AMYGDALIEN, AVEC ENVAHISSEMENT DES QUATRE AMYGDALES ET
généralisation aux ganglions (Congrès, Paris, août - 1900. - Section de rhino-laryngologie).
Paralysie hystérique de la corde vocale gauche avec parésie
CONCOMITANTE DU STERNO-MASTOÏDIEN ET DU TRAPÈZE DU MÊME CÔTÉ, ANESTHÉSIE ET PARÉSIE DU VOILE DU PALAIS, TROUBLES DE
la déglutition et hypersécrétion (Congrès, Paris, août 1900. Section de rhino-laryngcflogie).
PUBLICATIONS DU MEME AUTEUR
Moyens de protection de l’organisme au niveau du pharynx.
(. Annales des maladies de l'oreille..., septembre 1900). \
Le pharynx (1er vol. - Anatomie , physiologie, Paris, Baillière,
Fibrochondrome du lobule de l’oreille, herpès' du tympan
COÏNCIDANT AVEC UN HERPÈS GUTTURAL ET LABIAL [Annales des
maladies de l'oreille..., février 1901).
Formes malignes de la rhinite pseudo-membraneuse [Journal de médecine interne, mars 1901).
Contribution à l’histoire de la pathologie pharyngée pendant la périqde gréco-romaine (. Annales des maladies de l'oreille avril 1901). '
Contribution À l’histoire des maladies du pharynx pendant les périodes byzantine et arabe ( Annales des maladies de l'oreille.., juin 1901).
Pathologie pharyngée de Paracelse ( Annales des maladies dè l'oreille..., 1901).
Les MALADIES DU PHARYNX, D’APRÈS l’AyüR-VeDA DE SüSRUTA, livre de médecine SACRÉE des indous ( Annales des maladies de l'oreille..., 1901).
Le pharynx, porte d’entrée des infections ( Archivos latinos,' 1901). ;
Histoire des maladies du pharynx (3 vol., Paris, Baillière, 1.901-
Les théories des épidémies et des contages jusqu’au xixe siècle
( Annales de parasitologie..., juin 1903).
L’anneau de Waldeyer, porte d’entrée de différentes infections ( Archives internationales de laryngologie, d'otplogie et de rhinologie, janvier-février 1903).
L’anatomie comparée de l’appareil de transmission de l’ouïe d’après les travaux les plus récents [Archives internationales de laryngologie..., mars 1903).
-Abcès périamygdalien à évolution indolente [in eodem).
PUBLICATIONS DU MEME AUTEUR
Abcès rétropharyngien latéral gauche chez un enfant de trois mois et DEaii (in eodem).
Phlegmon àmygd'alien ayant précédé une attaque de rhumatisme ARTICULAIRE AIGU E 4 DISPARU RAPIDEMENT PAR DÉLITESCENCE AU moment de l’apparition des arthrites (in eodem).
Anatomie comparée ; de l’appareil de transmission de l’ouïe chez les mammifères (particularités). Embryologie de l’appareil dé transmission de l’ouïe (oreille moyenne et oreille externe) (Archives internationales..., mai-juin 1903).
Quelques particularités sur l’anatomie et la physiologie du; voilé (in eodem).
Ozène et tuberculose (in eodem).
Larynx des marsupiaux (Archives internationales..., juillet-août 1903).
L’anatomie de l’appareil de transmission de l’ouïé au cours de ces dernières années (pavillon et conduit) (in eodem).
Epithélioma de la face inférieure du voile (in eodem).
Déformation du squelette nasal par des polypes du nez (in eodem).
Trousseau et la diphtérie ( Archives internationales..., septembre 1903).
Malformations pu pharynx et du larynx (in eodem). -
Tumeur vasculaire tou bord inférieur de l’amygdale (in eodem).
Infections septiques multiples siégeant dans diverses parties
DU CORPS ET SEMBLANT AVOIR POUR ORIGINE UNE ANGINE GRAVE streptococcique (in eodem).
