‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 38 sur 364 · Voir l*Égli$e chrétienne, p 493 et suît · texte numérisé non relu

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94 ORIGINES DC CHRISTIANISME. |Ad 16!)

contre les chrétiens venaient de précepteurs consciencieux, qui se croyaient obligés de préserver les jeunes gens confiés à leurs soins d'une propagande indiscrète, opposée aux idées de leur famille*. Les littérateurs à la façon d'^lius Aristide ne se montrent pas moins sévères. Juifs et chrétiens sont pour eux des impies qui nient les dieux, des ennemis de la société, des perturbateurs du repos des familles, des intrigants qui cherchent h se faufiler partout, à tirer tout à eux, des braillards taquins, présomptueux, malveillants '. Des hommes comme Galien', esprits pra-tiques plutôt que philosophes ou rhéteurs, montraient moins de partialité et louaient sans réserve la chasteté, l'austérité, les mœurs douces des sectaires inoiïensifs que la calomnie avait réussi à, transformer en odieux malfaiteurs*.

L'empereur avait pour principe de maintenir les anciennes maximes romaines dans leur intégrité '. C'était plus qu'il n'en fallait pour que le nouveau règne fût peu favorable à l'Église. La tradition romaine est un dogme pour Marc-Aurèle; il s'excite à

I, voyeï ci-après p. 363 et suiv.

= *-istide, 0pp., il, p. 401 et suiv., édit. Dindorf.

oulfaradj, Dyn., p. 78 [autheoticilé douteuse).

Uétam., IX, U.

■a., LXXI, 34.

[An 162) MARG-AURÈLE. ^

la verta « comme homme, comme Romain^ ». Les préjugés du stoïcien se doublèrent ainsi de ceux du patriote, et il fut écrit que le meilleur des hommes commettrait la plus lourde des fautes, par excès de sérieux, d'application et d'esprit conservateur. Ah ! s'il avait eu quelque chose de Tétourderie d'Adrien, du rire de Lucien !

Marc-Aurèle connut certainement beaucoup de chrétiens. 11 en avait parmi ses domestiques, près de lui * ; il conçut pour eux peu d'estime. Le genre de surnaturel qui faisait le fond du christianisme lui était antipathique, et il avait contre les Juifs les sentiments de tous les Romains'. Il semble bien qu'aucune rédaction des textes évangéliques ne passa sous ses yeux; le nom de Jésus lui fut peut-être inconnu; ce qui le frappa comme stoïcien, ce fut le courage des

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