Chapitre Hl — Aiiin'-rs inivalcs ou fscadit's
Les amiraux, Perrée, Decrt'S, (Tanteaiiine. le capitaine Saulnier. Les Anglais devant CopLiihat^ue. Los amiraux Un 0 i s , LiU 0 u c 1 1 e-T r >■ vil! e.
Chaplin' IV. — Divisions h'gAres, combatg particuliers 511
Les cap liai ne s Ki)rQii, Ména^o, Le baKC, Frévosl-LacrOiX, Chass<''rliiu\, (iut'^uen, Le Ho/ex;.
Clia})ttre V. — Les corsaires. 521
Chai>itrc VI. — Chroniques tics colonips. . • • • • ^«^3
Mos lorefs navales daus les mers de i lnde. l>e corsaire Surcouff. Les Antilles françaises. Divers comliats dans la mer des Antilles. Les alliés de la France.
ÊnSODRS PRINCIPAUX.
Voyage de La Peyrouse. . • • • ^
Insurrection du ])eiiple (le Toulon. i i
I{rvQll('s di-s marins (!»' Uvos^i . . 2î>
Assassinat tlu cai>ilaine Mitciiéniar.i à l'île de France 42
Assassinat l^*^' <'^1<^>"*'1 Manduit à Saint-Doimngue 59
Le procès de Louis X\l Il^
L'arc de triomphe. . C|
La discipline dans la marine.
Trahison des Toiilcnimia ^
lies jacobins (!*• Hrrst 111
E\|it'dition de (la^diari. l23
IvC \"en^eur-du-Peu]d<-' et le cumbal du 13 i)rairial jU
Le gullc Juan. tSt
Combats d.-s \\l 1\ mars. 13 .juillet 1795 "^~~T?
(loiiilial de (îruix. IlNi'i'dition de Quiberon
Violation du droit (les gens. 'pj
corsaire Surcniitf- 2j2
Conquêti' de la (Tiiadeloupe, par Victor Hughes 262
Les niarins Iraiirais a Cadix. . ... . . . . . • ^S>6
Expédition (1 Itiând*'. Hoche et Morard de Galles 3W
ExinMition d KiTNph'. Aboukir. . 330
K\}M'Mliti()n d'Iiiaiulc. Sa\ary, BomparL 371^
Les marins de la Bayonn;use. . . , . . ....
Le comltat d Algésiras, le contre-amiral Linois.
Victoire do nos marins à Houlopne l.^itouchc-Tr6viile iMi
Nouvel exploit de Surcoull, prise du Kent 526
Divisions légères, croisi<>rt's, cuiiibats particuliei's thms la iner
«les Antilles 533
Corsaires 536
La Guyane. 536
Les alliés de la France 536
La paix d'Arnicas 537
Uocunients 54>
Appendice 54tf
Nous atons écrit lliistoiie des marins français sous la
république et raconté dans ces pages les sanj^lants épisodes de ceUe lutte que nos pères ont soutenue pendant tant d'années ; lutte folle en apparence, car ils n'eurent presque jamais des chances de vaincre ; lutte héroïque, s'il en fut, car on rit rarement plus de dévouement, de courage, d'énergie; hitte sainte, car ils défendirent nos libertés, en prouvant aux ennemis puissants de la France, à ioates les coalitioDS, qu'ils étaient vraiment des hommes libres.
On a dénigré souvent ces rapuaines, officiers, matelots qui montaient les vaisseaux de guerre de la république et de l'empire; on a dit qu'ils furent indisciplinés, inhabiles» sans générosité (1) : nous montrerons que plusieurs d'entre eux Nuut dignes de radinii;iti<in de la postérité; qu'il est, dans le nombre, des héros obscurs dont les noms doivent être recueillis dans notre histoire nationale ; qu'ils eurent, pendant cette guerre meurtrière, un râle considérable, car il fut le plus dangereux, le plus ingrat, le plus nécessaire, peul-étre.
A cette date de 1791k, où Paris était menacé par les ar-
(1) William Jamc, en parlant de l'un de nos plus braves ofliciors républicains, a dit qu'il était digne de servir dans les États barl»'^ resques. Nous a?ons répondu à cette Iqjure en rtoentaoi le combat dftliéeiMlflr.
mées étrangères, trente vaisseaux de ligne couvraient les eaux de la rade de Brest. Vingt-cinq mille marins, les plus patriotes de ceux qui vivaient du métier de la mer, depuis Dunkerque jusqu'à Bayonne, les montaient. Les officiers de l'ancienne marine étaient absents, émigrés, détenus, guillotinés, peûl-ôtre, mais on les remplaça.
Des concours furent ouverts dans tous les ports, on choisit parmi ceux qui se présentèrent les plus dignes de porter des épaulettes et de monter sur un banc de quart : nialheureusemeiit, on ne put choisir de commandants en chef !
