MAKAIS DES PAYS CHAUDS
naire, des vomissemens de bile âcre, des selles bilieuses et putrides. Pu guet n’hésite pas â attribuer la peste endëuiique d’E^^ypte aux émanations que dégage le limon fangeux déposé par le Nil.
Cependant PEgypte n’est point un pays malsain : lorsque \ olney vit au Caire les maisons des négocians assises le long du Kalidy, où Peau croupit jusqu’en avril, il crut que les exhalaisons de ce marais devaient être une source féconde de maladies; il n’en était rien. Ces exhalaisons, si meurtrières en Chypre et à Alexandrette, n’ont pas le même effet ailleurs. Volney attribue ce phénomène à la siccité habituelle de Pair, établie et par les courans perpétuels des vents, et par le voisinage de l’Afrique et de l’Arabie qui aspirent sans cesse l’humidité.
L’Espagne a peu de marais; les principaux sont dans l’Andalousie.
On en trouve plusieurs dans Pile de Corse ; ils ont rendu presque inhabitable le petit port de St- Florent; là se trouve une masse d’eaux stagnantes de soixante et douze arpens d’étendue. Les marais que la décadence de l’agriculture enfante chaque jour en Sardaigne, dépeupleront peut-être presque entièrement ce pays ; les productions abondantes d’un sol naturellement fertile, semblent ii’v croître
que pour s’y putréfier et infecter l’atmosphère.
Plusieurs des plus belles contrées de PItaiie sont couvertes d’eaux stagnantes infectes. D’immenses marais rendent le Mantouan l’un des pays les plus insalubres de l’univers. Une anecdote célèbre a fait souvent citer ceux de Minturnes , bourg de la Cam-
pallie situe à l’embouchure du Liris , aujourd’hui le Garigliano. Qui ne connaît le pays Pont in et la funeste influence de ses eaux stagnantes sur la santé des liahitans de cette contrée , si malheureuse aujourd’hui et jadis si florissante ! Un espace de huit lieues de longueur sur deux de largeur, situé dans la campagne de Rome le long de la mer, est entièrement perdu pour l’agriculture. Il était couvert autrefois de vingt-trois villes et d’un nombre prodigieux de villages ; on admirait son extrême fertilité. Les institutions politiques de l’Italie ont changé, et avec elles l’état physique de ce heau pays. Les marais Pontins sont un vaste hassin, qui a pour limites, au midi la mer et les lacs d’eau salée; a l’orient, le mont San-Félice, le rivage de Terracine, etc.; au nord , des collines venues de Velletri , et au couchant , les montagnes de Cisterna. Il reçoit les eaux de plusieurs rivières nées dans les montagnes voisines , et voit naître sur les atterrissemens qui le bordent, une multitude de végétaux, dont l’accroissement, puissamment favorisé par le concours d’action de la chaleur et de l’humidité, se fait avec une extrême énergie. Des terrains d’alluvions ont intercepté la communication qui existait autrefois entre ce hassin et la mer, et l’ont condamné à ne plus être qu’un immense et pernicieux marécage (i).
La fièvre jaune ne s’est montrée ni dans le Man-
(i) Siccentiir.... Pontinæ paludes ^ tantumque agri su-hurhanæ reddatur Italiœ, Plinius, liist. iiat. , lib. XXVI > cap. I .