ZACUTUS LUSITANUS
Zacutus Lusitanus a relaté dans sa Praxis mediea une observation d’angine diphtérique sans grand intérêt (textes).
Dans son traité De medicorum pj'incipum historia, où il fait preuve d’une érudition remarquable, différents chapitres se rapportent à l’esquinancie ordinaire. Il prend généralement comme point de départ de ses développements, souvent un peu prolixes, non pas les aphorismes d’Hippocrate, comme on aurait pu s’y attendre à cette époque, mais des passages sur l’angine empruntés à Alexandre de Tralles.
Il se demande d’abord s’il faut toujours saigner dans l’angine, et il répond par l’affirmative, tout en faisant les réserves déjà énoncées par les anciens (abstention chez les enfants, les débilités, les femmes). Il étudie la quantité de sang qu’il faut extraire dans telle ou telle circonstance. Zacutus est aussi pour les purgatifs, malgré l’opinion contraire émise par Mercuriali et Massaria. Ces écrivains, bien que très partisans en général du galénisme.
soutenaient qu’une fois le dépôt d’humeurs effectué au niveau de la gorge, il était bien difficile, sinon impossible de les en déloger. Un peu plus loin, l’auteur agite la question, fort importante pour l’époque, de savoir s’il fallait piquer les veines jugulaires (externes?) dans l’angine. Avec les idées alors régnantes sur la grande utilité des déplétions sanguines locales, qu’avaient encore renforcées la querelle de Brissot avec les arahistes à ce sujet, la réponse affirmative n’aurait pas fait de doute, s’il ne s’était pas agi d’un de ces gros vaisseaux, dont on jugeait l’hémorragie fort dangereuse. Zacutus cependant n’hésite pas et signale quelques faits où la blessure des jugulaires n’avait pas amené la mort. Bien plus, il dit avoir observé un Espagnol chez qui l’incision de ces veines amena la guérison d’une esquinancie fort alarmante. Si le mal de gorge semble dû à des troubles menstruels, on doit saigner au pied, parce que cette évacuation soulage énormément tout le bas du corps. L’auteur ne faisait du reste que se conformer ainsi à l’avis de la plupart de ses contemporains (1). Galien avait fait un tableau effrayant des désordres que peut entraîner la suppression des règles, trompé probablement par les phénomènes hystériques qui surviennent si fréquemment à l’occasion de celle-ci; Zacutus renchérit encore et cite toute une série de métastases plus désastreuses les unes que les autres.
Il se montre meilleur clinicien, quand il combat, du reste avec beaucoup de grands médecins grecs, ainsi qu’il a soin de le remarquer, l’usage intempestif des gargarismes âcres. Malheureusement, un peu plus loin, il
(1) Cependant Marianus Sanctus, Riolan, Mercuriali, s’étaient prononcés en faveur de la saignée au pli du coude.