‹ Histoire des marais et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantesChapitre 48 sur 88 · DE MARAIS. — SYMPTOMES · texte numérisé non relu

DE MARAIS. — SYMPTOMES

la chaleur très forte persiste pendant plusieurs mois sans interruption ; si de fortes chaleurs , une grande sécheresse régnent en été et en automne , et que , dans cet état de choses , les vents du midi répandent sur une grande surface les vapeurs infectes dégagées abondamment par les eaux stagnantes. D'une part, les organes, surtout gastriques, deviendront plus irritables ; d'une autre , les émanations marécageuses deviendront plus irritantes, et la population presque entière du pays sera saisie par la fièvre. Si une grande multitude d'hommes est réunie auprès d'un marais pendant l'automne, la fièvre maligne et d'autres irritations régneront épidémiquement parmi eux , et avec d'autant plus d'énergie , que les précautions hygiéniques auront été plus négligées. Les deux circonstances redoutables dont je viens de faire mention, existent ordinairement ensemble. Une armée campe dans un lieu marécageux ; le passage brusque pendant l'été d'une nuit très fraîche à une journée très chaude; l'action de certains vents , l'extrême humidité , et en même temps la grande chaleur de l'atmosphère , la négligence des soins particuliers que prescrit alors la nature du climat , toujours plus dangereuse pour les étrangers que pour les indigènes , tout contribue à donner une activité extraordinaire aux vapeurs empoisonnées dont l'atmosphère des alentours des marais est imprégnée. Mais que la fièvre soit sporadique , endémique ou épidémique , elle ne change pas de siège et de nature j elle est toujours la même maladie ; ce sont les mêmes organes qui souffrent , il est vrai , avec plus ou moins d'intensité.

Peut-elle être contagieuse ? les fièvres de marais ne présentent jamais ce caractère dans les pays froids et dans les pays tempérés ; leur propagation dans nos climats montre tous les caractères de l'infection, et n'a aucun de ceux qui sont propres aux maladies contagieuses. Un individu a pris la fièvre auprès d'un marais; il est transporté dans un lieu salubre; y a-t-il quelque danger à l'approcher? des communications directes avec lui font-elles contracter une maladie exactement semblable à celle dont il est atteint; les fébricitans ont-ils , dans une position quelconque , la faculté de transmettre à d'autres leur pyrexie? non, sans doute, jamais rien de semblable n'a été vu. Les malades qui , d'un lieu marécageux passent dans un air pur , ne donnent la fièvre à personne; on peut les toucher sans inconvénient. La fièvre de marais ne s'éloigne jamais de son pays natal ; elle ne survient jamais que là où l'atmosphère contient des émanations marécageuses; elle ne saurait donc se propager par contagion.

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