CHAPITRE VIL
Etude spéciale de la nature des émanations
marécageuses.
On a cherché depuis long-temps a déterminer la nature des émanations marécageuses ; les théories, suivant la règle, ont précédé les expériences.
68 DES EMANATIONS MARECAGEUSES.
5 I . Système des animalcules . Varron vit dans les énianations marécageuses, des myriades d’insectes inliniment petits, invisibles, qui, introduits dans les poumons par l’acte de la respiration, engendrent une mnltitude de maladies redoutaljles. Cette hypothèse a fait une grande fortune; elle a été chez les anciens l’opinion de Columelle , de Palladius et de Vitruve , et chez les modernes , celle d’Athanase Kircher et de Jean-Chrétien Lange. L’illustre Linnée parait disposé à l’adopter.
Aucun fait ne l’éLahlit ; elle n’est la conséquence d’aucune induction plausible, et l’analogie la repousse. Comment ces prétendus insectes ahsor])és et digérés, auraient-ils la faculté, étrangère aux autres ctres organiques, de produire des Lèvres rémittentes et intermittentes? Ces maladies, dans cette hypothèse, devraient être spécifiques, comme la gale l’est dans son ordre, et il n’en est rien. On présente le poumon comme leur voie d’introduction dans l’organisme; il devrait être affecté le premier par leur action, et c’est presque toujours d’autres appareils qui sont primitivement et essentiellement malades. Et comhien d’autres ohjections on pourrait faire à cette théorie décréditée , si une seule ne suffisait 1 les animalcules n’ont jamais été vus.
§2. Système des iatro-chimistes . Dirai- je que les maladies pestilentielles et épidémiques ont été expliquées pendant le moyen âge, par la conjonction de certains astres : théorie digne d’une époque de barbarie, durant laquelle les sciences médicales furent composées d’alchimie, de chiromancie, de