‹ Histoire des microscopes; ce que leur doit la médecineChapitre 5 sur 10 · MICROSCOPES SIMPLES ET COMPOSÉS APRÈS L’ACHROMATISME · texte numérisé non relu

MICROSCOPES SIMPLES ET COMPOSÉS APRÈS L’ACHROMATISME

a. — Microscopes simples.

Nous avons vu que Wollaston avait déjà en 1812construit un doublet dit périscopique ; il le modifia en le rendant plus

partait. Il accompagna son nouvel instrument d un mémoire publié le 27 novembre 1828.

Comme il le dit lui-même, son nouvel appareil « ressemble assez bien à deux dés à coudre, ajustés l’un dans l’autre au moyen d’une vis et perforés à leurs extrémités. Les lentilles, toutes les deux plan-convexes peuvent être éloignées ou rapprochées l'une de l’autre de façon à les amener à produire le meilleur effet possible. » Les deux faces planes étaient tournées du côté de l’objet.

Ce doublet avait des inconvénients; l’écartement considérable des verres devenait un obstacle lorsqu’il s’agissait de faire des dissections, le foyer se trouvait trop rapproché des lentilles, il était impossible de faire agir les instruments en employant de forts grossissements.

Les physiciens, pendant ce temps, dirigeaient leurs recherches théoriques vers la construction des lentilles et visaient surtout dans leurs travaux à corriger l’aberration de sphéricité. Wollaston, Iierschell, Brewster, Goring, etc., se livraient à de curieuses investigations ; et c’est dans la lecture de leurs écrits, que Ch. Chevalier puisa la première idée de son doublet périscopique construit en 1830.

Cet instrument conservait les avantages de celui de Wollaston et évitait ses inconvénients. Il était composé de deux verres plans convexes, l’un très large et voisin de l’objet, l’autre plus petit et supérieur. Les faces planes étaient tournées du côté de la préparation comme dans celui de Wollaston. Entre les deux lentilles se trouvait un diaphragme dont l’ouverture variait suivant le foyer du doublet. L’appareil laissait entre lui et l’objet une distance assez grande pour permettre de manœuvrer les instruments à dissection.

Lss veires sô démontaient pour le nettoyage et Ton pouvait aussi dédoubler le grossissement en n’employant que la lentille supérieure.

Mais, ce n était pas tout, cette disposition des lentilles de chaque côté d’un diaphragme et leur inégalité de diamètre avaient encore pour but de diminuer l’aberration de sphéricité, et c était là une question très importante. Le baron Séguier écrivait à ce sujet: On ne songeait pas qu’en circonscrivant la vision, ce moyen ne faisait que soustraire à l’œil des défauts auxquels on ne remédiait pas.

La distance focale des doublets pour la commodité ne doit pas être inférieure à trois millimètres.

Ch. Chevalier imagina en outre de placer au-dessus du doublet une lentille achromatique concave ; l’etïet de cette combinaison était d’augmenter le grossissement et de reculer le foyer pour agrandir l’espace destiné au passage des scalpels, pointes, etc. Plus le verre concave était éloigné du doublet, plus le grossissement était fort. Cette puissance était aussi en raison directe de la concavité.

Citons aussi la loupe à main de lord Stanhope. Supposez un manche, à son extrémité un cylindre dans lequel est fixée la loupe et vous aurez une idée de l’instrument.

Un microscope simple que nous ne saurions passer sous silence tant à cause de sa construction qu’à cause de son vulgarisateur, est celui de Raspail. Il n’est guère qu’une répétition de celui de CufF, auquel il adapta l’achromatisme.

La monture que Raspail choisit se compose d’une colonne fixée sur une petite caisse d’acajou. Vers l’une des extrémités et situés au-dessus les uns des autres, partent de cette colonne : 1° au sommet, un bras horizontal terminé par un

anneau clans lequel s’adapte chacune des lentilles ; 2° une platine horizontale percée d’un trou correspondant à l’axe de la lentille ; 3° un miroir réflecteur en bas pour renvoyer la lumière dans l’axe de l’instrument. La lentille et la platine peuvent s’éloigner ou se rapprocher l’une de l’autre suivant la longueur focale.

Dujardin fait remarquer que l’inconvénient de cet instrument est que les lentilles sont simples et bi-convexes, par conséquent sujettes à beaucoup d’aberration de sphéricité ; celui de Chevallier est beaucoup plus parfait.

Bien d'autres porte-loupes ont été imaginés, presque tous ont pour but de rendre les lentilles mobiles dans tous les sens, tout en laissant aux mains leur liberté d’action. Strauss-Durckheim, entre autres, a imaginé un système spécial.

