‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 57 sur 174 · AMATUS LUSITANUS · texte numérisé non relu

AMATUS LUSITANUS

Amatus Lusitanus observa chez un moine un squirrhe (sarcome ?) du maxillaire supérieur gauche, qui avait envahi tout le palais et faisait une saillie considérable dans la cavité buccopharyngée. Cette tumeur incisée, fut trouvée constituée par une matière blanchâtre et mollasse analogue à la substance du cerveau. A. Lusitanus pratiqua des cautérisations à l’huile de vitriol, qui paraissaient devoir donner d’assez bons résultats, quand le malade fut perdu de vue. En somme, il s’agissait d’un cancer secondaire du pharynx, d’origine osseuse.

Dans une angine d’allure symptomatique très violente

CRATON DE CRAFTHEIM

(obs. XXXVIII), les signes physiques semblaient faire défaut (cynanche des anciens). La respiration et la déglutition étaient fort difficiles. Après bien des hésitations, Amatus Lusitanus, guidé surtout par des inductions théoriques, incisa la région sus-hyoïdienne; cette ouverture donna issue à une grande quantité de pus et amena la guérison.

A propos des inflammations amygdaliennes, l’auteur insiste avec raison sur l’utilité de l’alun (terre sigillée) pour juguler les phlegmons d’allure traînante.

Le principal mérite d’Amatus Lusitanus est d’avoir attiré de nouveau l’attention des médecins sur l’utilité des lavements nutritifs, quand les voies naturelles sont en quelque sorte impraticables. Il s’agit d’une femme prise d’une inflammation violente de la gorge, du larynx, de la trachée, qui ne pouvait rien avaler et qui fut nourrie pendant huit jours à l’aide d’œufs crus et de tisane injectés dans le rectum. Peu à peu, les symptômes s’amendèrent et la malade guérit. Avenzoar avait déjà conseillé ces lavements nutritifs ; mais les théories qu’il avait émises à ce propos couraient, sans l’observation d’Amatus Lusitanus, le grand risque d’être oubliées ; car elles allaient à l’encontre de la physiologie galénique, la seule qui eut cours à cette époque. Ainsi, l’on vit un médecin de la valeur deMundella s’élever avec une grande violence contre la pratique des lavements alimentaires, dont il regardait l’usage comme absolument irrationnel.

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