‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 48 sur 110 · LÉ · texte numérisé non relu

LÉ

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à l’âge de cinquante-deux ans. Il avait eu cinq fils : Antiochus, mort avant lui, Séleucus, Antiochus IV, Ardyes et Mithridate; quatre filles : Laodicée, Cléopâtre et Antiochis ; le nom de la quatrième ne nous est pas connu.

Séleucus IV Philopator hérita sans obstacle de la couronne de son père. Il épousa sa sœur Laodicée, déjà veuve de son frère ainé Antiochus, et en eut un fils nommé Démétrius, qui régna plus tard sous le nom de Soter. |

Jérusalem jouissait alors d’un calme auquel elle n’était guère habituée. Le grand prêtre Onias III, en avançant en âge, était revenu aux sentiments d’une piété exemplaire, et il avait su par sa conduite se concilier à lui-même et à son peuple la bienveillance des rois de Syrie et d'Égypte. Ainsi, par exemple, Séleucus IV Philopator fournissait, sur son trésor particulier, toutes

les sommes nécessaires aux frais du culte ; c’est ce que nous ap-

prend le 2° livre des Machabées ‘.

Malheureusement un traître ne devait pas tarder à attirer un orage sur la ville saïnte.

Un certain Simon, de la tribu de Benjamin, était alors préfet du temple (præpositus Templh constitutus. II Mac., II, 4), et en toutes circonstances, il se montrait l'ennemi déclaré du grand prêtre Onias; se sentant trop faible à lui seul pour lutter avec avantage contre le souverain pontife, il imagina le moyen suivant de lui porter un coup funeste ; il se rendit auprès d’Appollonius, fils de Thraseas, qui était alors préfet de Cæœlésyrie et de Phénicie, et lui dénonça l'existence, à Jérusalem, d’un trésor public immense, qui n’avait rien de commun avec le trésor chargé de subvenir aux frais des sacrifices, et qu’il serait, par

4. Lib. IT. Machab, ch. 3. Voici le texte: 1. Zgitur cum sancta civitas habitaretur in omni pace, leges adhuc optime custodirentur, propter Oniæ pontificis pietatem, et animos odio habentes mala, 2. Fiebat ut et ipsi reges et principes locum summo honore dignum ducerent et, templum maximis muneribus ilustrarent. 3. Ita ut Seleucus Asiæ rex, de reditibus suis præstaret omnes sumtus ad ministerium sacrificiorum pertinentes (186 av. J.-C.).

conséquent, très facile de faire tomber entre les mains du Roi. Appollonius courut révéler à son maître cette découverte inespérée, et celui-ci chargea immédiatement Héliodore, intendant général de ses finances, d’aller s'emparer du trésor en question.

Héliodore se mit immédiatement en route, sous le prétexte d’inspecter les villes de la Cœlésyrie et de la Phénicie, mais en réalité pour exécuter l'ordre du Roi. Arrivé à Jérusalem, où le grand prêtre le reçut avec la plus grande distinction, il s’ou- - vrit à lui sur la nature de sa mission, et le somma de lui dire si ce que l’on avait appris au Roï était vrai.

Onias lui répondit que le trésor en question existait, mais qu’il ne contenait que des dépôts, et les apanages des veuves et des orphelins. Il ajouta qu'une partie des sommes qui y étaient renfermées appartenaient à Hyrcan, fils de Tobie, le personnage le plus considérable de la nation; qu’en somme, le trésor en question contenait 400 talents d'argent et 200 talents d’or; mais qu'il était absolument impossible de dépouiller de leurs biens les gens qui les avaient confiés au temple, à ce sanctuaire vénéré dans le monde entier.

Héliodore allégua l’ordre formel qu’il avait reçu de son maître et déclara que quelle que fût l’origine de ce trésor, il devait s'en saisir et le remettre au Roi. |

Au jour dit, Héliodore se présenta au temple pour exécuter son mandat. Le peuple entier était en proie à la plus vive indignation. Les prêtres, revêtus de leurs ornements sacerdotaux, se jetèrent au-devant de l’autel, invoquant la protection divine, Le pontife, pâle et profondément ému, protestait par sa présence contre le sacrilège qui allait s’accomplir. La foule était énorme et ne dissimulait pas son indignation. Ici l’auteur du livre des Machabées nous fournit un détail intéressant de plus (Liv. II, ch. II, v. 49 et 20). Il dit que les vierges recluses accouraientaudevant d’Onias, les unes regardant ce qui se passait, par-dessus les murailles, les autres par les fenêtres ; toutes élevaient les mains vers le ciel, et invoquaient son intervention. Il y avait

donc à cette époque une communauté de vierges cloîtrées établie dans l’enceinte du temple.