Surdité Congénitale chez les animaux (Archives internationales..., décembre 1903).
La physiologie de l’appareil de transmission au cours de ces
’ vingt dernières années (in eodem).
Anomalies du pharynx (in eodem).
Accidents convulsifs paraissant déterminés par des lésions;
• nasales (in eodem).
PUBLICATIONS DU MEME AUTEUR
L’oreille externe et l’oreille moyenne chez les lacertiliens d’après Yersluys ( Archives internationales ..., janvier 1904).
Leucocythémie amygdalienne [in eodêm).
Stridor laryngé congénital [in eodem).
Hémorragies pharyngo-lAryngée chez les hépatiques ( Archives internationales mars ,1904).
Homologie et mode de développement des cornets du nez chez les vertébrés amniotes [in eodem).
Angine phlegmoneuse, angine rhumatismale, gangrène pu pharynx, muguet dans les cliniques de Trousseau [in eodem).
Perforation congénitale des piliers antérieurs (in eodem).
L’appareil de l’audition chez les baleines munies de dents d’après Boenningiiaus (Archives internationales..., juin 1904).
Nos NOTIONS SUR l’appareil OLFACTIF AU COURS DE CES DERNIÈRES années. Embryologie, anatomie comparée. Structure chez l’adulte et relations avec les centres nerveux, Physiologie [in eodem).
Abcès péri-amygdalien indolent [in eodem) .
PaPILLOMES DE LA RÉGION FOLIACÉE DE LA BASE DE LA LANGUE
sans phénomènes névralgiques [in eodem), •
Obstruction rare dü pharynx buccal [Archives internationales..., août 1904).
De QUELQUES LOCALISATIONS PEU FRÉQUENTES DE LA SYPHILIS NASALE
[in eodem).
Tumeur§ de l’épiglotte {in eodem).
Crises d’éternuement probablement d’origine hystéro-traumatique [in eodem).
Absence du pilier antérieur droit et de l’amygdale droite (in eodem).
Sur QUELQUES points d’anatomie comparée de l’oreille moyenne et de l’oreille externe (Cheval, boeuf, mouton, porc, lapin) [Archives internationales..., octobre, 1904).
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Hypertrophie polypoïde de l’amygdale tubaire droite ( ineodem ).
Traumatisme peu fréquent du voile du palais (in eodem).
Déformation du squelette nasal par des polypes muqueux du nez (in eodem). ' . ;
Mastoïdite et sinusite disparues à la suite de poussées articulaires (Archivez internationales..., décembre 1904).
Le traité des angines de Lasègue (in eodem).
Abcès amygdalien indolent (in eodem).
Perforation congénitale du pilier antérieur (in eodem). Tuberculose apparemment d’origine pharyngée et propagée au
POUMON GAUCHE VRAISEMBLABLEMENT PAR LA VOIE LYMPHA¬ TIQUE (Archives internationales..., janvier 1905).
Déterminations syphilitiques des sinus frontaux et maxillaires (Archives internationales..., mars 1905).
Clous mycosiques développés sur une épiglotte atteinte de
TUBERCULOSE INFILTRANTE, ÂU'- NIVEAU *D '.ULCÉRATIONS CICATRISÉES
..(in eodem). - ..) ./• "
Perforation congénitale du pilier, postérieur (in eodem).
Influence de la vaccination sur la suppuration de la caisseet l’eczéma du pavillon (in eodem).
Tachycardie d’origine nasale (in eodem).
Dysphonie, dysphagie, insuffisance nasale, hystériques chez, une tuberculeuse pulmonaire avancée (Archives internationales,.., mai 1905).
