CHAPITRE V
SECONDE ÉCOLE D'ALEXANDRIE (■) (DE 3o AYANT JÉSUS-CHRIST A 64 1 APRES JÉSUS-CHRIST)
En terminant le précédent chapitre nous avons observé que la première école d'Alexandrie disparaissait à peu près au moment où le pays perdait son indépendance. Dans le monde romain, le régime impérial fut substitué, en fait si ce n'est de nom, à la forme républicaine et les universités eurent à souffrir des troubles qui accompagnèrent cette transformation ; elles purent néanmoins continuer leur enseignement sans interruption et, aussitôt l'ordre rétabli, les étudiants revinrent en foule à Alexandrie. Cette période d'agitation coïncida pourtant avec une autre orientation des doctrines philosophiques, qui désormais procédèrent presque exclusivement de Platon et de Pythagore : par là, le commencement d'une ère nouvelle est nettement marqué. Le mysticisme des idées en cours eut sa répercussion dans les écoles des géomètres et c'est ce qui explique en partie la stérilité de l'œuvre scientifique de cette époque.
Bien que l'influence de la Grèce fut toujours prédominante et la langue de ce pays toujours employée, Alexandrie devint alors un centre intellectuel pour la plupart des peuples de la Méditerranée qui étaient sous la domination romaine. Si beaucoup de mathématiciens de ce temps n'ont pu avoir des relations directes avec les maîtres d'Alexandrie, c'est néanmoins à ceux-ci qu'ils sont rede-
(*) Pour les références voir la noie donnée plus haut, p. 5a. Toutes les dates mentionnées ci-après doivent être considérées comme anna domini, à moins que le contraire ne soit expressément spécifié.