‹ Histoire des œuvres de H. de BalzacChapitre 43 sur 217 · Dieu fait les dénouements · texte numérisé non relu

Dieu fait les dénouements

faut y ajouter : Histoire des Treize (les deux premiers épisodes seulement), 1 vohim©, chea

lo môme éditeur, 1839.

Troisième édition. Tome IX à XII de la première édition de la Comédie humaine. Quatre volumes in-S». chezFurne, Dubochetet Hetzel, 1843-1846. Contenant : — Tome l (1843). Histoire desTreize. Le Père Goriot. — Tome II (1844). Le colonel Chabert (la Comtesse à deux maris; la Transaction). Facino Cane (le Père Canet). la Messe de l'athée. Sarrazine. L'Interdiction. César Qirotteau (Grandeur et décadence de). — Tome III (1814). La Maison Nucingen. Pierre Grassou. Les Secrets de la princesse de Cadignan (une Princesse parisienne). Les Employés ou la Femme supérieure. Splendeurs et misères des courtisanes : 1° Esther heureuse (la Torpille). 2° A combien l'amour revient aux vieillards (Esther). — Tome IV (1846). Splendeurs et misères des courtisanes: 3° Où mènent les mauvais chemins (une Instruction criminelle; un Drame dans les prisons). Un Prince de la bohème (les Fantaisies de Claudine). Esquisse d'homme d'affaires (les Roueries d'un créancier). Gaudissart II (un Gaudissart do la rue Richelieu). Les Comédiens sans le savoir (le Provincial à Paris). Le volume est terminé par les Scènes de la Vie politique. (Voir plus loin).

Elle était accompagnée d'une note (voir tome XXII, page 393], et se terminait par le fragment suivant qui ne se trouve que dans cette édition et celle de Charpentier, 1839; après les mots : « Te voilà sage ; désormais aie des passions, mais de l'amour, » on lisait :

— Fi.,..

— C'est de la niaiserie ! dit Henri de Marsay. Il ne faut l'introduire en nous que comme une drogue qui, à certaine dose, augmente le plaisir. Autrement, autant lire Kant, Fitche, Schelling ou Hegel et autres farceurs.

— Voilà un homme ! s'écria RonqueroUes en frappant sur l'épaule de Marsay.

— Oui, ça n'a été pour moi qu'un poëme ! dit Montriveau lorsque les tournoiements de l'onde s'effacèrent dans le sillage du brick.

— On t'accorde le poëme, pour satisfaire à ce qui te reste de faiblesse humaine, camarade, dit de Marsay en lâchant avec grâce la fumée de son cigare. Ta duchesse !.. je l'ai connue. Elle ne valait pas ma Fille aux yeux d'or. Et cependant je suis sorti tranquillement un soir de chez moi pour aller lui plonger mon poignard dans le cœur. Tu n'étais pas encore des nôtres !

Balzac enleva toutes les divisions de cette partie et lui donna pour la première fois le titre de la Duchesse de Langeais, qu'elle a gardé depuis, dans l'édition de Charpentier in-12, 1839, qui ne contient que les deux premiers épisodes de VHistoire des Treize. Ce n'est qu'en 18/i3 qu'il enleva la note de cet épisode et y mit une dédicace, dans le tomel de la troisième édition des Scènes de la Vie parisienne (première édition de la Comédie humaine, tome IX).

Le troisième et dernier épisode : la Fille aux yeux d'or, annoncé d'abord sous le titre de la Femme aux yeux rouges, parut inédit en volumes en 183A-1835, dans les tomes III et IV de la première édition des Scènes de la Vie parisienne, accompagné d'une note datée de Meudon, 6 avril 1835 (voir tome XXII, page 39Zi). Cette version était divisée en trois chapitres dont le premier seul. Physionomies parisiennes, daté de Paris, 15 mars iSSli, parut à la fin du tome III, en mars 183A, précédé de cette épigraphe :

Tout mouvement exorbitant est une sublime prodigalité d'existence. {Traité complet de la vie élégante^ théorie de la démarche; ouvrage inédit de l'auteur.)

