‹ Histoire des oraclesChapitre 31 sur 112 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Oracles corrompus ' .

On corrompoit les Oracles avec une facilité qui faisoit bien voir qu'on avoit à faire à des hommes ^. La 5 Pithie Philippise, disoit Demosthene, lorsqu'il se plaignoit que les Oracles de Delphes estoient toujours conformes aux interestsde Philippe.

*Quand Cleomene ' Roy de Sparte voulut dépouiller

*Herodote, I. 6.

1. Les oracles ont pu être corrompus, et Baltus en convient {Réponse, 157): mais il remarque aussi que le chapitre de Fontenelle ne le prouve pas trop bien. Inutile d'ajouter qu'il prouve moius encore lui-même les faiblesses de la démonstration de Fontenelle.

2. « Pour répondre à cela, je vous prie de supposer un moment, que les Oracles estoient rendus par les démons. Je vous demande si dans cette supposition, on n'eust pas eu la même facilité à les corrompre ? Qui empéchoit je vous prie, la Prêtresse de Delphes de supposer des Oracles en faveur du Roy de Macédoine ?... Ne pouvoit-elle pas dire que le Dieu ou le Démon qui laposssdoit, lorsqu'elle estoit assise sur le trêpié, luy avoit fait dire telle ou telle chose quoyqu'il n'en fût rien ? Les Prophètes de l'ancienne loy tout inspirez de Dieu qu'ils estoient, ne se laissoient-ils pas corrompre quelquefois de la même manière ? Et par la complaisance qu'ils avoient pour les princes ou pour le peuple, ne leur rendoient-ils pas des réponses et des Oracles comme venant de Dieu même, quoj-qu'ils n'en vinssent pas? Ne disoient-ils pas : Voicy ce que le Seigneur dit, quoyque le Seigneur ne les eût point envoyé, comme il s'en plaint lui-même par la bouche de ses autres Prophètes plus religieux et plus fidèles que ceux-là ? Est-ce à dire pour cela que tous les autres Oracles que ces Prophètes trop complaisans rendoient, n'estoient que des fourberies et des prédictions supposées ? » Baltus, Réponse, 153-155. Suivent deux citations de Jérémie (xrv, 13, et xxiii, 16), et l'exemple du prophète de Bethel {Rois, III, xra, 18) qui rend simultanément deux oracles, l'un faux pour tromper un autre prophète, l'autre vrai, que Dieu lui avait inspiré. A fortiori donc les païens ont-ils pu faire ce que faisaient les véritables prophètes, sans qu'on puisse les accuser pour cela d'avoir toujours « fourbe ».

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