y. ci -dessus, p. 186 et suiv
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devenir le protecteur de la vérité. Dans VApologie^ ces avances sont encore plus accentuées. Méliton s'attache à montrer que le christianisme se contente du droit commun et qu'il a de quoi se faire chérir
d'un vrai Romain*.
Oui, c'est vrai, notre philbsophie a d'abord pris naissance chez les barbares ; mais le moment où elle a commencé de fleurir parmi les peuples de tes États ayant coïncidé avec le grand règne d'Auguste, ton ancêtre, fut comme un heureux augure pour l'empire. C'est de ce moment, en effet, que date le développement colossal de cette brillante puissance romaine dont tu es et seras, avec ton fils», l'héritier acclamé de nos vœux, pourvu que tu veuilles bien protéger cette philosophie qui a été en quelque sorte la sœur de lait de Tempire, puisqu'elle est née avec son fondateur, et que tes ancêtres Font honorée à Tégai des autres cultes. Et ce qui prouve bien que notre doctrine a été destinée à fleurir parallèlement aux progrès de votre glorieux empire, c'est qu'à partir de son apparition, tout vous réussit à merveille. Seuls Néron et Domitien, trompés par quelques calomniateurs, se montrèrent malveillants pour notre religion ; et ces calomnies, comme il arrive d'ordinaire, ont été acceptées ensuite sans examen. Mais leur erreur a été corrigée par tes pieux parents*, lesquels, en de fréquents rescrits, ont réprimé le zèle de ceux qui voulaient entrer dans les voies de rigueur contre nous.
4. Méliton, dans Eus., H, £., IV, xxvi, 7 et suiv. %, Ces paroles s'adressent à Marc-Aurèlu. Le fils dont il s'agit est Commode. Comp. Athénagore, Leg,, 37, 3. Adrien et Antonin>
18* ORIGINES DO CHRISTIAKISHE. [An llfi]
Ainsi, Adrien, ton aïeul, en écrivii à diverses reprises, et 90 particulier au proconsul Fundauus, gouverueur d'Asie. Et ton père, à l'époque où lu lui étais associé dans l'administration des aiïaires, écrivit aux villes de ne rien innover à notre égard, spécialement aux Larisséens, aux Tliessa- Icniciens, aux Athéniens et à tous les Grecs'. Quant à toi, qui as pour nous les mêmes sentiments, avec un degré encore plus élevé de philantliropie et de philosophie, nous :s sArs que tu feras ce que nous te demandons.
Le système des apologistes, si chaudement soutenu par Terttilllen*, d'après lequel les bons empereurs ont favoiisé ie christianisme et les mauvais empereurs l'ont persécuté, était déjà complètement éclos. Nés ensemble, le christianisme et Rome avaient grandi ensemble, prospéré ensemble. Leurs intérêt*, leurs souiïrances, leur fortune, leur avenir, tout était en commun *. Les apologistes sont des avocats, et les avocats de toutes les causes se ressemblent. On a des sntspour toutes les situations et pour tous les Il s'écoulera près de cent cinquante ans avant
is pièces attribuées à Antooin étaient apœrypties. Voir
chrél., p. 304-308. Eusèbe, IV, cb. Siii.
irtallien, Apol., S.
auteur du poème sibyllin XI-XIV énonce !■ même idée.
-36, S30-135). Tertullien, Apol., U, n'est qu'à moitié d'un
traire. 1% christianisme et l'empire sont pour lui deux
ppiMèes; cependant 1m synchronismes ne laissent pas de
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que ces invitations doucereuses et médiocremeiil sincères soient entendues. Mais le seul fait qu'elles se présentent sous Marc-Aurèle à l'esprit d'un des chefs les plus éclairés de l'Eglise est un pronostic de l'avenir. Le christianisme et l'empire se réconcilieront; ils sont faits l'un pour l'autre. L'ombre de Méliton tressaillira de joie, quand l'empire se fera chrétien et que l'empereur prendra en main la cause (c de la vérité ».
Ainsi l'Eglise faisait déjà plus d'un pas vers l'empire. Par politesse sans doute, mais aussi par une conséquence très juste de ses principes, Méliton n'admet pas qu'un empereur puisse donner un ordre injuste. On était bien aise de laisser croire que certains empereurs n'avaient pas été absolument hostiles au christianisme; on aimait à raconter que Tibère avait proposé au sénat de mettre Jésus au rang des dieux; c*était le sénat qui n'avait pas voulue La préférence décidée que le christianisme témoignera pour le pouvoir, quand il en pourra espérer les faveurs, se laisse deviner par avance. On s'efforçait de montrer, contre toute vérité, qu'Adrien et Antonin avaient cherché à réparer le mal causé par Néron et Domitien *. Terlullien et sa génération diront la même