Ibid.j VIII, 6 et suiv
La sentence prononcée contre l'incestueux avait été adoucie , ou plutôt Satan , à qui Paul l'avait livré, n'exécuta pas l'arrêt. Le pécheur continua de vivre ; on mit naïvement sur le compte d'une indulgence consentie par; l'apôlre ce qui n'était que le simple cours de la nature. On ne le chassa même pas absolument de l'église; mais on évita les relations avec lui '. Titus avait conduit toute celte affaire avec une prudence consommée et aussi habilement que l'eût fait Paul lui-même'. L'apÔtre n'éprouva jamais de joie plus vive qu'en recevant de telles nouvelles. Durant quelques jours , il ne se posséda point. Il se repentait par moments d'avoir conlristé de si bonnes âmes; puis, en voyant l'effet admirable que sa sévérité avait produit, il nageait dans
la joie'.
Cette joie pourtant n'était pas sans mélange. Ses ennemis étaient loin de céder ; la lettre les avait exaspérés, et ils en faisaient les plus vives critiques. On notait ce qu'elle avait de dur et d'injurieux pour l'Église ; on accusait l'apôtre d'orgueil et de vanterie : « Ses lettres, disait-on , sont sévères et énergiques; mais sa personne est chétivc, et sa parole