‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 147 sur 364 · Capitolin, S · texte numérisé non relu

Capitolin, S

[An174J MARC-AURÈLE. 257

campé sur les bords du Gran, au milieu des plaines monotones de la Hongrie % il écrivit les plus belles pages du livre exquis qui nous a révélé son âme tout entière. Ce qui coûtait le plus à Marc-Aurèle dans ces lointaines guerres, c'était d'être privé de sa compagnie ordinaire de savants et de philosophes. Presque tous avaient reculé devant les fatigues et étaient restés à Rome *. Occupé tout le jour aux exercices militaires, il passait les roirées dans sa tente, seul avec lui-même. Là, il se débarrassait de la contrainte que ses devoirs lui imposaient ; il faisait son examen de conscience, et songeait à l'inutilité de la lutte qu'il soutenait vaillamment. Sceptique sur la guerre, même en la faisant, il se détachait de tout, et, se plongeant dans la contemplation de l'universelle vanité, il doutait de la légitimité de ses propres victoires : « L'araignée est fière de prendre une mouche, écrivait-il ; tel est fier de prendre un levraut; tel, de prendre une sardine; tel, de prendre

des sangliers; tel, des Sarmates. Au point de vue des

principes, tous brigands*. » Les Entretiens d!Epictète, par Arrien, étaient le livre préféré de Tempe-

Page 1