Nachet a inventé une mise au point par un pas de vis ; Cossondansle même but a employé les crémaillères. Le porte-loupe de Lacaze-Duthiers,dont on se sert aujourd’hui, est muni de plusieurs bras mobiles en tous sens.

De nos jours on se sert beaucoup d’une loupe qui n’est autre que celle de Chevallier, reprise et améliorée par Brucke; elle porte le nom de ce dernier.

Elle se compose d’une lentille objective plan-convexe achromatique et d’un oculaire constitué par un verre bi-concave. L’instrument doit avoir une distance focale de six centimètres au moins, un champ complètement plan. Il est disposé de façon qu’en éloignantles deux lentilles on augmente le grossissement.

Nous n’insisterons pas davantage sur cette loupe, on la trouve dans la plupart des laboratoires de micrographie.

Microscope solaire , microscope à gaz. — Nous avons vu que Benjamin Martin avait appliqué l’achromastique au microscope solaire ; en 1834, Vincent et Charles Chevalier lui adaptèrent un verre concave achromatique, pour en augmenter le grossissement. Ils placèrent une roue d’engrenage sur le côté de l’appareil, et formèrent la platine de deux lames qui se rapprochaient ou s’écartaient à volonté au moyen de ressorts. Cette disposition permettait de soumettre tous les corps à l’action de l’instrument. Ils lui appliquèrent encore une vis de rappel et un prisme rectangle permettant de recevoir l’image sur un écran.

Cet instrument n'est'aujourd’hui qu’un instrument de curiosité que l’on trouve dans les cabinets de physique.

Le microscope à gaz était employé par Cooper de Londres, il fut importé en France par Warwich. B était construit sur les mêmes principes que le microscope solaire seulement le foyer lumineux était la flamme produite par des gaz combustibles.

Cet instrument dangereux fut rapidement abandonné si nous en croyons Donné (comptes-rendus de l’Académie des sciences, Paris 1840).

Ch. Chevalier de 1834-1835 et Galy-Cazalat professeur de physique, reprirent cette idée et perfectionnèrent le microscope à gaz oxy-hydrique. Voici la construction et le fonctionnement qu’ils lui donnèrent :

Chaque gaz était placé dans un réservoir à part, la pression exercée par une colonne d’eau les forçait à s’échapper toujours séparément par deux tubes qui venaient plonger au fond d’un vase presque plein d’eau. En se dégageant ils montaient à la surface du liquide, où ils se combinaient

en petite quantité. L’orifice de ce premier vase de sûreté était fermé par un bouchon, qui eût été projeté si les gaz étaient venus à détoner. Un tube adapté à ce vase conduisait le mélange dans une éprouvette pleine d eau fermée par un bouchon. Un dernier conduit donnait passage à la petite quantité de gaz développé à la partie supérieure de cette éprouvette de sûreté. Avant d’arriver à 1 extrémité du chalumeau, il fallait encore que le fluide traversât un tube de Davy garni de 400 toiles métalliques superposées. Les quatre becs du chalumeau étaient en platine et munis de très-petits orifices. Les gaz chassés par la pression du liquide s’échappaient par les becs, et venaient frapper un cylindre de carbonate de chaux en contact avec les orifices. Si l’on enflammait le mélange, la chaux devenait incandescente, et l’on avait une lumière très vive. Les rayons lumineux étaient réfléchis sur le verre condensateur par un réflecteur parabolique, placé devant et derrière une cloison qui séparait la chambre en deux parties.

Le premier compartiment renfermait l’appareil éclairant; le microscope monté sur la cloison se trouvait dans le deuxième.

On doit encore à Foucault et Donné un instrument construit d’après les mêmes principes, je veux parler du microscope photoélectrique qui fut construit par Ch. Chevalier, d’après les indications de ces deux savants, en 1841. Plus tard Dubosq et Nachet le modifièrent et le perfectionnèrent.

L’utilité de ces appareils ne se fait sentir que dans les démonstrations publiques.

Il paraîtrait qu'actuellement, en Allemagne, on se servirait dans les cours d’un microscope électrique d’un grossissement très-considérable.

B. — Microscopes composés.

Nous avons vu, en traitent de l’achromatisme, comment Ch. Chevalier en était arrivé à construire son appareil dit microscope d’Euler. Voici quelle en était la disposition, et quels perfectionnements il y avait introduits : Les oculaires étaient suivant Huyghens ; le côté plan des objectifs regardait la platine et un prisme convexe était destiné à éclairer les objets. Hachette s’exprimait ainsi en parlant de ce prisme : Les rayons lumineux, réfléchis parallèlement à l’axe du miroir parabolique éclairé par la lampe d’Argand, convergent vers l’objet à éclairer, après avoir traversé un prisme à faces courbes semblable à celui de la chambre obscure que V. Chevalier a exécuté en 1819. C’est ce prisme que l’on emploie aujourd’hui pour la lumière oblique.

