HABITATIONS
qui convient le mieux à leur demeure. Voici un précis de ses avis. Les maisons seront élevées de deux ou trois marches au-dessus du sol; on donnera au plancher trois mètres d'élévation; il y aura deux portes, dont l'une donnant sur la cour, coupée à mi-hauteur. La chambre principale sera éclairée par une croisée vitrée , large d'un mètre , et haute d'un mètre et demi , avec un contrevent. De cette chambre on entrera dans un fournil de même grandeur, situé contre le pignon où sera la cheminée. Ce fournil aura une porte sur la cour, et une fenêtre à châssis vitré ; au pignon opposé sera adossée une grande pièce servant à la fois de cellier et de laiterie, ouverte seulement du côté du nord, et surmontée par un grenier carrelé comme elle , et aéré par des lucarnes garnies de leurs contre vens. La maison fera face à une grande cour carrée, vis-à-vis de la porte d'entrée, disposée sur un plan incliné; là sera la grange, et sur un des côtés un poulailler et une grande bergerie, dont l'aire sera plus élevée que le sol adjacent composé de cailloux disposés en pente. Il importe beaucoup de bien aérer les écuries, les bergeries, les étables, et de les exposer au nord; un hangar occupera le quatrième côté de la cour. On placera le jardin derrière la maison, et c'est là que sera creusé un puits profond. La maçonnerie en brique est le meilleur mode de construction; l'argile abonde en Sologne ( elle est fort commune en Bresse et en général dans les pays d'étangs et de marais) ; on choisira le pisé pour les granges, bergeries et hangars. Des huisseries en bois de chêne suppléeront à la pierre de taille qui est
fort chère, pour attacher les portes et les contre vens. Les bois de charpente doivent être goudronnés et saupoudrés de cendre ou de sable. M. de Morogues voudrait que l'on n'omît jamais de creuser près de la cour une grande citerne revêtue d'argile. Il conseille de choisir pour bois de charpente , à défaut de chêne ou de châtaignier, le pin, le meilleur en qualité de tous les bois blancs, et de poser les poutres dans le mur sur de la glaise ou sur des tuiles. La meilleure couverture de la maison , c'est l'ardoise, et après elle l'argile. M. de Morogues propose d'essayer, pour couvrir les édifices, l'usage du carton ou de la toile goudronnée et sablée ensuite. Ce procédé est suivi en Russie , en Suisse , à Genève ; on assure qu'il est très économique et qu'il n'exige presque aucun entretien. (Une couverture de maison faite de cette sorte ne coûte , dit-on , que six francs la toise en carton , et trois francs cinquante centimes en toile.) Les bergeries, les hangars et les granges s'en accomoderaient fort bien.