PINEL
les muqueuses, des recherches de Bordeu sur l’inflammation des membranes, il sépare les alFections delà gorge en phlegmasies de la membrane interne et phlegmasies profondes, interstitielles, glandulaires (amygdales glandes salivaires), qui tiennent, dit-il, de la nature du phlegmon. Cependant, il ne s’est point encore tout à fait débarrassé de la fameuse localisation musculaire de Galien ; car, dit-il, l’angine peut avoir « plus ou moins les caractères de l’inflammation musculaire, suivant qu’elle affectera les muscles releveurs de l’os hyoïde, ceux du larynx, ceux du pharynx, ceux de la luette ou du voile du palais ». Du reste, même à l’époque actuelle, certains auteurs invoquent encore, dans certains cas, un véritable rhumatisme pharyngien, que caractérisent une extrême douleur dans les mouvements divers de la déglutition et une absence du moins apparente des manifestations inflammatoires du côté de la muqueuse. C’est donc une notion à restreindre plutôt qu’à effacer.
Il sépare nettement l’angine diphtérique dunoma, qui n’est qu’un mode de terminaison, dit-il, de l’inflammation buccopharyngée, et accorde une courte mention à l’angine pseudo-membraneuse, dont il s’était occupé spécialement en traduisant un mémoire anglais sur le sujet; du reste, son historique reste fort imparfait; il ne cite ni les Espagnols, ni les Italiens, ni les Allemands. La signification du mot angine continue d’ailleurs d’être très étendue, puisqu’elle s’applique encore à la laryngite, à la trachéite, etc. Chaque variété de la synanche commune de Boerhaave et Sauvage est caractérisée par une ou deux phrases assez typiques ,mais qui ne renferment rien de nouveau.
Les angines secondaires de la rougeole, de la variole.
de la scarlatine, de la diphtérie sont décrites dans les chapitres qui se rapportent à ces différentes maladies.
Quant au traitement, il ne parle pas de la saignée, mais recommande les enveloppements chauds, les vomitifs, les purgatifs, les pédiluves et sinapismes aux membres inférieurs, pour détourner l’afflux sanguin du gosier.
Comme on le voit, la description, extrêmement brève et de nature surtout théorique, ressemble beaucoup à ce qu’on voit chez Cullen et Boerhaave, auxquels il décerne du reste les plus grands éloges.