Un malentendu
et fut placé enfin en 18Zi6 dans la première édition des Scènes de la Vie militaire (première édition de la Comédie humaine, tome XllI).
Scènes de la Vie politique.
LVII. Un Épisode sous la Terreur, daté de Paris, janvier 1831. Dédié à M. Guyonnet-Merville. Ce récit parut pour la première fois en
madanie Houssiaux, 1855. Contient : — Tome XII. Un Épisodesous la Terreur. Une Ténébrouse Affaire. Z. Marcas (la Mort d'un ambitieux). L'Envers de l'histoire contemporaine. I. I.a Femme de soixante ans. — Tome XVIII. L'Envers de l'histoire contemporaine .IL L'Initié.
Scènes de la Vie militaire. Première édition. Tome XIII de la première édition de la Comédie humaine. Un volume in-8", chez Furne, Dubochet et Helzel, 1845. Contient : — Les Chouans (le dernier Chouan). Une Passion dans lo désert. Le volume est terminé par les Scènes de la Vie de campagne.
Scènes de la Vie de campayne, première édition, fin du tome XIII de la première édition do la Comédie humaine, un volume in-S", chez Furne, Dubochet et Hetzol, 1845, et tome XVIII des œuvres de Balzac, premier volume complémentaire de la première édition de la Conicdie humaine, un volume in-S», chez madame Houssiaux, 18J5. Contient : — Tome XUI. Le Médecin de campagne. Le Curé de village. — Tome XVIII. Les paysans.
1830, formant Tintroduction des il/moires de Sansonsur la révolution française, deux volumes in-8°, anonymes, chez Marne et Delaunay, dont les auteurs étaient Balzac et Lhéritier de TAin (voir aux Œuvres diverses les Souvenirs d'un Paria, qui forment la part de collaboration de Balzac dans ces volumes). Nous retrouvons pour la première fois ce récit dans les œuvres de son auteur en 18Zi5, à la fin du tome IV de Modeste Mignon; il fut aussi publié vers cette époque chez Janet, dans le Royal Keepsake, sous le titre à'uiie Messe en il93, et il entra enfin en 18Zi6, daté et dédié, dans la première édition des Scènes de la Vie politique (première édition de la Comédie humaine, tome XII). Dans toutes ces dernières versions, la fin est changée; voici ce qu'on lisait primitivement, après Pavant-dernière ligne de la page 3Zi3, qui se termine par ces mots : « Collation préparée » :
Jusqu'à ce que le culte catholique eût été rétabli par le premier consul, la messe expiatoire se célébra mystérieusement dans le grenier.
Quand les religieuses et l'abbé purent se montrer sans crainte, ils ne revirent plus l'inconnu. Cet homme resta dans leur souvenir comme une énigme.
Les deux sœurs trouvèrent bientôt des secours dans leurs familles, dont quelques membres obtinrent d'être radiés de la liste des émigrés. Elles quittèrent leur asile , et Bonaparte, exécutant les décrets de l'Assemblée constituante, leur assigna les pension-s qui leur étaient dues. Elles rentrèrent alors au sein de leurs familles et y reprirent leurs habitudes monastiques.
Le prêtre, qui, par sa naissance, pouvait prétendre à un évêché, resta dans Paris, et y devint le directeur des consciences de quelques familles aristocratiques du faubourg Saint-Germain. La famille de M... lui prodigua les soins d'une touchante hospitalité. Si, au bout de quelques années, il ne perdit pas le souvenir de l'aventure à laquelle il devait la vie, du moins il n'en parlait plus, occupé qu'il était des graves intérêts que le règne de Napoléon soulevait alors.
Vers la fin du mois de..., de l'année 180..., les parties de whist venaient définir dans le salon de M. de M***, et, après le départ de quelques personnes, il ne se trouvait plus autour du feu, vers onze heures et demie du soir, que deux ou trois amis intimes de la maison.