L’instrument était, en outre, muni de diaphragmes variables qui avaient été proposés à Charles par Le Baillif en 1810. Le corps du microscope était garni à l’intérieur de velours noir; on le remplace aujourd’hui par le noir de fumée. Le constructeur lui appliqua aussi la vis micrométrique.

L’appareil fut adopté par de Mirbel, Turpin, Cassini, Delille, Duby, Pelletier, Donné, de Humboldt, Ehremberg etc.

Tulley, sur les données de Coring en Angleterre, avait construit des objectifs achromatiques dont le foyer était de 9/10 de pouce ; Amicià Florence avait suivi son exemple.

Ce dernier préparait son microscope horizontal ; lorsqu’il l’apporta à Paris en 1827, il produisit une véritable révolution, tant par la perfection de ses lentilles que par sa forme. La platine était horizontale, et le corps coudé à angle droit;

le tube du microscope était muui d'un petit miroir plan, fixé sous un angle de 45° au dessus de l’objet, qui envoyait ses rayons par une ouverture du tube horizontal sur ce miroir plan. En face de ce miroir se trouvait un miroir elliptique qui recevait l’image du miroir plan et la renvoyait à 1 œil par l’oculaire dont l’axe coïncidait avec celui du miroir elliptique (Voir PI. n° 13).

Plus tard Amici eut l’idée de briser le tube du microscope et de le composer de deux parties, une verticale portant les lentilles, une horizontale portant l’oculaire ; pour plier les rayons un prisme fut adapté à la jointure de ces deux morceaux. L’objectif était composé de trois lentilles superposées ayant chacune six lignes de foyer. Le microscope avait, en outre, des oculaires de rechange.

Les lentilles néanmoins n’étaient pas collées ensemble.

Il se produisit alors une véritable rivalité entre les micro graphes, les uns vantant les avantages des microscopes horizontaux, les autres préférant les verticaux. Vincent et Ch. Chevalier, qui cherchaient toujours à perfectionner leurs procédés, mirent fin à la dispute. Profitant de l’idée d’Amici, ils construisirent en 1833 un microscope dit microscope universel (nom déjà employé par Joblot en 1718) que l’on considéra comme supérieur à tous ceux qui l’avaient précédé. La platine présentait des monuments en tous sens; il permettait à volonté la position horizontale d’Amici, la position verticale et une troisième position renversée pour les manipulations chimiques.

Arago déclara l’instrument parfaitement exécuté.

De 1828 à 1830, Ch. Chevalier achromatisa des lentilles de une ligne et de une demi ligne de foyer; dès lors l’usage

des forts grossisements devint général.

Il construisit encore à cette époque ce qu’il appela le microscope diamant de quatre centimètres de longueur. En l’associant comme objectif au microscope composé ordinaire, on obtenait un microscope bicomposé fournissant une image dans la position de l’objet.

Goring, en Angleterre, essaya aussi de perfectionner le microscope d’Amici en lui adaptant des miroirs plans beaucoup plus petits et des miroirs elliptiques d’un pouce de foyer. Ce fut Cuthbert qui exécuta sous sa direction ces miroirs.

Goring rendit à ce microscope la dénomination ancienne d’engyoscope, on ne sait trop pourquoi.

Bouquet construisit de son côté en France des lentilles excellentes qui lui valurent le suffrage de presque tous les savants.

Georges Oberhauser et Trécourt imaginèrent un microscope achromatique où la platine était tournante ; on l’appela microscope à tourbillon, parce que le corps de l’instrument et la platine exécutaient ensemble un mouvement de rotation, et permettaient aux différentes parties des objets d’être à tour de rôle exposées au même dégré d’eclairage (Voir PL n° 14).

Citons encore pour mémoire les microscopes exécutés par Soleil et par Lerebours en 1827. Nous ne croyons pas que ces derniers aient été fort appréciés des micrographes de l’époque, tout au moins ceux de Lerebours.

En Allemagne on en fabriqua de remarquables ; citons parmi les constructeurs Ploëssl de Vienne, dont nous avons dessiné un instrument (Voir Pi. n° 12), les successeurs de Frau enhoflfer à Munich, Schiclv et Pistor à Berlin.

