‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 320 sur 364 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

RAISONS DE LÀ VIGTOIBB DU GHR18TI ANISMB.

C'est par la nouvelle discipline de la vie qu'il introduisait dans le monde que le christianisme a vaincu. Le monde avait besoin d'une réforme morale ; la philosophie ne la donnait pas : les religions établies, dans les pays grecs et latins, étaient frappées d'incapacité pour l'amélioration des hommes. Entre toutes les institutions religieuses du monde antique, le judaïsme seul éleva contre la corruption des temps un cri de désespoir. Gloire étemelle et unique, qui doit faire oublier bien des folies et des violences ! Les Juifs sont les révolutionnaires du i*' et du ii* siècle de notre ère. Respect à leur fièvre! Possédés d'un haut idéal de justice, convaincus que cet idéal doit se réaliser sur cette terre, n'admettant pas ces atermoiements dont se contentent si facilement ceux qui croient au paradis et à l'enfer, ils ont la soif du bien,

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et ils le conçoivent sous la forme d'une petite vie synagogale, dont la vie chrétienne n*est que la transformation ascétique. Des groupes peu nombreux d'humbles et pieuses gens, menant entre eux une vie pure et attendant ensemble le grand jour qui sera leur triomphe et inaugurera sur la terre le règne des saints, voilà le christianisme naissant ^ Le bonheur dont on jouissait dans ces petits cénacles devint une puissante attraction. Les populations se précipitèrent, par une sorte de mouvement instinctif, dans une secte qui satisfaisait leurs aspirations les plus intimes et ouvrait des espérances infinies.

Les exigences intellectuelles du temps étaient très faibles; les besoins tendres du cœur étaient très impérieux. Les esprits ne s'éclairaient pas, mais les mœurs s'adoucissaient*. On voulait une religion qui enseignât la piété, des mythes qui offrissent de bons exemples, susceptibles d'êiie imités, une sorte de

xaToucû. n Pétri, m, 43.

S. Les inscriplioos en sont la meilleure preuve. Voir Le Blant, Inscr. chrét. de la Gaule, I, p. 472-473 : affectionis plena erga omnes homines . . • mater omnium, . . ,oh egregiam adomneê mansuetudimm. Voir les Apôires, p. 347, 320. Il est souvent difficile de distinguer par ces sorles de formules une sépulture chrétienne d*une sépulture païenne. Notez une sodalilas pudicUiœ servandœ, Spon, Mise, p. 70, n^ 4 ; Orelli^ n« 1404 ; Fa« brelti, p. 461, n<>44

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morale en action, fournie par les dieux. On voulait une religion honnête; or le paganisme ne Tétait pas. La prédication morale suppose le déisme ou le monothéisme ; le polythéisme n'a jamais été un culte moralisateur. On voulait surtout des assurances pour une vie ultérieure où fussent réparées les injustices de celle-ci. La religion qui promet l'immortalité et assure qu'on reverra un jour ceux qu'on a aimés l'em» porte toujours. « Ceux qui n'ont pas d'espérance » ^ sont bien vite vaincus. Une foule de confréries, oii ces croyances consolantes étaient professées, attî* raient de nombreux adeptes. Tels étaient les mystères sabauens et orphiques, en Macédoine; en Thrace*^ les mystères de Dionysos. Vers le ii* siècle, las sym* boles de Psyché prennent un sens funéraire et de-* viennent une petite religion d'immortalité, que les chrétiens adoptent avec empressement*. Les idées sur l'autre vie, hélas ! comme tout ce qui est affaire de goût et de sentiment, sont ce qui subit le plus

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