Les Anglais tout-puissants par suite de nos discordes civiles, décuplant leurs chances de victoire par le fait de notre désorganisation, d'une trahison sans exemple, de reulèvement et de la destruction de nos vaisseaux de Toulon, n'en trouvèrent pas moins sur les rivages, dans les criques, à bord de mille bâtiments armés pour la course ou la guerre, de braves marins qui les défièrent toujours à armes égales, souvent avec une grande infériorité de forces.
De 1793 à 1801, vingt-trois vaisseaux furent capturés, mais dans quelles circonstances? Le nombr» des morts et
des hlessés s'éleva pour chacun d'eux au chiffre elirayant de 261, en établissant une moyenne d'après les documents les plus dignes de foi l Ainsi, le pavillon de la république ne fiit amené que dans des flots de sang !
Pendant ce môme temps, cinq vaisseaux anglais lomhèrent en notre pouvoir ; mais, quoique leurs capitaines eussent vaillamment combattu, quoique la bravoure, suivant William lame, soit à peine un mérite dans la marine an-« glaise, le nombre des morts et des blessés ne fut, en moyenne, pour chaque vaisseau, que de 5^^ !
On a célébré les qualités militaires, remarquables en vérité, des Nelson, des Jervis, des GoUingwood, . mais une auréole manque à ces héros classiques. Jamais amiral an-
glais ne coiiniU les sinistres prossentinients qui remplirent i'âme de Bruejs la veille d Aboukir, de Villeneuve sur le champ de bataille de Traialgar, de Ney, le hérôs popalaire« quand il errait avec une poignée de soldats dans les plaines de neige de la Russie, de l'immortel Bonaparte quand il se dirigea >ers les niaiais d'Arcole, de glorieuse mémoire!
Ce courage fui la vertu de nos pères, qu'ils fussent amilaox, capitaines, ofQcieis, matelots, simples réquisition naires. H est un mérite chez tous les peuples; nous le verrons éclater maintes fois dans ces pages.
Nous crojfons de uotre devoir de dire à quels sentiments nous avons obéi en entreprenant ce travail : plaise à Dieu qu^oo 7 trouve une pensée de justice et de générosité, parce que mius croyons Tavoir fait avec conscience, que nous n'avons jamais eu l'intention de dénigrer les uns eu fusant Tapologie des autres.
Nous avons lu et étudié avec soin l'histoire de notre patrie pendaiil Tépoque néfaste de la terreur, et il nous en est resté une impression triste. Ën vérité, ce fut un horrible diame dont le temps seul aûaiblira le souvenir. Nous n'avons pas voulu soulever tous les voiles du passé pour rechercher ceux qui devaient être blâmés, comme nuui l'avons fait pour ceux qui ont mérité de la patrie.
Nous savons que les services rendus, les blessures reçues dans ks eombals, les talents, le génie, la gloire ne sauvèrent pas des fureurs d'une tyrannie aveugle; que les M>ciétés populaires insurgèrent les équipages; que la délation, rin£lme délation fut de mode à une époque de vertige et de haines, que plusieufs officiels de l'ancienne
marine restés fidèles a la répul)lique, au moment de la toiiimente révululiouuaire, iureut traités avec une atrocité digne des barbares, mais nous avons raconté autre chose dana ce cadre restreint.
Nous n'avons eu en vue que de suivre, à travers la foule en délire, le matelot, le soldat, i'oflicier, qui, sortant des
rangs de la noblesse ou du peuple, ne demandaient qu'à passer librement leur chemin pour aller, calmes et résolus, combattre les satdUêes anglais, suivant une eipression du
temps.
Nous reconnaissons que les officiers qui montèrent les vaisseaux de guerre de Louis XV et de Louis XVI se distinguèrent par leurs talents, leurs connaissances, leur vaOlance.
C'est un type qui n'a été qu'incomplètement étudié que « cette noblesse débauchée, à qui la présence du danger « rendait Ténergie de son âme française, que ces jeunes « fous qui cf)!! raidit, en riadt, expdsr-r leurs chevelures « crêpées et leurs visages pàies d'orgies, à Técume des « lames et au souffle des tempêtes, noircir leurs dentelles « de Flandre encore tachées de vin et parfumées des « odeurs du boudoir, au milieu de la fumée delà mou9" « queterie etdu canon (1). »
D'autres ont raconté, mieux que nous n'aurions pu le faire, leur f^oire passée, leurs destinées ftitales qui les firent tomber sous les balles des soldais de Hoche à Quibéron, partir pour l'exil ou mourir sur i 'échafaud.
Nous en parlerons à peine, dans le courant de cet ouvrage, parce que nous n'avons pas voulu soulever tous les voiles d'un passé de deuil» mais nous rechercherons avec soin et ferons émerger de l'ombre les noms de plusieurs bmves officiers et capitaines, leurs cadets dans rhistoire» leurs égaux par la noblesse, la vaillance, la gloire!
(1) Combat 4e la fiiirveiUMitd et du Québec, par Delasiie {Franet