PRÉFACE
Nous avons hésité longtemps à donner aux trois premiers volumes de notre histoire des maladies du pharynx ce complément naturel , c’est-à-dire la relation des progrès accomplis au cours des deux premiers tiers du dixneuvième siècle. Nous nous demandions si les historiques qui seront annexés ailleurs (Le pharynx, 3e et 4e volumes ) aux descriptions des différentes affections gutturales ne pourraient pas en tenir lieu. Un examen plus attentif des matériaux à utiliser nous a fait changer dé avis. Eneffet1 les conceptions sur la pathogénie et la signification des accidents morbides ont été si profondément modifiées par la doctrine des germes animés que bien des vues émises par jios devanciers sont devenues caduques et font partie désormais du domaine du passé. C’est à peine si elles méritent une brève - Mention dans un livre de pathologie même spèciale.
Il nous a semblé donc que, pour donner à ces questions tous les développements nécessaires, une monographie s’impose, où Von puisse exposer tout à son aise les opiniotis, les théories contradictoires , les luttes de nos prédécesseurs. Elles sont certes fort intéressantes déjà par le. nom de leurs auteurs, puisque ceux-ci s' appellent Bretonneau, Broussais, Chomel, Guersant, Blache, Billiet et Barthez-, Valleix, Trousseau, Lasègue, Gubler, Peter, Isambert, etc. Elles le sont davantage encore , si l’on se remémore les grands problèmes de pathologie générale alors agités.
PRÉFACE
Dans une première partie de ce volume , on trouvera une analyse , aussi détaillée et aussi exacte que possible , des differents articles de revues ou de journaux , des communications aux sociétés savantes, des chapitres de traités de nosologie intéressant le pharynx qui ont paru au cours des deux , premiers tiers du XIX& siècle. Leur nombre est considérable. Nous avons du ainsi nous résigner à fragmenter V œuvre des grands cliniciens de cette période, contrairement à ce que nous avons fait précédemment pour Trousseau et pour Lasègue, les plus importants T entre eux , dans plusieurs des numéros récemment parus des Archives internationales de laryngologie [années 190h-1905). Nous avons cru préférable de répartir nos matériaux dans une série de chapitres , correspondants chacun à une des entités morbides pharyngées.. De là naîtront plus d'ordre , plus de netteté dans P exposition ,* et nous ri aurons pas rompu les corrélations qui existent entre V opinion de tel. ou tel écrivain et les idées de ses devanciers ou de ses successeurs.
Comme pour les deux premiers volumes, nous avons consacré une deuxième partie à une revue de l'étiologie j de l'anatomie pathologique, des symptômes, de la marche, des complications, du diagnostic, du pronostic et du traitement de chacune des affections pharyngées.
Nous avons arrêté cet historique vers l'année 1875, parce qu'à ce moment les vieilles idées étiologiques sur les inflammations font place aux théories pastoriennes , d'après lesquelles l'angine n’est qu'une réaction plus ou moins violente du pharynx contre les microbes envahisseurs. Les nouvelles idées apportent d autre part une meilleure explication de la production de certains symptômes [fièvre, suppuration, complications diverses, etc.). La
PRÉFACE
découverte des végétations adénoïdes par W. Meyer, en 1871, permet désormais de se rendre compte des troubles de développement, succédant à certaines altérations de Vanneau de Waldeyer. Enfin, l’emploi de plus en plus systématique du miroir commence à révéler les affections jusqu'ici cliniquement inconnues du cavum et du pharynx inférieur, qui tombent rapidement dans le domaine des spécialistes. C'est donc bien une nouvelle période qui commence.
Tout ceci est encore de l'actualité. Quels que soient les progrès accomplis dans cette voie, on ne peut pas dire que les problèmes qu'ils aident à- éclaircir soient encore complètement résolus ; ils échappent donc, pour le moment
du moins, au domaine de l'histoire.
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
Pour plus de clarté, il nous paraît utile d’exposer d’abord sommairement les principaux courants d’idées sur les maladies du pharynx, qui apparaissent au cours des deux premiers tiers du xixe siècle.