Après avoir commencé à parler de Napoléon, ces anciens gentilshommes osèrent se communiquer leurs regrets sur la chute du trône légitime. Insensiblement, la conversation roula sur les malheurs de la Révolution. Tous les assistants avaient émigré. Dans cette discussion souvent le vieil abbé de Marelles redressait quelques erreurs et prenait la défense de plus d'un révolutionnaire, non sans re-^arder avec attention autour de lui, comme pour s'assurer que les séditieuses paroles de ses interlocuteurs et les vœux monarchiques de deux ou trois vieilles femmes n'étaient point entendus par les oreilles que la police de Fouché clouait à toutes les murailles.
La prudence de l'abbc oxcita quelques moqueries, et l'on finit par le prier de
raconter, pour deux ou trois personnes qui ne connaissaient pas ses aventures, les circonstances bizarres à la faveur desquelles il avait (échappé aux massacres de septembre et à la Terreur.
— J'ai été placé plus près que vous de la Révolution, de sorte que je crois ôtre mieux à même de la juger, dit l'abbé de Marolles. Je suis resté pendant toute la Terreur enfermé dans un petit réduit où je me réfugiai le 3 septembre...
Après cet exorde, l'abbé raconta les détails de son arrestation et ceux de la terrible journée du 2 septembre 1792. Le récit des massacres et celui de son évasion firent moins d'impression que l'aventure mystérieuse dont les principales circonstances viennent d'être rapportées.
Quoique Tabbé de Marolles fût bien vivant et devant elles, les personnes qui composaient l'auditoire ne purent s'empêcher de frémir quand le prêtre leur peignit l'angoisse à laquelle il avait été en proie en écoutant monter, sur les minuit, l'inconnu auquel il avait si imprudemment promis de dire la messe, en janvier 1703. Les dames respiraient à peine, et tous les yeux étaient fixés sur la tête blanche du narrateur.
Une des douairières tressaillit et jeta un cri en entendant le bruit d'un pas lourd et pesant qui retentit en ce moment dans le salon voisin. Un laquais arriva jusqu'au cercle silencieux formé par la société devant l'antique cheminée.
— Que voulez-vous, Joseph? demanda brusquement M. de M*** à son domestique.
— Il y a dans l'antichambre une personne qui désire parler à M. de Marolles, répondit-il.
Tout le monde se regarda, comme si ce message avait rapport au récit de l'abbé.
— Informe-toi du motif de sa visite, sache de quelle part il vient, dit M. de Marolles à Joseph.
Ce domestique s'en alla, mais il revint sur-le-champ.
— Monsieur, répondit-il à l'abbé, ce jeune homme m'a prié de vous dire qu'il est envoyé par celui qui vous a remis une relique en 1793...
Le prêtre tressaillit, et cette réponse excita vivement la curiosité des personnes qui savaient l'histoire de la messe mystérieuse. Chacun semblait pressentir, comme l'abbc, que le dénoûmcnt de cette aventure était prochain.
— Comment, lui dit madame de M**% vous allez suivre, à cette heure, un inconnu?... Au moins questionnez-le..., sachez pourquoi...
Ces observations parurent d'autant plus sages que chacun désirait voir le messager.
L'abbé fit un signe, et le laquais alla chercher l'inconnu. Les dames virent entrer un jeune homme de très-bon ton, et qui leur parut avoir de fort bonnes manières. 11 était décoré de la croix de la Légion d'honneur. Toutes les inquiétudes se calmèrent.
— Monsieur, lui dit l'abbé de Marolles, puis-je savoir pour quel motif la personne qui vous envoie me fait demander à une heure aussi indue?... Mon âge ne m permet pas...
L'abbé s'arrêta sans achever sa phrase.
Le jeune homme, ayant attendu un moment comme pour ne pas interrompre le vieillard, lui répondit :
— Cette personne, monsieur, est à l'extrémité, et désire vous entretenir.
Le prêtre se leva tout à coup et suivit le jeune ambassadeur, qui fit à la compagnie un salut empreint de cette grâce sans apprêt, fruit d'une éducation soignée.