Ici intervient la scène qui mit fin à la tentative du pauvre Héliodore. Aussitôt qu’il eut pénétré dans la chambre du trésor, un terrible cavalier, couvert d'armes d’or, se précipita sur lui, pendant que deux autres personnages à pied, mais à l’aspect resplendissant de gloire, le rouaient de coups, de droite et de gauche. L’obseurité se fit alors autour d’eux : les deux personnages mystérieux relevèrent Héliodore qui était tombé à terre, le replacèrent sur la chaise qui l’avait apporté, et le jetèrent, sans. plus de ménagement, hors du trésor. Pendant tout le temps que dura cette scène qu’il n’avait certes pas prévue, Héliodore ne reçut aucune assistance des nombreux coureurs et satellites qui l'avaient accompagné. Il en conclut à la réalité d’un châtiment divin et s’'évanouit de terreur. Le peuple, témoin de ce fait inattendu, criait au miracle, et les amis d'Héliodore supplièrent le grand prêtre Onias d’intervenir auprès du Tout- Puissant, pour que celui qui venait d’être frappé fût rendu à la vie. Onias, comprenant que le Roi ne manquerait pas de soupçonner que son envoyé avait été victime d’un guet-apens, s’empressa d'offrir un sacrifice pour le salut d’'Héliodore. Pendant que le grand prêtre était en oraisons, le Grecreprit connaissance, et vit à ses côtés les deux mêmes jeunes hommes qui l'avaient si rudement traité et qui lui dirent : « Rends grâces au grand » prêtre Onias; car c’est à son intervention seule qué tu dois » la vie. Toi qui as été affligé par notre Dieu, rends devant tous » témoignage du pouvoir et de la grandeur de ce Dieu. » À ces mots, ils disparurent. Héliodore, ravi d'en être quitte à si bon marché, immola une victime au Dieu des Juifs, fit vœu de lui offrir des dons magnifiques, remercia Onias, et rassemblant en hâte son escorte, repartit sur l'heure.

Lorsque Héliodore eut raconté au Roi sa pitoyable aventure, celui-ci lui demanda son avis sur le choix d’une autre personne à charger de la commission dont il n'avait pu s'acquitter lui-

même. — Sire, répartit Héliodore, si vous avez quelque ennemi, quelque traître auprès de vous, envoyez-le là-bas, et, s’il en revient, il reviendra battu de main de maître, je vous en réponds (II Mach. III, v. # à 40). Miracle ou guet-apens burlesque, le trésor du temple n’en fut pas moins sauvé. |

J'ai déjà, dans un autre travail (Étude chronologique des hvres d'Esdras et de Néhémie, p. 103), relevé l'erreur palpable qui se trouve dans le récit que je viens de reproduire. Le per- ‘sonnage qui y est nommé Hyrean, fils de Tobie, ne peut être que Joseph, fils de Tobie, frère de Hyrcan, et collecteur du tribut pour le roi d'Égypte. De plus, dans la narration de Josèphe relative à la querelle des fils du collecteur du tribut, nous voyons figurer un grand prêtre Siméon, qui ne peut être que Siméon le Benjaminite, préfet du temple, et ennemi juré du grand prêtre Onias III, qui était en fonctions à cette époque.

En l'an 181 av. J.-C., le roi d'Égypte, Ptolémée Épiphane, vint à mourir, et son fils Ptolémée Philométor lui succéda. Ge fut ce roi qui témoigna la plus grande bienveillance aux Juifs et leur confia les charges principales de son empire. Ainsi que nous l’avons déjà dit, il mit à la tête de son armée, Dosithée, qui était prêtre de la lignée de Lévi, et Onias, fils du grand prêtre Onias IIT*'.

En 1717 av. J.-C., Séleucus IV rappela en Syrie son frère Antiochus qui, depuis 189 av. J.-C., résidait à Rome, en qualité d’otage, et à sa place il dut envoyer son propre fils Démétrius ?. Nul doute que le gouvernement soupçonneux de Rome n'ait exigé cette permutation. Une fois le prince Démétrius arrivé à Rome (il n'avait alors que dix ans), Antiochus.prit la route de son pays. Arrivé à Athènes, il apprit la mort de son frère, le roi Séleucus IV, assassiné par le même Héliodore, préfet du trésor, dont nous avons raconté plus haut la malheureuse expédition à

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