CHAPITRE VII
Entérite dysentérique et diarrhéique dans les pays marécageux,
.L'ENTÉRITE sans fièvre , endémique dans les pays marécageux, se montre sous deux formes, la diarrhéique et la dysentérique.
C'est ordinairement à l'état chronique que se présente la diarrhée , rebelle pendant long-temps aux méthodes générales de traitement les meilleures. Elle renaît avec une grande facilité lorsqu'elle leur a cédé ; nulle douleur ne l'accompagne dans les cas ordinaires. C'est la moins grave des maladies dont les émanations marécageuses paraissent être la cause.
Cependant la diarrhée est souvent produite aussi en Sologne, en Bresse et dans la Brenne, par l'insalubrité des alimens et des boissons, par l'action du froid humide, par l'exposition prolongée du corps à la pluie , par l'imprudence des cultivateurs qui ne craignent nullement d'avoir, pendant une grande partie du jour, les jambes nues au milieu d'une eau fangeuse. La supersécrétion des follicules muqueux intestinaux ne paraît pas être exclusivement le résultat d'une irritation pathologique ; il n'y a pas phlogose dans tous les cas où la diarrhée se montre.
264 ENTERITE
On voit souvent la diarrhée paraître au déclin des fièvres intermittentes et rémittentes du pays , lorsqu'une phlegmasie chronique invétérée a désorganise les viscères et spécialement la rate et le foie. Elle augmente rapidement radynamie : elle ne fait pas ici diversion aux progrès de l'infiltration séreuse, elle hâte la catastrophe qui doit mettre fin aux longues souffrances du malade. Dans d'autres circonstances cet état pathologique précède la fièvre, ou se montre pendant son cours sans exercer sur son intensité et sur sa marche une influence appréciable. Quelquefois son apparition coïncide avec l'exaspération des symptômes d'irritation. Des évacuations copieuses et fréquentes de matières bilieuses, jaunâtres, séreuses, ne sont dans quelques circonstances précédées et accompagnées d'aucune sensation douloureuse autour du nombril et dans la région hypogastrique; l'abdomen supporte une pression modérée sans exprimer aucune souffrance. C'est l'embarras intestinal né, non d'une phlogose , mais de la présence dans les voies digestives de matières muqueuses , gastriques , bilieuses, saburrales, en un mot qui agissent comme des corps étrangers. Dans cette variété, familière aux habitans des contrées marécageuses, l'irritabilité de la membrane muqueuse du gros intestin, loin d'avoir augmenté, est descendu^ au-dessous de son état normal. On a vu, dans l'histoire sommaire des épidémies, que les voies digestives contenaient souventdes vers.
Lorsque la diarrhée existe, le Bressan a perdu le peu de force qu'il possédait; sa peau est encore plus