‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 1076 sur 1128 · Comp. II Cor., m · texte numérisé non relu

Comp. II Cor., m

414 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 58]

puis ceux qu'il a rendus incrédules, il les sauve à leur tour ; tout cela pour bien établir que le salut est de sa part un pur acte de miséricorde et non un résultat auquel on arrive par droit de naissance, où par les œuvres, ou par le libre choix de sa raison. Dieu ne prend conseil de personne;- il n'est l'obligé de personne; il n'a de retour h rendre à personne. « 0 profondeur des desseins de Dieu ! Que ses jugements sont insondables ! Que ses voies sont impénétrables ! Tout vient de lui, tout est par lui, tout est pour lui. Gloire à lui dans l'éternité! Amen '. »

L'apôtre, selon son usage, termine par des applications morales. Le culte du chrétien est un culte de raison % sans autre sacrifice que celui de soi-même. Chacun doit présenter à Dieu une victime pure et digne d'être favorablement acceptée \ L'esprit de l'Église doit être la modestie, la concorde, la mutuelle solidarité; tous les dons, tous les rôles y sont intimement associés. Un même corps a plusieurs membres; tous les membres n'ont pas la

■I. Rom., XI.

2. Aofixr. X«Tfe;a. Comp. I Pétri, il, 2, 5; Testam. des douze

pair., Lé\ i , 3.

3. Idées analogues chez Pliilon [De plantât. Noe, % 23, 28-31; De vicl. offer., § <-IO). et chez les esséniens (Jos., Anl., XVIll, I, 5; Philon, Quod omnis probus liber, § 12). Comp. Tliéophraste, nsfi eùaeêsîa; (Bernays, Berlin, 1866).

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même fonction , mais tous ont besoin les uns des autres '. Prophètes, diacres, docteurs, prédicateurs, bienfaiteurs, supérieurs, commissaires pour les œuvres de miséricorde sont également nécessaires, pourvu qu'ils portent dans leurs fonctions la simplicité, le zèle, la gaieté que ces fonctions réclament. Chanté sans hypocrisie, fraternité, politesse et prévenances, activité, ferveur, joie, espérance, patience, amabilité, concorde, humilité, pardon des injures, amour du prochain, empressement à subvenir aux besoins des saints ; bénir ceux qui vous persécutent, se réjouir avec ceux qui se réjouissent, pleurer avec ceux qui pleurent, vaincre le mal non par le mal, mais par le bien : telle est la morale, en partie empruntée aux anciens livres hébreux % que Paul prêche après Jésus'. Il semble qu'à l'époque où il écrivait cette épître, diverses Églises, surtout l'Église de Rome, comptaient dans leur sein soit des disciples de Juda le Gaulonite, qui niaient la légitimité de l'impôt et prêchaient la révolte contre l'autorité romaine, soit des ébionites, qui opposaient absolument l'un h l'autre le règne de Satan et le règne du Messie, et identifiaient le monde présent avec l'empire du

i . Comparez ci-dessus, p. 407-408.

% Prov., XXV, 21 ; Deutér., xxxii, 3o; Eccli., xxviii, i.

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