Quant aux deux autres : Singulière bonne fortune et la Force du sang, datés de Meudon, 6 avril 1835, ils ouvrirent le tome IV, en juin 1835. Le premier chapitre de cet épisode, dont la fin coïncide dans l'édition actuelle avec la ligne 31 de la page 27G, contient des frag-

ments de deux articles de Balzac, publiés antérieurement; Tun : le Petit mercier, qui va de la ligne 20 page 253, à la ligne 17 page 255, parut dans la Caricature û.\x 16 décembre 1830; mais il est réimprimé si différemment, que nous avons cru bien faire d'en conserver la version primitive dans les Œuvres diverses (voir tome XXIII, page 213); l'autre, les Jeunes geyis de Paris, parut en 183/i dans le tome IV du Nouveau Tableau de Paris au xix« siècle, sept volumes, par divers, chez Madame Charles Béchet, 183Zi-1835. Ce dernier morceau est incomplet dans la Fille aux yeux d'or ; il va dans la présente édition de la ligne 15 de la page 269, à la ligne 5 de la page 272, où, après les mots « sans avoir un sou «, on lisait dans le Nouveau Tableau de Paris :

Il existe encore certains béjaunes qui arrivent de province, et auxquels les jeunes gens à la mode apprennent l'art d'écorner proprement une succession. Ces écervelés périssent à Paris s'ils ne se réservent pas un dernier gâteau à manger dans leur province, quelque établissement certain. Malheur à ces héritiers, passés sans transition de leurs maigres cent francs par mois à toute la fortune paternelle, s'ils n'ont pas assez d'esprit pour s'apercevoir que l'on se moque d'eux. « C'était un pauvre garçon ! » est l'oraison funèbre destinée à ces infortunés qui viennent découvrir à Paris, moyennant quelques billets de mille francs, la valeur exacte des harnais, l'art de ne pas trop respecter ses gants, y entendre de savantes méditations sur les gages à donner aux gens, et chercher quel forfait est le plus avantageux à conclure avec eux. Après un an ou deux, ils savent parler en bons termes de leurs chevaux, de leur chien des Pyrénées ; ils peuvent reconnaître, d'après la mise, le marcher, le brodequin, à quelle espèce appartient une femme; jouer l'écarté, retenir quelques mots à la mode, et conquérir, par leur séjour dans le monde parisien, l'autorité nécessaire pour importer plus tard en province le goût du thé,- l'argenterie à forme anglaise, et se donner le droit de tout mépriser autour d'eux pendant le reste de leurs jours.

Presque toujours ces pigeons, attirés dans la grande maison de prostitution appelée Paris, y choisissent un parrain parmi les jeunes gens à la mode, et, coniMic une corvette timide qui se tient dans les eaux d'une frégate, ils en suivent les mouvements avec la ferveur d'un élève qui n'en est qu'à copier des nez ou des bras. Le parrain, lui, prend son pigeon, son béjaune, sa corvette, son élève en amitié pour s'en servir dans le monde, comme un hardi spéculateur se sert d'un commis de confiance. L'amitié fausse ou vraie de leur parrain est pour ces niais une position sociale, et ils se croient déjà forts en exploitant à leur manière leur ami intime. Ils vivent dans le reflet de leur ami, se mettent constamment sous son parapluie, ils on chaussent les bottes, et se dorent à ses rayons. En se posant près de leur parrain ou môme en marchant à ses côtés, ils ont l'air de dire : « Ne nous insultez pas ! nous sonmies doux vrais tigres ! » Souvent ils se permettent de dire avec fatuité : « Si je dcmanda.'s telle ou telle chose à un tel, il est assez mon ami poiu* le faire...»

Mais ils ont soin de ne jamais rien demander à un tel. Ils le craignent, et, quoique imperceptible, la crainte que témoigne le pigeon réagi sur les autres, et

sert à un tel.

