I. Van Dale, J19 sqq
tiques, vous voyez bien que la chose est encore plus aisée à expliquer. En vérité, il y avoit du superflu dans les soins que prenoient les Prestres Payens pour cacher leurs impostures. Si on estoit assez crédule et assez stupide 5 pour se contenter de leurs Songes, et pour y ajouter foy, il n'estoit pas besoin qu'ils laissassent aux autres la liberté d'en avoir, ils pouvoient se reser\'er ce droit à eux seuls, sans qu'on y eust trouvé à redire. De la manière dont ces Peuples estoient faits, c'estoiî leur faire trop 10 d'honneur que de les fourber avec quelque précaution et quelque adresse i.
I. Van Dale, 352. — « Qui nie que cela ne se soit pu faire? 11 s'agit de montrer que cela s'est fait, et d'en apporter de bonnes preuves : autrement l'on se mocque de ces possibilitez, et on renvoyé ceux qui s'en servent aux premiers principes de la Logique, pour apprendre qu'elles ne prouvent rien. » Baltus, Suite, 391. — A ce compte, en effet, « on pourra et on devra croire que Troie n'a jamais esté prise par les Grecs (comme Dion Chrysostome l'a soutenu dans son Paradoxe) ; que Busiris et Phalaris ont esté fort humains et fort raisonnables ; qu'il y a un Estât trés-florissant et très-bien policé dans l'Utopie ; et sur tout qu'il y a des hommes dans la Lune, et dans toutes les Planètes. Pourquoy ? parce que tout cela est possible, et que plusieurs Auteurs pour s'égayer, ont dit sur ce sujet, comme sur une infinité d'autres semblables, des choses qui ne sont pas hors de la vray-semblance. » Suite, 345. — Et Baltus, ne se lasse pas de répéter la même récrimination. « On diroit, en lisant leurs objections, qu'ils n'ont pas bien compris de quelle nature estoit la question dont il s'agissoit, ni quelle espèce de preuves elle demandoit nécessairement.
En effet à quoy se réduisent toutes celles qu'ils ont employées ? A des conjectures et à des suppositions entièrement dénuées d'autoritez et de témoignages. Dispute-t-on ainsi en matière d'Histoire et d'Antiquitez Ecclésiastiques ? Peut-on raisonnablement attaquer des faits bien prouvez, par de simples conjectures? A des témoignages authentiques, suffit-il d'opposer des suppositions et des possibilitez imaginaires? En un mot, peut-on entreprendre de prouver qu'une chose ne s'est pas faite, en montrant précisément qu'elle a pu ne pas se faire ; ou qu'elle s'est faite, en prouvant d'une manière vague, qu'absolument parlant elle a pu se faire ? Et quand ces sortes de conjectures et de possibilitez auroient quelque force en elles-mêmes, en auroient-elles dans la question dont il s'agit, contre une foule de témoignages et d'autoritez expresses ? Voilà néanmoins de quelle manière l'Auteur des Remarques, et Mr. Bernard se sont comportez : l'un pour justifier le paradoxe de Mr. Van Dale ; et l'autre pour soutenir une explication qui en estoit comme l'abrégé, et que j'avois crû devoir réfuter en passant. » Baltus,
Croira t'on bien qu'il y avoit dans l'Achaïe un* Oracle de Mercure qui se rendoit de cette sorte ? Après beaucoup de cérémonies, on parle au Dieu à l'oreille, et on luy demande ce qu'on veut. Ensuite on se bouche les oreilles 5 avec les mains, on sort du Temple, et les premières paroles qu'on entend au sortir de là, c'est la Réponse du Dieu. Encore, afin qu'il fust plus aisé de faire entendre, sans estre aperçeu, telles paroles qu'on voudroit, cet Oracle ne se rendoit que le soir '.