‹ Histoire des œuvres de H. de Balzac (volume 2)Chapitre 132 sur 195 · Contenu des éditions précédentes · texte numérisé non relu

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Première édition. Les Cent Contes drolatiques, I", IIe et IIIe dizains, trois volumes in-S", 183-2, 1833 et 1837 ; les deux premiers chez Charles Gosselin et le troisième chez Werdet.

Deuxième édition. Les Contes drolatiques (réunion des trois dizains), un volume in-12 ; chez Giraud et Dagneau, 1853.

Troisième édition. Les Contes drolatiques. Tome XX des Œuvres complètes de Balzac; un volume. in-8°, chez madame Houssiaux, 1855.

Quatrième édition (marquée cinquième). Les Contes drolatiques, illustrés par Gustavo Doré; un volume petit in-8°, chez Dutacq, 1>S50.

publier; mais il a pensé que les critiques consciencieux et les lecteurs choisis entre les mains desquels doivent aller les Contes drolatiques se souviendront des illustres précéd mus qui autorisent cette hardie tentative, dont l'auteur ne s'est pas dissimulé la témérité, dont il a calculé tous les périls.

Aucun de ceux à qui la littérature est encore chère ne voudra répudier la reine de Navarre, Boccace, Rabelais, l'Arioste, Vërvilleet la Fontaine, génies rares dans les temps modernes, car ils ont presque tous été Molière, moins la scène. Au lieu de peindre une passion, la plupart d'entre eux peignaient leur époque : aussi, plus dous allons vers le terme auquel meurent les littératures, mieux nous sentons le prix de ces œuvres antiques où respire le parfum d'une naïveté jeune et où se trouvent le nerf comique dont notre théâtre est privé, l'expression vive et drue qui peint sans périphrase et que personne n'ose plus oser.

L'intelligence est donc un devoir envers le conteur qui veut non pas accepter le vaste héritage de nos ancêtres, mais seulement reconnaître la carrière que tant de beaux génies semblent avoir fermée et dans laquelle un succès a paru presque impossible le jour où notre langage perdit sa naïveté. La Fontaine aurait-il pu écrire la Courtisane amoureuse avec le style de Jean-Jacques Rousseau? L'éditeur a emprunté cette remarque à l'auteur pour justifier l'anachronisme de l'idiome employé dans ces contes : à tous les obstacles de cette entreprise il fallait encore joindre celui de l'impopularitédu style.

11 existe en France un grand nombre de personnes attaquées de ce cant anglais dontlnrd Byron s'est souvent plaint. Ces gens, dont le fronl rougit des bonnes franchises qui jadis faisaient rire les princesses et les rois, ont mis en deuil notre ancienne physionomie et persuade' au peuple le plus gai, le plus spirituel du monde, qu'il fallait rire décemment et sous l'éventail, sans songer que le rire est un enfant nu, un enfant habitué à jouer avec la tiare, l'épée el la couronne, sans connaître le danger.

Aussi, parles mœurs qui courent, l'auteur des Contes drolatiques ne peut être absous que par son talent ; et, justement effrayé de l'alternative, il n'a voulu donner que ces dix premiers contes; mais nous, croyant beaucoup au public «t beaucoup en l'auteur, nous espérons en éditer promptement dix nouveaux, ne redoutanl ni le livre ni les r< proi hes.

\ rait-ce pas une inconséquence que de blâmer en littérature les encouragés au Salon el tentés par les Eugène Delacroix, les Eugène Devéria, les Chenavard el par I in1 d'artistes voués au m>>\en âge? si l'on accueille la peinture. les vitraux, les meubles, la sculpture de la renaissance, en proscrira-t-on les its, i' s fabliaux comiques?

si le début de cette muse insouciante de sa nudité doil avoir besoin de chauds teurs et de bienveillants suffrages, peut-être ne nous manqueront-ils pas chez donl ; oui et la vertu ne sauraient être soupçonnés. Le libraire devait cel avertissemenl atout le monde; quant aux réserves de l'auteur, elles font partie du livre.

La Belle Imper ta avait paru pour la première fois dans la Revue de Paris du 7 juin 1831, accompagnée des deux notes suivantes; voici la première, se rapportant au titre même :

Lors du concile de Constance, l'électeur de Sa\c, voulant prendre des mesures pour la commodité, l'ordre et la subsistance des Pères de l'Église, fit dresser par Dacher, son secrétaire, une liste des personnes considérables convoquées pour régler les affaires de la chrétienté.

Suivant le père Lenfant, auquel nous devons une consciencieuse histoire de cette illustre assemblée, cette liste existait encore de son temps à la chancellerie de Vienne. Le manuscrit porte à quinze cents le nombre des courtisanes admises en ville pour la commodité, l'ordre et la subsistance des juges du pauvre Jean Hus. Notez que ces femmes étaient les plus riches, les plus helles, les plus considérées, et seulement celles d'entre les courtisanes qui parurent dignes des attentions de l'électeur. En effet, quinze cents jolies filles ne pouvaient guère suffire à la sainte population de Constance, où se trouvaient le page Jean XXIII, suivi de six cents personnes, vingt-deux cardinaux, quatre patriarches et les légats de Benoit XIII et de Grégoire XII, accompagnés de douze cents familiers. Il y avait dix-neuf archevêques, cent trente évoques, une centaine d'abbés qui s'étaient fait escorter d'environ cinq mille personnes. De plus quatorze auditeurs de rote et dix-huit secrétaires de papes avaient deux cents serviteurs. Le pape et les cardinaux avaient deux cent soixante-treize procureurs. Le nombre des simples prêtres montait à dix-huit cents, sans compter les bedeaux et autres petits officiers ecclésiastiques. Il s'y trouvait encore cent soixante et douze docteurs, avec mille personnes de suite. Jean Hus vint avec huit docteurs et deux procureurs. Toutes les universités envoyèrent des représentants.

Cet aperçu des principaux députés du clergé européen est un succinct extrait du personnel. Les détails seraient fastidieux.

Quant aux séculiers, outre l'empereur, les électeurs, princes, ducs, marquis, margraves, burgraves, et un nombre effrayant de comtes et de barons, il y avait cent seize ambassadeurs et leurs gens, seize cents gentilshommes, trois mille officiers et une garnison de deux mille soldats. Le père Lenfant estime que la population étrangère à la ville de Constance fut de cent mille âmes pendant toute la durée du concile. (Voyez page 51, édition d'Amsterdam, Pierre Humbert, 1714.)

(Note de l'Auteur.)

La seconde note se rattachait au mot « Paris », ligne 6, page 15, de l'édition définitive :

La maladie dont il est ici question était une espèce de choléra-morbus, nommé trousse-galant dans quelques vieux auteurs. Les symptômes décrits par les historiens se rapportent en effet à ceux du choléra-morbus qui règne en ce moment. La coqueluche dépeupla l'Europe au xive siècle. Dans l'année 1 ilO-1417, je crois, elle avait presque décimé Paris. (Note de l'Auteur.)

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L'idée première de la Belle Impéria se trouve dans l'Archevêque (voir tome \\, page 21).

Le deuxième dizain, publié aussi chez Gosselin en un volume in-8°, en juillet 1833, porte [a mention « Achevé en janvier 1833 », tandis que l'épilogue rectifie cette affirmation et constate qu'il ne fut terminé qu'en juin. Il contient :

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