Josèphe fait ici des mots Bâal-Thaam constituant le titre officiel de Réhoum, un personnage distinct ; nous ne doutons pas que ce ne soit à tort.
2. À. J. XI. II. 2. — Esdras. IV, v. 23 et 24. L'interruption des travaux de Jérusalem eut donc lieu vers 530 ou 529 av. J.-C.
troupe de chanteurs et de chanteuses, composée de 200 personnes, les accompagnait. Ce qui est piquant, c’est de pouvoir fournir le nombre des bêtes de somme de toute espèce, ramenées par cetimmense convoi d'hommes. Ils n’avaient que 736 chevaux, 245 mulets, 435 chameaux et 6720 ânes !.
On voit donc que le plus grand nombre des voyageurs marchaïit à pied, et que, dès lors, il leur a bien fallu deux ou trois mois pour venir de Babylone à Jérusalem. Aussitôt arrivés, le zèle religieux des émigrants se manifesta par les dons volontaires qu'ils offrirent à l’envi pour subvenir aux frais de la reconstruction du temple et au rétablissement du culte. Le trésor public perçut en or 6,100 dariques, en argent 500 mines, et cent robes sacerdotales ?
Toutefois le premier soin des exilés une fois rentrés en Judée, fut de reprendre possession de leurs anciennes propriétés et chacun, à quelque classe qu’il Rpporine s’en fut habiter la ville dont il était originaire ÿ.
Le septième mois après le retour (521 av. J. C.), le peuple entier se réunit à Jérusalem, pour assister à la consécration du nouvel autel des holocaustes, et célébrer la fête des tabernacles.
Le grand prêtre Josaddok, dont Nabuchodonosor avait respecté les jours, après le meurtre de Sareyah son père, ne vivait plus, et c'était Josuë, son fils, qui était rentré à Jérusalem à la tête des exilés, pour reprendre les fonctions de Souverain Pontife, qui lui appartenaient par droit de naissance. Ce Josuë, aidé de ses frères les Cohénim, et de Zorobabel, fils de Schaltiel, avec ses frères, avait relevé l’autel, suivant toutes les prescriptions de