Fischer de Waldheim imagina un microscope composé à dissection dit pancratiquo, il fut exécuté par Trécourt et Georges Oberhauser. Dans cet appareil l’image est redressée par un deuxième objectif placé au-dessus du premier, dont le grossissement, dépendant de la distance qui sépare les deux objectifs peut varier de 5 à 100 diamètres.

Merz, successeur de Frauenhoffer,en 1843, a remplacé l’objectif intérieur par un lentille concave achromatique, qui permet de racourcir le microscope mais renverse l’image, lia donné à l’oculaire un mouvement indépendant.

Ch. Chevalier, en 1834, appliqua dans le même but au microscope horizontal le prisme redresseur qui imprimait aux rayons une réflexion croisée, détruisait complètement l’inversion produite par le premier entrecroisement, et permettait de disséquer avec le microscope composé en en faisant un instrument redresseur.

En 1837, il présenta en outre à l’académie son objectif variable ou microscope composé à faible grossissement, qui devait faciliter les travaux des naturalistes qui voulaient se servir delà chambre claire.

En 1847, sur les indications de Robin, Nachet construisit un instrument redresseur : L’image était rectifiée à l’aide de deux prismes disposés à angle droit. M. Robin s’en servait pour étudier la structure des petits animaux et des embryons. En 1852, Nachet construisit un autre microscope pouvant servir à plusieurs personnes à la fois.

En 1830, Jackson Lister lit voir que dans les lentilles de flint et de crown il n'y avait que deux points sans aberration, il les appela points focaux aplanétiques. Il démontra que plus les rayons extrêmes recueillis sont écartés, plus

grand est l’angle d’ouverture, et mieux on profite des effets produits par ces rayons obliques dont le nombre est en rapport avec l’angle d’ouverture.

Ces faits imposèrent des recherches qui amenèrent les heureux résultats de Ross, Powel, Amici et plus tard de Nachet. Les images gagnèrent en lumière, en vigueur, en clarté ; le pouvoir résolvant fut accru ; les fines stries des objets plus nettement reconnues.

Cependant, M. Nachet fils, démontra que pour obtenir le pouvoir pénétrant, l'angle d’ouverture ne doit pas être trop grand.

En 1853, le docteur Riddel, de la Nouvelle-Orléans, fit servir à la vision binoculaire les deux images données par des prismes séparateurs placés au-dessus de l’objectif. Ce microscope a été perfectionné par Wenham, de Londres.

M. A. Nachet construisit un microscope binoculaire stéréoscopique : une disposition de plusieurs prismes, au-dessus de l’objectif, donnait lieu à deux images recueillies par deux corps de microscope, qui pouvaient se rapprocher ou s’éloigner suivant la distance qui séparait les deux yeux de chacun.

Hartnach et Prazmowski construisirent aussi un oculaire binoculaire par lequel on remplace l'oculaire ordinaire lorsqu’on veut observer avec les deux yeux. Toutefois, comme le fait remarquer M. Ranvier, ces instruments ne donnent pas très distinctement l’effet stéréoscopique que Ton recherche dans les microscopes binoculaires.

M. Nachet, au lieu de faire des microscopes horizontaux, imagina d’en construire se dévissant par le milieu, et sus-

ceptibles de recevoir un prisme qui les rendait obliques et dirigeait les rayons lumineux vers l’oculaire dans cette nouvelle direction.

Andrew Ross, opticien anglais, imagina de son côté un microscope qui a été perfectionné par son fils Thomas Ross : la platine possédait trois mouvements, l’un de gauche à droite, un autre d’avant en arrière et un troisième de rotation. L’objet pouvait y subir un déplacement de 5 millimètres au moyen de deux vis placées à droite de l’appareil. Le bouton qui présidait à la rotation était sous la platine à gauche.

Il en existe un petit modèle incliné fixé sur deux montants droits. La graduation de la denture permet de l’employer comme goniomètre.

On possède deux autres variétés de modèles anglais qui se rapprochent de celui de Ross, ce sont ceux de Smith et Beck et de Powel et Lealand.

Citons encore parmi les constructeurs anglais Baker, Collins, Crouch, Dallmeyer, Ladd, Pillischer, Swit et Wehe 1er. Tous leurs microscopes sont construits sur le type de celui de Ross ou de Smith et Beck.

Un autre système est représenté par les microscopes chimiques imaginés pour étudier l’influence de la chaleur sur les corps, la cristallisation des substances, etc. Le plus ancien est celui de Ch. Chevalier (1839).

Les lentilles y sont placées sous l’objet éclairé par un miroir situé au-dessus. Le plus employé est celui de Laurence Smith de Charlestown ; il a été exécuté par Nachet, en 1850. L’objectif est placé sous l’objet et monté sur une boîte contenant un prisme à deux réflexions totales, disposé de façon

à envoyer dans le corps oblique l'image fournie par l'objectif.