L'abbé de Marelles trouva auprès du perron de l'hôtel une voiture dans laquelle le jeune homme était probablement venu. Le trajet fut très-long, car l'abbé traversa presque tout Paris. Quand il arriva au pont Neuf, il essaya d'entamer la conversation avec son compagnon, qui gardait un profond silence.
■ — Vous êtes peut-être le fils de la personne chez laquelle nous nous rendons? demanda-t-il.
— Non, monsieur, répondit l'inconnu; mais il m'a rendu de tels services, que je puis le regarder comme mon second père...
— Il paraît qu'il est très-bienfaisant? reprit l'abbé.
— Oh ! monsieur. Dieu seul peut savoir les services qu'il a rendus. Quand a ce qui me regarde, il a sauvé ma mère de l'échafaud, la veille du 9 thermidor...
— Je lui dois aussi] beaucoup !... dit l'abbé. — Mais vous le connaissez?... ajouta-t-il.
— Oui, répondit le jeune homme. Et l'inflexion traînante avec laquelle il prononça ce mot marquait un étonnement profond.
Alors les deux voyageurs gardèrent mutuellement le silence. L'inconnu avait compris que l'abbé ignorait le nom de l'homme chez lequel ils se rendaient; et, respectant un secret qui ne lui appartenait pas, il se promettait de ne pas le trahir. De son côté, M. de Marolles avait deviné, au seul accent de la voix de son compagnon, qu'il y avait un mystère à découvrir là où il allait, mais que son compagnon serait discret.
L'ecclésiastique chercha une question insidieuse à faire; mais ils arrivèrent avant qu'il l'eût trouvée, car c'est souvent quand on veut avoir de la finesse et de l'esprit, qu'on en a le moins. Le vénérable prêtre voulut voir, dans l'infirmité de son moral, une sorte de châtiment de l'intention malicieuse et de la curiosité qu'il avait eues.
La voiture s'arrêta dans une rue assez déserte et devant une maison de peu d'apparence. Le jeune guide de l'ecclésiastique lui fit traverser un jardin qui se trouvait derrière le corps de logis bâti sur la rue, et ils parvinrent ensemble h une petite maison. Ce bâtiment avait un air de propreté qui annonçait une certaine aisance. L'abbé monta un escalier assez élégant et entra dans un appartement très-bien décoré.
Il trouva dans le salon une famille en pleurs. A l'aspect des oDjets d'art épars autour de lui, il ne douta pas qu'il ne fût chez un homme riche. Il aperçut un piano, des tableaux, des gravures et des meubles fort beaux. Il fut salué silencieusement et avec respect. Son jeune introducteur, qui s'était empressé d'aller dans la chambre voisine, revint lui annoncer que rien ne s'opposait h ce qu'il remplît les tristes et consolantes obligations que lui imposait son ministère.
Un mouvement de curiosité involontaire s'empara de l'abbé. En se dirigeant
vers la chambre funèbre, il présuma que dans ce moment il allait pénétrer le mystère dont l'inconnu s'était enveloppé jadis. A l'approche du prêtre, le moribond fit un signe impérieux à ceux dont il était entouré, et trois personnes sortirent de la chambre.
Le vieux prêtre, s'attendant à des aveux intéressants, demeura seul avec son pénitent. Une lampe éclairait d'un jour doux le lit où gisait l'inconnu, de sorte que l'abbé put facilement reconnaître en lui son ancien bienfaiteur. Il paraissait calme, résigné, et fit signe à l'ecclésiastique de s'approcher.
— Monsieur, lui dit-il d'une voix affaiblie, je crois être en droit de réclamer de vous un service que je regarde comme important pour moi, et qui ne vous obligera, j'espère, à aucun devoir pénible.
Là, il s'interrompit pour prier le prêtre de prendre un paquet soigneusement cacheté qui se trouvait sur une table.
