‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 1110 sur 1128 · d.^vil, 54;xxii · texte numérisé non relu

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ne laissaient pas que d'avoir une certaine peur de pareils enragés. Claudius Lysias donna ordre de mener Paul h la tour. La foule ameutée les suivait, proférant des cris de mort. Au pied de l'escalier, la presse était telle , que les soldats furent obligés de prendre Paul dans leurs bras et de le porter. Claudius Lysias essayait en vain de calmer les têtes. Une pensée, asse? peu réfléchie, lui vint, ou peut-être lui fut suggérée par des personnes mal informées. Il crut que l'homme qu'il venait d'arrêter était le jmf d'Egypte qui, peu de temps auparavant, avait entraîné avec lui dans le. désert des milliers de zélotes, leur annonçant qu'il allait réaliser immédiatement le royaume de Dieu^ On ne savait ce que l'imposteur était devenu, et, à chaque émeute, on croyait le voir . reparaître parmi les agitateurs.

Quand on eut atteint la porte de la tour, Paul s'expliqua en grec avec le tribun et le pria de le laisser parler au peuple. Celui-ci, surpris que le prisonnier sût le grec, et reconnaissant du moins qu'il n était pas l'Égyptien faux prophète, lui accorda ce qu'il demandait'. Paul, alors, debout sur les marches de

i . Voir les Apôtres, p. 26o- , -,„„„

2 Le doute ici serait permis. L'auteur des Actes cède requem- J„t, surtout en ses derniers Chapitres , au dés r de j^cer des discours et de prêter à l'apôtre des attitudes oratoires (xmi, 22 ,

i'ii

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l'escalier, fit signe de la main qu'il voulait parler. Le silence s'établit, et, quand on l'entendit parler hébreu (c'est-à-dire syro-chaldaïque), on redoubla d'attention. Paul raconta, dans la forme qui lui était habituelle, l'histoire de sa conversion et de sa vocation. On l'interrompit bientôt; les cris : « A mort! à mort ! » recommencèrent ; la fureur était à son

comble.

Le tribun commanda de faire entrer le prisonnier dans la citadelle. Il ne comprenait rien à cette affaire; en soldat brutal et borné, il eut l'idée, pour l'éclaircir, de faire mettre h la question celui qui était la cause de tout le trouble. On se saisit de Paul, et on l'avait déjà étiré sur le poteau pour recevoir les coups de fouet, quand il déclara au centurion qui présidait à la torture qu'il était citoyen romain»..

XX, 18;xx., 40; xxm, 1; xx.v, 10; xxv, 23; xxvi, 1). Aucun historien de l'antiquité ne se fait scrupule de prêter ains. des harangues aux personnages de son histoire.

1 A Jérusalem, comme à Philippes. Paul laisse exprès les autorités s'enferrer en quelque sorte par ignorance , et ne déclare son titre que quand elles se sont trop avancées. On peut suspecter en ceci un parti pris du narrateur, et on arrive souvent à se demander si l'auteur des Actes, toujours désireux de donner a la secte droit de cité romaine, n'a pas conféré de son autorité a Paul le titre de ciloven romain. Cependant, comme ces deux récits se retrouvent dans les parties où l'auteur a été témoin oculaire, il est permisde voir là une pratique familière à Paul. Les traditions

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L'effet de ce mot était toujours très -grand'. Les exécuteurs s'écartèrent; le centurion alla en référer au tribun ; le tribun fut très-surpris. Paul avait la mine d'un pauvre juif : « Est-il vrai que tu sois citoyen romain? lui demanda Claudius, — Oui. — Mais, moi, j'ai dépensé une somme considérable pour avoir ce titre. — Et moi, je l'ai par naissance, » répondit Paul. Le stupide Claudius commença à craindre ; sa pauvre tête se torturait à chercher un sens à cette affaire. Les attentats contre les droits des citoyens romains étaient poursuivis d'une façon fort sévère. Le seul fait d'avoir attaché Paul au poteau en vue de la flagellation était un délit*. Une violence ' qui fût restée ignorée s'il se fût agi d'un homme obscur pouvait maintenant arriver à de

sur le genre de mort de Paul le supposent aussi citoyen romain (Tertullien, Prœscr.. 36); mais ce genre de mort a pu être conclu de l'assertion des Actes. Tpl: èpaa'aôr.v (II Cor., xi, 25) et les aT(-y{i.aT* (Gai., VI, 17) fortiBeraient le doute; car il n'est pas naturel que trois fois, sans compter le cas présent, Paul ait répété la scène de Philippes. La dévolution du procès de Paul à César ne suppose pas nécessairement le titre de citoyen romain : voir Jos., Vita. 3. La qualité de Tarsiote constitue une induction bien plus forte. Renier, Inscr. de r Algérie, n» 127 (ligne 26} et 721 , et dans Wallon, Croyance due à VÉvangile. 2« édit., p. 509; Grotefend, Imp, rom, tributim descriplum, p. 149-150.

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