Après avoir décrit ces divers microscopes, abordons plus spécialement la construction des différents objectifs et oculaires, voyons les perfectionnements qu'ils ont subis, les divers procédés d’éclairage, la disposition des platines et des montures.

Les objectifs sont presque tous constitués aujourd'hui par un système de trois lentilles.

Jackson Lister, avons-nous dit, avait démontré en 1830, la vraie nature des aberrations d’un système de lentilles, et l’importance des angles d’ouverture ; depuis lui, les constructeurs sont arrivés à donner aux objectifs des angles d’ouverture remarquables ; Ross et Powel , en Angleterre, ont exécuté les meilleures combinaisons de ce genre vers 1842; ils ont fait des objectifs dont les angles d’ouverture sont de 60° à 74°.

En 1844, Amici en fit un où cet angle dépassait 112°. Nachet en présenta à l’Académie en 1847 où il variait de 100° à 120°. Ross, en 1851 et en 1853, en fabriqua qui étaient encore plus parfaits, du moins à ce point de vue.

D’après Clarke, Spencer en Amérique fit un objectif de

I /4 de pouce avec un angle d’ouverture de 145°.

En 1829, Amici construisit des objectifs devant tous être employés avec des couvre-objets de grosseur déterminée.

II avait remarqué que si l’on vient à placer sur une préparation non recouverte une lamelle, l’image devient d’autant moins nette qu’elle est plus épaisse. Il corrigea ses objectifs pour les préparations recouvertes d’un couvre-objet par une quatrième lentille concave-convexe, et cette lentille

était différente suivant le sens qu'il fallait donner à la correction.

Avec les objectifs puissants et à grand angle d’ouverture l’image n’est, en effet, vraiment pure qu’en faisant usage de lamelles de grosseur déterminée, c’est-à-dire semblables à celle qui a servi à régler l’objectif.

Au lieu de chercher des couvre-objets identiques, ce qui serait très difficile à trouver, sinon impossible, on imagina les objectifs à correction. Jackson Lister montra que le but pourrait être atteint en modifiant l’écartement des diverses lentilles qui constituent le jeu de l’objectif, et ce fut Andrew Ross qui, en 1858, exécuta le premier pratiquement un appareil capable d’écarter d'une faible quantité les lentilles entre elles, en laissant fixe l’inférieure, dite lentille frontale, et en rendant mobiles les autres.

Le mécanisme consiste en un collier dont la rotation éloigne ou rapproche les lentilles supérieures. Un index indique la direction à donner au mouvement pour obtenir la correction convenable, suivant que la préparation est recouverte d’un verre épais ou mince ou bien qu’elle est découverte.

Dans ces mouvements les deux lentilles mobiles conservent entre elles le même intervalle et ne s’éloignent que de la frontale.

Hartnach remplaça ce correcteur par un correcteur double dans les très-forts grossissements. Il fit des objectifs où les trois lentilles étaient susceptibles de se déplacer les unes par rapport aux autres.

Nachet et Wenham ont adopté le système qui consiste à rendre la lentille frontale fixe, les deux autres étant mobiles.

Un index extérieur permet de se rendre compte de la distance donnée aux lentilles.

Strauss-Durkeim, pour redresser les images, avait imaginé un autre objectif, auquel il donna le nom d’objectif additionnel. Cet appareil se plaçait au dessous de l’objectif ordinaire du microscope etproduisait à l’égard de celui-ci ce qu’il produit lui-mème sur l’oculaire de manière que l’image se trouvant deux fois renversée est par conséquent redressée.

Cette invention dont il fit part à Trécourt et Oberhàuser, ne fut exécutée que longtemps après. Nous avons vu que Fischer de Waldheim de Moscou, introduisit un perfectionnement analogue dans un microscope qu’il appela pancratique.

Les oculaires se composent généralement de deux verres, dont le premier est dit verre de l’œil et le deuxième verre de champ. Entre les deux existe un diaphragme.

Le verre de champ est dû à Huyghens. La première réforme importante qu’on a fait subira l’oculaire après Huyghens est due àRamsden. Son oculaire est composé comme celui de Huyghens de deux lentilles plan-convexes, 'mais il en diffère en ce que les faces convexes des lentilles sont en regard et que les lentilles sont plus rapprochées.

Au point de vue optique il existe deux espèces d’oculaires: celui de Campani dans lequel l’image est formée entre l’oculaire et le verre de champ et celui de Ramsden avec lequel l’image se trouve au devant du verre de champ. Hannover dit que ce dernier très employé pour les télescopes, ne l’est pas pour les microscopes.

