‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 78 sur 174 · RICHARD MEAD · texte numérisé non relu

RICHARD MEAD

Dans ses Monita et præcepta medica, où il décrit les principales maladies au point de vue de lapathologie et de la thérapeutique générales, Richard Mead, tout en rappelant les nombreuses variétés d’esquinancies admises par les auteurs et justifiées du reste, dit-il, par des différences de topographie et de symptômes, conclut que trois angines seulement méritent, par leur gravité, de fixer vraiment l’attention des praticièns; ce sont l’esquinancie aqueuse, l’esquinancie suffocante et la gangrène des amygdales.

L’esquinancie aqueuse, caractérisée par un œdème infflammatoireconsidérable de l’isthme, etc., est manifestement l’angine avec signes physiques des anciens.

L’esquinancie suffocante représente de même la cynanche des médecins grecs. En effet, cette affection, tout en ne présentant aucune lésion apparente, détermine une dyspnée intense, qui peut tuer en moins de sept heures, malgré l’emploi de la saignée, ainsi que Richard Mead en a vu un exemple. A l’autopsie du sujet, la gorge

TEMPS MODERNES

(pharynx, larynx) semblait normale. Mais, il y avait saillie notable des veines, et les vaisseaux de la région étaient remplis d’un sang noir et épais. L’auteur croit que les parties malades sont alors prises d’un spasme tel que leur resserrement exagéré étouffe les malades (spasme de la glotte ou œdème afgu des replis aryténoépiglottiques ?).

La gangrène des amygdales est si dangereuse qu’il ne faut pas hésiter à pratiquer sur ces organes trois ou quatre incisions longues et profondes ; puis, on prescrira des gargarismes maturatifs aux figues sèches. Plus tard, la marche senpigineuse et rapidement envahissante du mal rendent tous ces soins inutiles. Il ne faut pas se fier au peu d’intensité de la fièvre ; l’affection peut être très dangereuse, malgré une augmentation très légère de la température. Il vaut mieux baser son pronostic sur la faiblesse et l’inégalité du pouls, à la dépression des forces, à l’angoisse, l’inquiétude générale, les sueurs froides, etc. Cette maladie se rencontre surtout chez les enfants, comme le fait remarquer Arétée,qui, aj oute-t-il, l’a fort bien décrite. Il renvoie, pour plus de détails, à la monographie de Marc-Aurèle Severin, dont il fait un grand éloge. En ■somme, il s’agit de la diphtérie.

BONNET

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