‹ Histoire des mélaniens du système européenChapitre 11 sur 19 · MES · texte numérisé non relu

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de la ventrosité du dernier tour, ce qui la fait paraître très portée du côté dextre.

La base aperturale est dilatée, et le bord inférieur est légèrement patulescent.

Cette Coquille est fort répandue dans le Danube à Ibraïla, à Belgrade, etc., et dans la Save à Agram. Je la connais encore de Pregrada près de Krapina-Tœplitz, et de la Krapina à Sused (Croatie), ainsi que du Bug en Podolie (Pologne) et du lac Sabandja, en Anatolie.

Microeolpia pachystoma, Pourquignat, 1884.

Charmante espèce de forme pyramidale, ventrue inférieurement, remarquable par son ouverture ornée d'une forte nacre brillante et par son bord externe largement dilaté, très patulescent à la base et comme réfléchi.

Test épais, opaque, brillant, lisse, sauf au dernier tour, et d’une teinte uniforme opaline recouvert d’un enduit noir ou marron très tenace. Spire conoïde, à sommet pointu. Dernier tour grand (haut. 7) gros, ventru, con vexe, descendant à l'insertion du bord externe et n’égalant pas la moitié de la hauteur. Ouverture verticale, ovale, dilatée inférieurement, anguleuse au sommet, encrassée par une nacre blanche ou rosacée très épaisse. Péristome obtus, épais, largement dilaté, patulescent vers la base du bord externe. Columelle blanche, robuste, très nacrée, peu contournée, à pointe un tant soit peu obtuse, regardant tantôt en bas, tantôt en dehors. Bord externe très arqué en avant. Callosité épaisse, plus forte vers l'insertion ; — haut. 17, diam. 6 millim.

La Save près d’Agram.

= Gi MELANOPSIS, Ferussac, 1807.

Je ne crois pas qu’il existe un genre où les espèces aient été aussi complètement méconnueset aussi fréquemment amalgamées les unes avec les autres que celui des Mélanopsides.

Plusieurs causes ont présidé à la confusion surprenante de ces espèces : la manie des réunions, les descriptions imparfaites des premières formes, surtout le Mémoire monographique de Ferussac fils, savant Malacologiste, qui a produit, cependant, d'excellents travaux.

C’est, sans aucun doute, ce Mémoire qui est une des principales causes des confusions perpétuées jusqu’à ce jour, parce que tout y est mauvais : les synonymies sont inexactes, les descriptions sont insuffisantes, les rapprochements sont invraisemblables , les conclusions sont erronées, les espèces vivantes ne ressemblent pas aux formes fossiles; enfin, les figures des planches vir et vi ne conviennent 4 aucune des Mélanopsides de la faune actuelle.

Dans leur confiance en la haute autorité scientifique de Ferussac, les auteurs ont admis, sans conteste, ses rapprochements, ont copié ses synonymies ; Deshayes les a copiées, l’abbé Dupuy les a copiées, etc... moimême je les ai également copiées. Tout le monde scientifique y a été de bonne foi, parce qu'on ne pouvait s'imaginer qu'après Ferussac, qu'après Deshayes, il pût exister la moindre erreur. On a donc admis, comme une seule et même espèce les præmorsa , les maroccana,

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les antediluviana, les buccinoidæa, les lœvigata, les fusiformis, ete. lorsqu’il n’en était rien.

C’est en voulant vérifier chacune des formes publiées, etremonter aux origines, suivant les principes de la nouvelle école, que je me suis aperçu que tous les Malacologistes s'étaient trompés

Ainsi, quelques exemples :

Linnœus a publié une forme, sous le nom de præmorsum ou prærosum, que tout le monde à méconnue, en y amalgamant presque toutes les Mélanopsides à test lisse. Toutes les figures que l’on a données de cette Coquille sont inexactes. Hanley sew/, dans son excellent traité des « Zpsa Linnæi conchylia » (pl. nr, f. 5) a reproduit d’une façon très correcte cette espèce. Brot, dans ses Mélanies (pl. xLv, f. 15) a donné, comme type Linnéen, une Coquille qui ne ressemble pas du tout à celle d'Hanley. La plus légère comparaison fait sauter aux yeux les grandes différences qui existent entre ces deux représentations : l’une est le type de la collection de Linnœus, l’autre n’est autre chose qu’une saharica.

Tous les auteurs citent un Buccinum maroccanum ; or, lorsqu'on se reporte à l’ouvrage de Chemnitz (Conch. Cab., XI, p. 210, pl. cezxxxv), l’on s'aperçoit que cette Coquille s'appelle Buccina maroccana et qu’elle se compose de 3 espèces distinctes : 1° (f. 2078-79) d’une Mélanopside à test lisse, bien représentée dans la Malacologie de l'Algérie (pl. xv, f. 12); 2° (f. 2080-81) d’une autre tout à fait semblable à l’Æammamensis de Gassies ; enfin, 3° (f. 2082-83) d’une forme coslulée

identique à la magrafica, espèce différente de la cariosa, de la sevillensis et des autres du même groupe.

Bruguière, avant son départ pour l'Orient, avait fait graver en avance un grand nombre de planches de l’Encyclopédie,planches destinées à son Histoire des Versqu’il ne put achever. Parmi elles , il s’en trouvait une (pl. cpzvin) où étaient représentées deux Mélanopsides (FE. Tet8). Ces figures étaient restées sans nom, lorsque Lamarck (Anim. s. vert., VI, 2° partie, 1822, p. 168) s’en préoccupa en considérant l’une (f. 7) comme la costata d'Olivier, et en attribuant à l’autre (f. 8) l’appellation de /ævigata, tant en y accolant la buccinoidæa.

Or, la première (f. 7) est une forme à grosses costulations seulement supérieures , dont les caractères ne conviennent pas à la costata, si bien représentée dans Olivier (Atlas, pl. xxx1, f. 3), et dans Rossmässler (Iconogr., 1839, Î. 678). Cette figure rappelle l'espèce répandue dans les collections sous le nom de subcostata de Parreyss, forme qui me paraît spéciale.

La seconde (f. 8) donne la représentation d’une espèce particulière, distincte de la buccinoidæa, par le grand développement de son dernier tour, et par d’autres signes différentiels que j'énumérerai plus tard. Elle doit être conservée sous l’appellation imposée par Lamarck, malgré l’avis contraire de Deshayes (Anim.s. vert., VIII, 1838, p. #90) qui n’en avait pas saisi les caractères.

Je pourrais presque indéfiniment poursuivre les exemples, mais ceux-ci suffisent pour montrer que lorsqu'on se reporte aux origines, on découvre tout autre chose que ce qui était admis ou enseigné par les auteurs.

Aussi ne rencontre-t-on dans les ouvrages modernes que fausses déterminations.

Le plus grand nombre des Mélanopsides décrites ou figurées parle D° Brot dans son Histoire des Mélanies sont mal nommées. Sa Melanopsis præœrosa n’est pas celle de Linnœus; les Coquilles représentées comme Wagneri n’ont pas le caractère de l’espèce de Roth ; sa variabilis n’est pas celle de V. d. Busch; l'échantillon figuré (pl. xLvi, f. 12), comme une Saulcyi, n’est pas mon espèce, etc. etc...

Dans l’Iconographie de Rossmässler, surtout dans les Suites, les erreurs sont encore plus nombreuses. Sur 52 Mélanopsides figurées, 10 seulement sont déterminées convenablement.

Rossmässler, pl. L. 1839.

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