Comme dans les époques précédentes, on continue à discuter sur le nombre des entités morbides. Des esprits simplistes n’admettaient guère qu’une seule variété d’an- . gine, susceptible, il est vrai, de modifier parfois son type habituel, mais d’une façon peu importante (Pinel, Rostan, Roche et Sandras, Fuchs, et plusieurs autres), C’était une réaction contre les divisions trop multiples de Boerhaave, Van Swieten, Sauvag:e, Hoffmann, Stoll, Frank, basées Sür une topographie artificielle et une symptomatologie trop quintessenciée. Si les inflammations soi-disant isolées du voile, des piliers, de la luette n’avaient pas grande raison d’être, il n’en était pas de même, de la forme catarrhale diffuse, appelée généralement angine gutturale, angine palatine, et de l’amygdalite, dénommée angine tonsiljâire.
La distinction des affections de l’isthme de celles du pharynx proprement dit, bien que souvent fictive, à cause de la coïncidence habituelle de ces deux phlegmasies, est exacte cependant dans les cas où l’amygdale pharyngée est seule intéressée, l’inflammation diffusant du cavum, ou bien quand il s’agit d’une poussée aiguë de pharyngite sèche. On ne peut point dire non plus que l’admission par un grand nombre d’auteurs d’une pharyngite
aigue inférieure ait été une vue de l’esprit. Plusieurs parlent d’une phlegmasie de la racine de la langue ; quelques-uns, comme Sachse, vont même plus loin et incriminent des lésions siégeant à la naissance de l’épiglotte ou sur les replis qui en partent. L’unification un peu trop arbitraire des différentes formes d’angine reçut du reste une atteinte sérieuse vers 1850, à mesure qu’on connût mieux la symptomatologie. Il se créa alors une série de types morbides qui sont demeurés et sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir.
L'étiologie admise par les périodes précédentes ne varia pas beaucoup. Même pour l’angine diphtérique, on continua à incriminer le froid, l’humidité et par conséquent, les saisons rigoureuses, les brusques changements de température. 11 fallut, pour qu’on abandonnât ces causes traditionnelles, que Bretonneau eût insisté sur la transmission du mal et que Trousseau eût démontré que la diphtérie pouvait frapper dans tous les climats et toutes les localités. Ce qui trompait beaucoup d’observateurs, c’est que les rhumes, les grippes, les coqueluches, en créant un locus minoris resistentiæ au nivèau du pharynx, favorisaient par cela même l’invasion du bacille de Lôfïler. Il ne faut pas oublier du reste que, si la contagion a fini par être admise, elle ne l’a étéqu’après d’innombrables discussions et de très vives résistances. L’idée d’une constitution médicale, engendrant tantôt des angines simples, tantôt des angines malignes, a pour ainsi dire régné pendant fort longtemps, surtout en province. D’ailleurs les partisans les plus déterminés de Trousseau, et Trousseau lui-même, admettaient volontiers que la diphtérie prendrait parfois, sous l’influence du génie épidémique, l’allure d’une phlegmasie ordinaire chez certains sujets.
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
Notons que quelques auteurs soutenaient que l’angine simple pouvait régner épidémiquement et devenir contagieuse sous l’influence de diverses conditions atmosphériques; mais ceci était généralement contesté.
L'anatomie pathologique macroscopique est en général si évidente, grâce à la situation accessible à la vue du pharynx, que beaucoup denos observateurs ont basé sur elle des variétés congestive, catarrhale, interstitielle, œdémateuse, couenneuse etc. En outre, la profondeur des lésions a été invoquée de bonne heure pour distinguer les phlegmasies superficielles des phlegmasies profondes ou interstitielles. Bamberger fait reposer sur elle toute la pathologie pharyngée: C’est également sur la nature superficielle ou profonde des lésions que s’appuieront longtemps les Allemands pour admettre une ! inflammation croupale et une inflammation diphtéritique.