— C'est un fier homme que un tel, dit le pigeon. Ha ! ha ! vous verrez, il sera ce qu'il voudra être. Je ne m'étonnerais pas de le trouver un jour ministre des aifaires étrangères. Rien ne lui résiste.

Puis le pigeon fait de un tel ce que le caporal Trim faisait de son bonnet, un enjeu perpétuel.

— Demandez à un tel, et vous verrez !

Ou bien : « L'autre jour, nous chassions, un tel et moi ; il ne voulait pas me croire, j'ai sauté un buisson sans bouger de mon cheval ! »

Ou bien : « Nous étions, un tel et moi, chez des femmes, et, ma parole d'honneur, j'étais, etc. »

Un beau jour, si vous demandiez à un tel s'il connaît M. Paul de Manerville, l'héritier débarqué, un tel le définirait ainsi : « Vous me demandez ce que c'est que Paul? Mais Paul... c'est Paul de Manerville ! »

Parmi les jeunes gens à la mode, il s'est formé, depuis la révolution de Juillet une secte nommée la secte des négateurs. Le négateur est celui qui, ne sachant rien, nie tout pour en finir avec toute espèce de choses. Là où l'ignorant fait une tache, le négateur fait un trou. Il nie le gouvernement, il. nie la légitimité, il nie Philippe, il nie Henri, il ne nie pas Dieu, parce que pour lui Dieu n'existe pas ; il ne nie que ce qui existe ; il nie la liberté, il nie la république, il nie l'aristocratie, il nie le peuple, il nie la science, il vous nie la négation ; seulement, il ne nie pas le niais; acte d'humilité dont il faut lui tenir compte.

Les sécateurs sont une secte qui s'est formée pour contrecarrer les négateurs. Le sécateur tranche, affirme ; avec lui tout existe. Il dit : « Vous êtes un sot, » là où le négateur dit : « Vous n'êtes rien du tout. » Le sécateur est généralement plus riche, plus impertinent, plus spirituel que ne l'est le négateur. Nier est une impuissance, affirmer est l'abus de la force. L'un agit, l'autre proteste.

Quand un sécateur et un négateur se rencontrent, la conversation marche assez bien ; et, s'ils sont gens de bonne compagnie, il n'y a pas de duel ; mais, s'il survient des seconds, ils ne s'entendent plus, parce que deux négations font une affirmation, et ils s'embarrassent au point de dire quelque chose de juste qu'il est cependant assez difficile de deviner à cause des opérations algébriques qu'il faut faire pour soustraire les fausses quantités ; aussi quelques étrangers qui savent le français, sont-ils fort étonnés quand ils se trouvent sous les feux croisés d'une batterie négatrice liJpondant à l'artillerie sécatrice.

Néanmoins, croyez-moi, je vous affirme qu'il existe entre ces deux termes des jeunes gens qui ne sont rien, qui semblent n'avoir été créés que pour porter des pantalons, et qui ont beaucoup de succès auprès des femmes, précisément parce qu'ils portent des pantalons.

En 18/i3, l'auteur enleva la note de cette partie, et la dédia pour la première fois dans le tome I de la troisième édition des Scènes de

la Vie parisienne (première édition de la Comédie humaine, tome IX). Voir la préface de la première édition des Scènes de la vie parisienne, datée de Paris 30 août 1835, tome XXII, page 391.

XLI. Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau, daté de Paris, novembre-décembre 1837. Dédié à Alphonse de Lamartine. Cet ouvrage, destiné d'abord à former les tomes V à X de la quatrième édition des Études philosophiques, parut inédit en décembre 1837, daté de 1838, deux volumes in-8° chez l'éditeur, 5 rue Coq- Héron, c'est-à-dire au bureau du Figaro d'alors, qui, de moitié avec l'Estafette, donnait cet ouvrage en prime à ses abonnés. Il était précédé d'une préface (voir tome XXII, page /i95), et divisé comme suit :

l'^ partie : César à son apogée.

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