— Ces papiers, reprit-il, contiennent des observations et des documents qui ne doivent être appréciés que par une personne d'honneur, de probité, et qui n'appartienne pas à ma famille. Le zèle, des considérations d'orgueil ou des tentations qu'on ne saurait prévoir, peuvent abuser des cœurs intéressés à la mémoire d'un père, d'un ami, d'un parent. Mais, en vous les confiant, je crois les remettre à la seule personne que je connaisse en état d'apprécier ces écrits à leur juste valeur. J'aurais pu les brûler; mais quel est l'homme, si bas que l'ait placé le sort, qui ne prétende à l'estime de ses semblables?... Je vous en constitue donc le seul maître. Un jour viendra peut-être où nous pourrons être jugés ici-bas, comme je vais l'être au tribunal de Dieu ! Acceptez-vous ce fidéicommis?...
L'abbé inclina la tête en signe d'assentiment; et, après avoir appris du malade qu'il avait reçu tous les secours de la religion, il crut lire dans ses regards le désir de voir sa famille.
Alors il lui adressa quelques paroles de consolation, le gronda très-affectueusement de n'avoir pas réclamé une plus grande récompense des services qu'il lui avait rendus, puis il sortit. Deux personnes de la famille accompagnèrent et éclairèrent le vieux prêtre jusqu'à la porte où la voiture l'attendait.
Quand l'abbé se trouva seul dans la rue, il regarda autour de lui pour reconnaître le quartier où il se trouvait.
— Connaissez-vous le nom de la personne qui demeure ici? demanda-t-il au cocher.
— Monsieur ne sait pas d'où il sort?... répliqua l'homme en manifestant un étonnement profond.
— Non, dit l'abbé.
— C'est la maison de l'exécuteur public.
Quelques jours après cette scène, mademoiselle de Charost, qui depuis longtemps était souffrante, succomba ; et l'abbé de Marollcs rendit les derniers devoirs à sa vieille et fidèle amie. Le convoi modeste de l'ancienne religieuse de l'abbaye de Chcllos rencontra dans la rue des Amandiers un autre convoi, à la suite duquel il marcha.
Au détour que les enterrements furent obligés de faire au bout de la rue des Amandiers, l'abbé de Marolles, mettant, par curiosité, la tête à la portière de son carrosse noir, remarqua un concours immense de peuple suivant à pied un corbillard très-simple qu'il reconnut pour être celui des pauvres. En mettant pied à terre , l'abbé , obéissant à la voix d'un pressentiment assez naturel , voulut apprendre le nom d'une personne qui paraissait si vivement regrettée. Une vieille femme lui répondit, en témoignant une affliction très-vive, que c'était M. Sanson.
En 1818, l'abbé de Marolles mourut dans un âge si avancé, que, pendant les derniers moments de sa vie, il ne conserva pas toutes ses facultés morales, de sorte que les manuscrits testamentaires de l'exécuteur dos hautes-œuvres tombèrent entre les mains de collatéraux intéressés qui en disposèrent. Comme ces écrits n'avaient d'intérêt que par leur authenticité, et qu'ils n'en pouvaient recevoir que du consentement tacite de la famille qu'ils concernaient, ils restèrent inédits jusqu'au moment où les parties intéressées furent convaincues que cette publication serait faite avec tous les ménagements réclamés par un ouvrage de ce genre. L'écriture ayant été soigneusement vérifiée, nul doute ne s'est élevé sur ces papiers de famille.
Le simple récit de ces faits historiques assez curieux, que plus d'une personne est encore à même d'attester et qui ne devaient nécessairement pas se trouver dans les Mémoires qu'on va lire, a paru former l'introduction la plus naturelle qu'ils pussent avoir.
LVin. Une Ténébreuse Affaire, daté de Paris, janvier 18/il. Dédié à M. de Margonne.' Ce roman parut pour la première fois dans le Commerce, du ili janvier au 20 février IS/il, et reparut, daté et dédié, en trois volumes in-8° chez Souverain en 18Z|3, accompagné d'une préface voir tome XXII, page 550). La version du journal était divisée en chapitres dont voici les titres, supprimés depuis :