Selligue pour grossir l’image avait imaginé de placer en-

tre l’oculaire et l'objectif une lentille concave qui faisait diverger les rayons avant qu’ils fussent arrivés àl occulaire. Plus tard Frauenhoffer la remplaça par une lentille concave achromatique. Ce moyen est aujourd’hui délaissé, parce que l’image est moins nette.

L'oculaire indicateur de Quekett est utile pour indiquer à quelqu’un l'objet que l’on veut lui faire apercevoir. Il consiste en une petite tige de cuivre placée au foyer du premier verre de l’oculaire. Elle traverse le tube de l'oculaire disposé de façon à ne pas s’enfoncer jusque vers le point occupé par cette tige, qui se meut horizontalement à l’aide d'un bouton saillant au dehors.

Le microspectroscope n’est autre chose qu'un microscope dans lequel l’oculaire est remplacé par un spectroscope. Ce spectroscope est composé d’un système de plusieurs prismes desubtances différentes accolés les uns aux autres, et dont l’association compense les déviations que chacun en particulier ferait subir aux rayons lumineux tout en laissant la dispersion se produire et le spectre se former.

Toiles à Boston et Hartnach en France ont fabriqué des oculaires auxquels on a donné le nom d’oculaires holostériques. Ils sont faits d’un seul morceau de crown taillé en cylindre se terminant à ses extrémités par des surfaces convexes d’inégales courbures, calculées de façon que l’image se forme à l’intérieur du cylindre, à l’endroit où se trouve ordinairement le diaphragme. Dans cet oculaire ce dernier est représenté par une entaille circulaire de mastic noir.

L’oculaire orthoscopique imaginé par Ivelner de Wetzlar, donne un champ plus grand que l'oculaire ordinaire : le verre de l’œil qui est achromatique, est eoncave-convexe, à

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surface concave tournée vers l’œil et le verre de champ est bi-convexe.

L’oculaire aplanétique est du à Ploëssl de Vienne, il est formé per deux lentilles plan-convexes, donnant des images très-claires.

Amici a construit des oculaires disposés de telle façon que le verre de l’œil puisse être rapproché du verre de champ.

Les plus puissants oculaires sont disposés dans les tubes les plus courts. Les microscopes de Ploëssl et de Schieck ont quatre ou cinq oculaires, et dans le nombre une lentille aplanétique qui fait voir les objets plus lumineux ; toutefois ce verre donne un plus petit champ et grossit moins.

Nous avons vu comment les anciens éclairaient leurs préparations, nous les avons vus employer les miroirs, les lentilles et même l’éclairage oblique ; quels progrès ont subi depuis ces divers procédés ?

Pour les faibles grossissements on emploie les miroirs plans. Ces miroirs sont en verre. Pour les forts grossissements on emploie les miroirs concaves ou condensateurs. Afin d’avoir dans le même instrument ces deux mode on a créé les miroirs doubles ; ils sont plans d’un côté et concaves de l'autre. Cette disposition est due à Goring.

Wollaston imagina de recevoir la lumière sur l’objet à examiner au moyen d’un tube muni à la partie supérieure d’une lentille plan-convexe, dont la surface plane est tournée du côté del’objet.

Dujardin en 1338 recevait la lumière sur un prisme ; les rayons qui en partaient traversaient un système condensateur formé de trois lentilles achromatiques, qui concen-

traient la lumière sur un point de l'objet à examiner. Il évitait ainsi le reproche de la double réflexion que l’on fait aux miroirs en verre.

Ross a imaginé un condensateur constitué par une lentille composée dont la distance focale est de un centimètre et l’angle d’ouverture d’environ 110°.

L'éclairage oblique qui, comme nous l’avons vu, est du à Dellebare en 1793, a été plus tard employé par Charles, puis par Chevalier et Amici ; mais, c’est surtout à partir de 1845, que les constructeurs anglais ont généralisé ce procédé.

Une tentative importante pour modifier l’éclairage appartient au docteur Brewster en 1820 ; il conseilla les prismes et les verres colorés, il se servit, en outre, de 4 lentilles réfractant chacune un pinceau de lumière sur l’objet. Il construisit ainsi que Goring et Pritchard des appareils condensateurs basés sur les mêmes principes que celui de Wollaston.

En 1847 , Nachet a obtenu l’éclairage oblique au moyen d’un prisme adapté sous le porte-objet.

Pour régler l'intensité de la lumière, on a coutume de placer un diaphragme percé de trous de divers diamètres sous la platine.

