‹ Histoire des œuvres de H. de BalzacChapitre 174 sur 217 · si'i»toml)ro 1H · texte numérisé non relu

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Il nous est arrivé d'amuser nos lecteurs en leur rapportant les singulières interprétations données à nos croquades par quelque flâneur arrêté devant les carreaux d'Aubert. Nous avons entendu l'explication que nous allons reproduire. Elle est très-loin, sans doute, du sens que les auteurs ont attaché à leur dessin ; mais il faut avouer que les erreurs de costume lui prêtent une apparence de vérité qui a pu tromper quelques personnes.

«( Oh ! le beau Jupiter, disait le cicérone ! comme il est gras ! quel bel homme ! c'est la Flatterie qui lui verse l'ambroisie.

Apollon chante à ses pieds. L'artiste a peut-être pensé à M. Viennet; ce qui le prouverait, c'est la cigale qu'on décernait aux mauvais chanteurs, et que je vois près de lui.

Le beau Neptune tient son trident (ou sa tricanule) comme un maréchal de France tiendrait son bâton.

Thémis a l'œil de M. Bart... C'est bien lui qu'on a voulu faire, car sa balance n'a qu'un plateau.

Cette tète de veau que nous voyons sur l'autre plan, qui est-ce? Parbleu! c'est Bacchus, l'amphitryon des centres, c'est Girodinde.

Plus loin, le Moniteur répand ses pavots sur le monde. Excellente image de la nuit!

Assis sur un canon, le dieu Mars brandit un cierge de procession. • Et les Furies secouent, l'une ses mandats de saisie; c'est la bête noire de la presse, la Furie aux bouquets; l'autre, son triangle d'acier, son fer de guizotine : c'est la Furie doctrinaire.

Ici, le dieu Pan, le dieu potager, souffle tranquillement dans son chalumeau ; il a seulement l'air de souffler avec le nez, mais cela n'ôte rien à sa grâce naturelle.

Vulcain-Périgord forge des chaînes et des protocoles; il est assis sur les filets dont il entortille le monde; il a l'air de se reposer sur ses lauriers. Une fleur de lis est tatouée sur son bras droit : si nous pouvions voir le bras gauche, nous y trouverions sans doute un bonnet rouge.

Sur le devant, ce petit dieu qui s'enfuit, c'est Mercure qui vole des pieds et des mains. Sa figure, d'un tiers trop petite, exprime bien le goût des affaires d'argent.

L'Amour du Juste-Milieu est un monstre aveugle, qui traîne un carquois chargé des traits pesants du Nouvelliste et du Journal de Paris.

Dans le coin, une Vénus nous peint la corruption. Elle tient et caresse sur ses genoux Némésis désarmée et accompagnée ae plusieurs autres.

Un vieil abbé enrichi figure l'Avarice.

La Discorde tient sa poit'e à la main.

La Cupidité, appuyée sur le temple des agioteurs, sourit à l'espoir d'une hausse ou d'une baisse qu'elle prépare.

Sébastiani est dignement remplacé par un paon. C'est un intérim dont personne ne s'apercevra.

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Momus, le pauvre Monms, n'est pas prodigieusement gai ; il ressemble h M. Dupin, indécis s'il acceptera ou refusera un portefeuille. Sa marotte, c'est un soulifT avec lequel il croit avoir sauvé le monde... ^

Cet homme ou plutôt ce dieu, aux formes athli'tiquf*s, c'est Hercule. Il est revêtu de sa peau de lion et s'appure sur une lourde massue qui porte cette inscription : Discours.

La tremblante Paix est reconnaissable par son rameau, par le lièvre, symbole (le la frayeur, et par son air humble et suppliant.

Dans le fond, Saturne, le Temps, détrôné par son fils, émigré en emportant la meilleure des républiques. Ce diou se retire aux I^tats-l'nis. (Ne serait-ce pas Lafayette ? )

Le Zodiaque est un(; manière comique de nous rappeler qu'en juin, la Balance penchait; rpien juillet, le Lion dormait ; que nous marchions h reculons en août, et qu'en septembre nos dieux n'ont encore pris aucun parti.

Mais ce que j'aime le mieux, disait toujours l'orateur du trottoir, c'est l'aiiile bâtard et ses foudres, c'est Cerbère, agent de police, qui garde l'enfer des patriotes, et, surtout, c'est le siège de la Sagesse, qui reste vacant dans l'Olympe de nos dieux. »

Or, nous n'avons pas besoin d'ajouter que rien de tout cela n'a été dans notre pensée. Nous n'avons voulu faire ({u'un pur crocjuis d'imagination

'27 septepljre 1832.

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