L' observation au lit du malade (symptomatologie, marche) a été cependant la base principale sur laquelle se sont fondés les grands cliniciens de l’époque pour séparer les phlegmasies pharyngées en espèces morbides distinctes. Déjà, Bretonneau avait montré que la pseudomembrane peut être engendrée par des causes très différentes, mais que sa tendance envahissante et son origine contagieuse suffisent à caractériser là diphtérie. En étudiant attentivement les autres pharyngites avec lesquelles on devait la différencier, on parvint à en séparer nettement le muguet et l’herpès du pharynx, dont la description laissa bientôt fort peu à désirer. L’érysipèle guttural, un moment contesté, fut mis bientôt hors de doute, grâce aux recherches de Gubler. Il en fut de même de la gangrène du pharynx. A ce propos, on
signala l’existence d’armes septiques , en quelque sorte foudroyantes, qui tuaient rapidement par un véritable empoisonnement du sang. L’angine syphilitique, d’abord assez vaguement décrite, prit aussi une importance de plus en plus considérable, principalement les accidents pharyngés secondaires ou tertiaires de la vérole. Enfin, l’angine chronique, d’abord réduite à peu près à l’histoire des inflammations chroniques des amygdales palatines, se constitua bientôt, lorsque Chomel eut signalé les granulations pharyngées.
Les complications entrevues, mais fort mal décrites jusqu’ici, sont dépeintes d’une façon beaucoup plus scientifique. En eflet, non seulement on précise l’angine phlegmoneuse par des connaissances plus étendues d’anatomie topographique, mais on édifie un nouveau typé morbide très intéressant, celui des abcès rétro-pharyngiens, dont on indique les rapports longtemps méconnus avec les lésions pharyngées. D’autre part, l’œdème de la. glotte explique, désormais en partie, divers décès, rapides par asphyxie, avec intégrité plus ou moins complète des voies aériennes. Le sphacèle admis, mais comme rareté, est regardé comme une terminaison possible de quelques états pharyngés secondaires. Certains pensent que l’inflammation estimpuissante à expliquer ce sphacèle et qu’il faut admettre un empoisonnement du sang. Comme complications à distance, on signale, vers la fin de la période qui nousoccupe, l’albuminurie, les paralysies, les lésions cardiaques, les exanthèmes, les arthrites ; mais la pathogénie de ces troubles viscéraux reste obscure et quelques-uns, comme Lallemand, admettent même une origine nerveuse, la théorie des réflexes commençant à cette époque à jouir d’un grand prestige.
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
Le pronostic présenta cette particularité intéressante que les médecins les plus distingués de F époque se décidèrent enfin à admettre, comme les anciens, après avoir longtemps soutenu que les désordres locaux étaient les seuls à redouter, que l’angine peut tuer à la façon d’une maladie générale. L’affirmation eut lieu d’abord pour la diphtérie dont on décrivit la forme maligne, qui foudroie à la façon d’un toxique: On accepta bientôt cetteidée pour l’érysipèle du pharynx, pour certaines formes d’angine suppurée, d’angine gangreneuse supposée primitive, et ceci fut, gros dé conséquence ; car, c’est en s’appuyant sur ces faits, et l’existence de complications à distance, que Bouchard etLandouzy feront de l’angine l’équivalent d’une .maladie générale. Déjà, du reste, Parrot, en se basant sur des considérations spéciales, avait soutenu que l’herpès du pharynx est l’analogue d’une pneumonie.
D’autres questions aussi furent soulevées qui méritaient d’attirer vivement l’attention des théoriciens, c’était l’importance attribuée par Gubler et d’autres à la classification étiologique, l’existence de la spécificité qui fut soulevée expressément pour la diphtérie par Bretonneau et Trousseau, notion bientôt incontestable et qui ruina le système de Broussais, les modifications subies par les affections analogues aux dartres quand elles frappent les muqueuses, les limites que tracent l'anatomie topographique et la physiologie entre les différentes régions au point de vue des processus morbides (exemple : cantonnement réciproque des maladies buccales et pharyngées dans un grand nombre de cas, comme le fait remarquer Lasègue), l’influence des diathèses sur la marche des. affections pharyngées (Lasègue nie l’action de la scrofule sur l’hypertrophie tonsillaire et croit que celle-ci détermine plusieurs des
symptômes attribués au lymphatisme), le retentissement des lésions de lanneau de Waldeyer (hypertrophie des amygdales palatines pour Dupuytren, Robert et Lasègue) sur le développement des jeunes sujets.
