‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 63 sur 364 · Ibid., H · texte numérisé non relu

Ibid., H

H. ORIGINES DC CBRISTIANISHB. [An lO:!',

ses règlements et ses lois'. La maison de l'évêque était déjà considérable; elle devait être entretenue par les fidèles à frais communs. Les idées de l'ancienne loi sur la dime et les offrandes dues aux prêtres étaient peu h. peu ramenées*. Une forte théocratie tendait à s'établir.

L'Église, en eiîel, absorbait tout; la société civile était avilie et méprisée*. A l'empereur on doit le cens et les salutations officielles, voilà, tout*. Le chrétien ainsi formé ne peut vivre qu'avec des chrétiens. Il était recommandé d'attirer les païens par le charme de manières aimables, quand on pouvait espérer qu'ils se convertiraient'. Mais, en dehors de celte espérance, les relations avec les infidèles étaient entourées de telles précautions et impliquaient tant de mépris, qu'elles devaient être bien rares. Cne société mixte de païens et de chrétiens sera impos- II est défendu de prendre part aux réjouisdes païens, de manger et de se divertir avec assister à leurs spectacles, à leurs jeux, k toutes ndes réunions profanes. Même les marchés pu-

mslit. apost,, l[, 46 et suiv. Cf. Episl. Ciein. ad J^ti-, 6,

om., m, 67.

Milil. apost., II, 25, 34, 3S.

id., II, 61.

ift., T, i3.

iU., V, «.

[An 163] MARG-AURÊLB. M

blics sont interdits, sauf en ce qui concerne Tachât des choses nécessaires ^ Au contraire, les chrétiens doivent autant que possible manger ensemble, vivre ensemble, former une petite coterie de saints^. Au uv siècle^ cet esprit de réclusion portera ses conséquences. La société romaine mourra d^épuisement ; une cau^ cachée lui soutirera la vie. Quand une partie considérable d'un État fait bande à part et cesse de travailler à Tœuvre Commune, cet ÈtéJt est bien près de mourir*

L'assistance mutuelle était la fonction capitale dans cette société de pauvres, administrée par ses évêques, ses diacres et ses veuves^. La situation du riche, au milieu de petits bourgeois et de petits marchands honnêtes, jugeant leurs affaires entre eux, scrupuleux sur leurs poids et leurs mesures^, était ditfidie, embarrassée. La vie chrétienne n'était pas faite pour lui. Un frère mourait-il, laissant des orphelins et des orphelines, un autre frère adoptait les oiphelins, mariait l'orphejine à son fils, si l'âgô s'accordait» Gela paraissait tout simple. Les riches se prétiûent difficilement à un système aussi fraternel;

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