En 1831, Brewster modifia son procédé d’éclairage ainsi: La lumière, concentrée par une lentille biconvexe périscopique venait tomber sur un miroir plan d’où elle était réfléchie sur un système de lentilles composé de deux verres semblables qui la réfractaient enfin sur l’objet.

Merz, en 1843, construisit un système composé de deux lentilles fixées dans un tube et dirigées vers un prisme qui

leur fournissait la lumière. Ces appareils sont un peu délais sés comme inutiles.

Un des moyens les plus simples et les meilleurs est celui d’Amici : Il emploie une lentille plan-convexe mobile sur une tige ; elle reçoit la lumière réfléchie par le miroir et la renvoie sur l’objet. Cette disposition nécessite l’emploi d’un diaphragme. Nobert a employé une lentille de 1/3 de pouce placée sous la platine au foyer d’un réflecteur concave. Reade dirige les rayons lumineux obliquement sur l’objet.

Comme on le voit, les procédés d’éclairage sont variés ; il serait difficile de dire quel est le meilleur, nous croyons que le moyen le plus simple est aussi préférable.

Autrefois, la forme des instruments était extrêmement variée, on voyait des microscopes de toutes les dimensions. Chez certains, la monture était en bois, chez d'autres, elle était en métal et très ouvragée. Quelles sont les principales modifications qu’elle a subies dans le courant de ce siècle ?

Pour rendre le microscope mobile autour d’un axe horizontal Georges Jackson imagina, en 1828, l'emploi des tiges à deux colonnes réunies par une troisième horizontale et mobile ; cette dernière supportait le corps du microscope qui tournait avec elle.Straüss-Durckheim, vers 1840, inventa le pied à tambour au-dessus duquel il plaça une platine tournante. Elle était mobile sur une deuxième qui était fixe et située à la partie supérieure du tambour.

Le pied en fer à cheval, qui est si usité de nos jours, est dû à Ross, qui le trouva en 1843 ; il n’a été dans la suite que peu modifié.

Ce fut Trécourt qui fixa la tige portant le corps du microscope à la platine tournante même, pour que l’instrument res-

tàt toujours bien centré, détail capital clans la construction des microscopes. Cette idée lui avait ôté fournie par Strauss- Durckheim ; delà le nom de Microscopes de Strauss donné parfois aux instruments à platine tournante, quelle que soit d’ailleurs la forme du pied.

Quand la lumière passant par le jour de la platine donne un éclairage trop vif, on la tempère, avons-nous dit, par l’emploi d’un diaphragme. Les diaphragmes sont de deux espèces. i° Les diaphragmes tournants imaginés par Le Baillif ; ils sont assujettis au-dessous de la platine et percés d’une série d'ouvertures de diamètres variables que l’on amène sous l’ouverture de la platine a volonté ; 2° les diaphragmes cylindriques constitués par des tubes portant à leur extrémité supérieure un disque circulaire percé d'nn pertuis plus ou moins étroit. On les place dans l’ouverture de la platine. M. Nachet, pour varier leur action, a adapté à la platine un mécanisme qui les élève ou les abaisse.

Turel, en 1832, imagina un chariot qui rendait l'objet mobile d’arrière en avant, de droite à gauche, de gauche à droite ou suivant la diagonale au moyen de leur vis seulement.

Brattn, mécanicien allemand, pour amener les objets sous le champ du microscope dans les forts grossissements a construit une platine supplémentaire qu’on plaçait sur la platine ordinaire avec laquelle elle tournait. Par cette pièce, on pouvait faire mouvoir les objets en tous sens.

Le mouvement du corps à frottement doux dans la monture est dû à Amici et à Oberhâuser ; la séparatiou du support et de la platine à ce dernier. Elle peut ainsi s’isoler pour faciliter la préparation des objets. La rotation horizon-

taie du tube, qui est due à Charles Chevalier, permet de faire voir l'objet à un autre observateur assis de l’autre côté de la table sur laquelle est placé le miscroscope.

Ce sont Frauenhoffer et Chevalier qui, à l’époque de l’invention des forts grossissements, remplacèrent la crémaillère par la vis micrométrique. Celle-ci imprime un mouvement régulier et très lent au corps du microscope. Frauenhoffer l'avait appliquée au porte-objet pour lui communiquer un déplacement dans un sens déterminé, par exemple de droite à gauche ou d’avant en arrière.