L'histoire des maladies du pharynx, vers la fin de la période que nous étudions, montre bien, d’autre part, l’action prépondérante sur l’état de la science et même de la pratique médicale de bonnes méthodes d’investigation physique. C’est grâce au miroir inventé par Garcia et vulgarisé par Czermak qu’on a enfin appris à connaître les maladies des portions inférieure et supérieure du pharynx. Ainsi, on a pu saisir le lien étroit qui lie les affections de la caisse avec celles du pharynx et du nez.
Les indications cliniques fournies à cette époque par la pathologie pharyngée étaient capables de provoquer davantage encore les réflexions des médecins dignes de ce nom, par les différences parfois peu sensibles qu’elles démontraient exister entre les maladies locales et les maladies générales, distinction qui demeure la clef de toute la pathologie. Malgré l’allure contagieuse de la diphtérie, celle-ci se cantonne si bien, dans beaucoup d’épi'démies, au pharynx et aux cavités voisines, que Bretonneau lui-même attribua tout le danger du mal à une obstruction mécanique. Beaucoup disaient franchement que la diphtérie était une maladie locale. Il fallut de terribles exemples pour désabuser le corps médical cruellement décimé et lui faire redouter de nouveau cette affection à l’égal de la peste. Les angines septiques foudroyantes, décrites par Trousseau, firentda même impression désastreuse sur ce clinicien éminent, malgré l’absence des fausses membranes. Enfin, l’herpès du pha-
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
rynx, assimilé d’abord aune éruptiou sans importance et purement locale aussi, est peu à peu considéré comme l’analogue des pyrexies exanthématiques, à mesure qu’on connaît mieux sa symptomatologie et ses coïncidences morbides, La bactériologie nous a livré le secret de ces apparentes contradictions. Elle nous a montré qu’en outre de l’infection diphtérique, il y a des streptococci.es, des staphylococcies et des pneumococcies, qui peuvent se cantonner dans la gorge ou au contraire se diffuser à tout* l’organisme.
Les médecins, suivant la langue qu’ils parlaient, prirent une part différente à cette évolution scientifique. Le rôle le plus important, le plus décisif, appartient incontestablement à ceux de l'école de Pai'is. Aux Allemands est due la connaissance de l’angine épiglottique (Sachse), de l’angine de Ludwig, la distinction fondamentale établie entre l’angine superficielle et l’angine interstitielle, puis, grâce au miroir, la description des maladies du cavum et de la partie inférieure du pharynx. Mais leur conception des phlegmasies croupales et des phlegmasies diphtériques a été depuis longtemps abandonnée (Senator). Les Anglais semblèrent négliger longtemps les inflammations gutturales, terrain sur lequel ils s’étaient si brillamment distingués au cours du xviii6 siècle. C’est à peine si quelques-uns reviennent sur les manifestations pharyngées d’origine rhumatismale ou goutteuse. Certains d’entre eux prirent cependant une part assez brillante à la constitution de quelques types morbides, tels que l’angine granuleuse et l’abcès rétro-pharyngien. Il ne faut pas oublier non plus que Wade signala le premier l’albuminurie dans des cas d’angine diphtérique.
Parmi les entités morbides pharyngées, les unes subirent des changements profonds ou même furent créées de toutes pièces à l’époque dont nous nous occupons ; les autres, comme/d’angine catarrhale, l’amygdalite, l’angine phlegmoneuse elle-même, si on excepte la péri-amygdalite, ne furent point aussi transformées. Néanmoins, les changements sont assez notables pour modifier profondément l’œuvre du passé,