‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 1121 sur 1128 · icr.xix, 21;xxiii,1l · texte numérisé non relu

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main, protesta que personne n'avait le droit de le livrer aux Juifs, et prononça le mot solennel : « J'en appelle à l'empereur. )> Ce mot, j)rononcé par un citoyen romain, avait la force de rompre toutes les juridictions provinciales. Le citoyen, en quelque partie du monde qu'il fût, avait le droit de se faire reconduire à Rome pour être jugé. Les gouverneurs de provinces, d'ailleurs, renvoyaient souvent à l'empereur et à son conseil les causes de droit religieux*. Festus, surpris d'abord de cet appel, s'entretint un moment avec ses assesseurs, puis répondit par la formule : « Tu en as appelé à l'empereur; tu iras à l'empereur. »

Le renvoi de Paul à Rome fut dès lors décidé, et l'on n'attendit plus qu'une occasion pour le faire partir. Un incident singulier se passa dans l'intervalle. Quelques jours après le retour' de Festus à Césarée, Hérode Agrippa II et sa sœur Bérénice, qui vivait avec lui, non sans soupçon d'infamie % vinrent saluer le nouveau procurateur. Ils restèrent plusieurs jours à Césarée. Dans le cours des conversations qu'ils eurent avec le fonctionnaire romain, celuici leur parla du prisonnier que Félix lui avait laissé. « Ses accusateurs, dit-il, n'ont relevé contre lui au-

\. Pline, EpisL, X, 97; Jos., Viia, 3; Dion Cassius, LX, 17. 2. Jos., Ant., XX, VII, 3; Juvénal, vi, 456 et suiv.

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lun des crimes que je m'attendais à voir établir II ,ne s'agit en toute cette affaire que de subtiUtes relatives à leurs superstitions et d'un certain esus, qm est mort et que Paul dit être vivant. -- J«ste-n . dit Agrippa, il y a longtemps que je voulais ..en

cet homme. - Tu l'entendras demam, » répondit

Feslus. T^ , r •

Le lendemain, en effet. Agrippa et Bérénice ^ n-

rent au tribunal avec une suite brillante. Tous les officiers de l'armée et les principaux de la ville étaient là. Aucune procédure officielle ne pouvait avoir heu depuis l'appel à l'empereur, mais Festus déclara qui selon ses principes, l'envoi d'un prisonnie a Rome devait être accompagné d'un rapport; il feignit de vouloir s'éclairer pour le rapport qu il avait l faire en cette circonstance, allégua son ignorance des choses juives, et déclara vouloir suivre sur cette affaire l'avis du roi Agrippa. Agrippa invita Pau a parler. Paul alors fit, avec une certaine complaisance oratoire, un de ces discours qu'il avait cent fois répétés. 11 s'estima heureux d'avoir h plaider sa cause devant un juge aussi au courant des questions juives que l'était Agrippa. U se retrancha plus que amais dans son système ordinaire de défense, prétendit ne rien dire qui ne fût dans la Loi et les Prophètes; soutint qu on le poursuivait uniquement a

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cause de la foi en la résurrection, foi qui est celle de tous les Israélites, qui donne un mobile à leur piété, un fondement à leurs espérances. Il expliqua par des citations empruntées aux Écritures ses thèses favorites, savoir que le Christ devait souffrir, qu'il devait être le premier ressuscité'. Festus, étranger h toutes ces spéculations, prit Paul pour un rêveur, savant homme en son genre, mais égaré et chimérique. « Tu es fou, Paul, lui dit-il; tes lectures t'ont fait perdre, l'esprit. » - Paul invoqua le témoignage d' Agrippa, plus versé dans la théologie juive, connaissant les prophètes, et qu'il supposait instruit des faits relatifs à Jésus. Agrippa répondit d'une manière évasive. Un grain de plaisanterie se mêla, ce semble, à la conversation. « Tu vas, dit Agrippa, me persuader de me faire chrétien... » Paul, avec son esprit ordinaire, se mit au ton de l'assistance, et fimt par souhaiter à tous de lui ressembler : « Excepté par ces chaînes, » ajouta-t-il avec une légère ironie. L'effet de cette séance courtoise, si différente des

1 II n-est pas impossible que l'auteur des Actes ait imagine tout cet épisode pour montrer Paul exposant une fois de plus sa doct; vant Immonde païen. Comparez l'épisode de l'Aréopage (ci-dessus, p. 19. et suiv.) et AC, xx.v, .4-.5. 11 est d.fficde «pendant que le récit dont il s'agit ici n'ait pas quelque base. Zl X ,8-19; Luc, XM, 11, renferment peut-être une allusion

■a ces a'poiogies prononcées par l'apôtre devant diverses autontes.

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audiences où les Juifs f.guraient en accusateurs fut en somme favorable à Paul. Festus, avec son bon sens romain, déclara que cet homme nav.tnn

fait de mal. Agrippa fut d'avis que, s. n en aval pas appelé à l'empereur, on eût pu le relâcher. Paul, (îù voulait aller à Rome conduit par les Ro- Itsl-mémes, ne retira pas son appel, on le mi

donc, avec quelques autres prisonniers, en la garde d'un centurion de la cohorte prima Augmtaltahca nommé Julius, lequel devait être Italien. Timothe , Luc et Aristarque de Thessalonique furen les seuls de ses disciples qui prirent passage avec lui .

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