Immersion homogène. — Au point de vue optique et pratique, le plus grand progrès qui ait été accompli dans la construction des microscopes depuis l’adaptation de l’achromatisme à cet instrument, est certainement le principe de l’immersion homogène. Les rayons lumineux émanés d’un objet, et venant frapper l'objectif après avoir traversé une couche d’air, ont subi une double réfraction et une réflexion sur la surface de l’objectif; c’est à abolir ce double effet que vise l’immersion homogène en permettant à l’objectif d'embrasser, autant que faire se peut, tous les rayons lumineux partant de l’objet. Pratiquement, ceci revient à interposer entre l’objectif et le corps à examiner une substance transparente avant le même indice de réfraction que le verre.

On possède plusieurs liquides ou mélanges remplissant ces conditions ; par exemple, la glycérine mêlée à l’essence d’anis, l’essence d’anis seule, l’huile de pied de bœuf, l’eau distillée, etc.

La première idée de l’immersion est due à Hooke en 1623, mais ce fut Àmici, en 1844, qui appliqua surtout ce principe

auquel on avait prêté peu d’attention au temps de Hooke. Pour corriger les aberrations, il munit, en outre, l’objectif d’un appareil correcteur, condition nécessaire, si l’on passe de l’examen d'un objet monté à sec à un objet préparé avec le baume du Canada.

Par ces moyens, il supprimait la brusque réfraction des rayons marginaux pénétrant dansl air au sortir de la lamelle, et une très grande partie en était admise par l’objectif ; de plus, la réflexion produite à la surface de la lentille objective se trouvait considérablement diminuée. Les aberrations étant presque supprimées, les contours et les détails de l’objet étaient bien plus nets. Ce n’était pas tout, la distance dite focale apparente se trouvait allongée par le même fait, question que Thury dit être très influente.

Oberhâuser conseille d’interposer entre la préparation et l’objectif une goutte d’huile de pied de bœuf ou une goutte d’essence d’anis, lorsque la distance focale est longue, si elle est courte, il recommande d’employer l’eau distillée.

Amici perfectionna encore ses objectifs en 1852, mais ce ne fut guère qu’après 1855 que Nachet et Hartnach, successeur d’Oberhâuser, livrèrent couramment ces objectifs avec lesquels on arrive à un avantage équivalent à un plus grand angle d’ouverture.

Généralement, pour l’immersion, on se sert de l’eau distillée ou de l’huile de pied de bœuf ; pour arriver au but, il suffit de mettre avec un pinceau une goutte de ces liquides sur la lamelle et une sur l’objectif, on les fait se rejoindre et l’instrument n’a plus qu’à être mis au point.

C’est Hartnach qui a répandu ces objectifs en Allemagne,

et qui, en 1859, a combiné l’immersion avec la correction, si nous en croyons Henri van Heurck.

Depuis 1874, de nouveaux travaux ont encore été exécutés pour perfectionner les objectifs : Toiles de Boston a cherché à les améliorer en réparlissant les courbes sur quatre lentilles au lieu de trois ; beaucoup de constructeurs ont adopté ce système ; Powel et Lealand ont travaillé aussi à modifier les courbes des lentilles ; Wenham a cherché à diminuer la réflexion des surfaces ; pour cela, il a employé trois lentilles seulement, dont deux sont en crown et la troisième en flint lourd. Ross a suivi son exemple. Le nouvel objectif de Hasert a quatre lentilles, comme celui de Toiles ; l’objectif a 1 /9 de pouce de foyer.

C’est en 1855 qu’Amici a imaginé de fabriquer des objectifs composés de trois lentilles qui isolément ne sont pas achromatiques. Les aberrations de réfrangibilité et de sphéricité sont détruites par les deux dernières lentilles dont l’une est en flint et l'autre en crown. L’image fournie et très-nette; les constructeurs emploient beaucoup cette disposition pour les forts grossissements.

Prasmowski construit des objectifs à 4 lentilles en vue d’augmenter la zone marginale et d'agrandir l’angle des rayons extrêmes avec l’axe optique.

Actuellement, pour les éludes bactériologiques, qui sont à l’ordre du jour, nos maîtres recommandent surtout les lentilles à immersion dans l’eau et dans l’huile fabriquées par Nachet à Paris, Zeiss àlena, Verich et Prasmowski à Paris, Leitz à Wetzlar, Hartnach à Postdam, Reichert à Vienne, Ross, Powel et Lealand à Londres.

Pour l’éclairage ils recommandent le condensateur Abbé ;

qui fournit une lumière d’une grande intensité et eff'ace le contour des cellules et des éléments non colorés en donnant une plus grande valeur aux parties colorées, aux bactéries, par exemple,

Dans le condensateur Abbé, les faisceaux lumineux sont rassemblés au sommet du cône qu’ils forment précisément sur l'objet à examiner, c’est-à-dire au foyer de la lentille. Ces rayons pénètrent ensuite dans l’objectif sous un très grand angle d'ouverture.

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