‹ Histoire des œuvres de H. de BalzacChapitre 129 sur 217 · CONTES BRUNS · texte numérisé non relu

CONTES BRUNS

Un volume in-S", orné de vignettes; chez Urbain Canel et Guyot. Prix: T fr. .50.

Ils étaient trois, avec de l'esprit comme quatre ; trois anonymes, ayant nom Chasles, Balzac et Rabou, qui avaient fait des contes. Ils les appelèrent bruns, sans doute pour satisfaire aux lois de la couleur locale. Restait à présenter les trois chefs sous le môme bonnet : on signa d'une tète à l'envers ; puis, de cette réunion de travaux épars, dont chacun des auteurs ne dut faire qu'une bouchée, il est résulté pour le public un délicieux morceau de littérature, un volume à forme bizarre, à détails attachants, parfumé de ce cynisme de bon goût qu'il n'appartient qu'à la supériorité d'afficher.

Tout d'abord félicitons MM. des Contes bruns de n'avoir point glissé dans quelque coin de leur titre le mot fantastique, programme vulgaire d'un genre encore dans toute sa nouveauté, il est vrai, mais qu'on a déjà trop usé, par l'abus du nom seulement. Et cependant, si jamais conditions d'un pareil titre ont été remplies quelque part, certes, c'est bien dans le volume dont nous nous occupons : œil sans paupière, corps sans bras, tète sans propriétaire, détails d'une existence dans l'autre monde ; voilà, je crois, du genre fantastique, ou je ne m'y connais pas.

C'est précisément ce qui fait de ce livre une source d'émotions à part, de plaisir souvent inconnu ; car, plusieurs des créations qu'on y trouve étant neuves comme

DES ŒUVRES DE BxVLZAG. 237

toute idée sans règles ni entraves, elles excitent un charme affranchi de toute comparaison.

Cependant, parmi beaucoup d'incroyables aventures, il en est au fond historique desquelles on ne peut s'empêcher d'ajouter foi, à cause de l'accent de précision et do vérité qui distingue leur récit. Tel nous a paru le Grand cVEspagne, dont les vingt pages valent tout un volume ; narration ravissante, si le fait est vrai ; petit chef-d'œuvre d'imagination, s'il a été créé à plaisir, pour empêcher de dormir ceux qui le liront au lit.

Quant aux éloges que méritent les Contes bruns, un fait nous en dispense c'est l'apparition de leur seconde édition sous peu de jours.

Nous terminons en mettant sous les yeux de nos lecteurs une des vignettes du nouvel ouvrage. Elle représente Muirland, tant soit peu décontenancé des regards amoureux de sa fiancée sans paupières... C'est encore une, production sortie de l'atelier de M. Cherrier.

CXIII. Le Refus , scène de V histoire de France. Ce récit parut pour la première fois en mai 1832 dans le Saphir, morceaux inédits de littérature moderne, par divers auteurs, un volume in-18, chez Urbain Canel et Adolplie Guyot.

CXIV. Ave?ilures administratives d'une idée heureuse. De cet ouvrage, qui devait faire partie des Études philosopJiiques, il n'a été mis au jour que ce fragment, publié en 183Zi dans les Causeries du mo?i6/e^ journal-livre, dirigé par madame Sophie Gay.

CXV. Les Martyrs ignorés, fragment du Phédon d'aujourd'hui. Ce récit parut pour la première fois en 1837 dans le tome XII de la quatrième édition des Études philosophiques, et fut replacé par Balzac, en I8/18, à la suite de la première édition de la Dernière Incarnation de Vautrin. Il contient tout ce qui a été publié d'Ecce Homo dans la Chronique de Paris du 9 juin 1836, moins Tintroduction (voir tome XXII, page 489); ce fragment commence ligne 1, page 375, et finit ligne 5, page 386. Cette étude philosophique d'Ecce Homo préoccupa toujours Balzac, et nous la trouvons encore annoncée en 18/j8, parmi les publications promises au journal V Événement, promesse que la mort ne permit pas à l'auteur de tenir.

CXVI. La Filandière. Ce conte, écrit en 1837, et qui, nous Tavons déjà dit, était destiné aux Contes drolatiques, dizain des imitations, parut pour la première fois, inédit, dans la Revue de Paris, numéro d'octobre 1851.

CXVII. Tony sans-soin. Bluette publiée pour la première fois, en janvier I8/10, dans le Livre des petits enfants, un volume in-12, chez Hetzel, par divers auteurs.

GXVIII. Une Rue de Paris et son Ilabilant. Ce morceau, publié d'origine dans le Siècle du 28 juillet i8Zi5, y formait le premier chapitre d'une série intitulée Études de mœurs, dont nous avons déjà indiqué les autres chapitres. Il parut pour la première fois en volume en 18Zi8, après la première édition de la Dernière Incarnation de Vautrin, dont il termina aussi la première édition in-12, un volume chez Giraud et D agneau, 1832.

Essais analytiques.

GXIX. Étude de mœurs par les gants. La Silhouette, 9 janvier 1830.

CXX. Complaintes satiriques sur les mœurs du temps présent. La Mode, 12 février 1830. Parut accompagnée de cette note :

Nous avons obtenu de l'auteur de la Physiologie du marige l'assurance qu'il nous donnerait, sous ce titre, une suite d'articles sur les mœurs depuis la Restiauration. Le Rédacteur.

Pourtant cet article n'a jamais été suivi d'aucun autre.

Page 1