‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 12 sur 1128 · MM · texte numérisé non relu

MM

VIE DE JÉSUS

du reste, un tout assez complet. Quant aux récits primitifs de Marc, il semble que le texte s'en retrouve tantôt dans le premier, tantôt dans le deuxième Évangile, mais le plus souvent dans le deuxième. En d'autres termes, le système de la vie de Jésus chez les synoptiques repose sur deux documents originaux : 1^ les discours de Jésus recueillis par r apôtre Matthieu; 2° le recueil d'anecdotes et de renseignements personnels que Marc écrivit d'après les souvenirs de Pierre. On peut dire que nous avons encore ces deux documents, mêlés à des renseignements d'autre provenance, dans les deux premiers Évangiles, qui portent, non sans raison, le titre d' « Évangile selon Matthieu » et d' « Évangile se-

Ion Marc ».

Ce qui est indubitable, en tout cas, c'est que, de très-bonne heure, on mit par écrit les discours de Jésus en langue araméenne, que de bonne heure aussi on écrivit ses ac Lions remarquables. Ce n'étaient pas là. des textes arrêtés et fixés dogmatiquement. Outre les Évangiles qui nous sont parvenus, il y en eui d'autres, prétendant également représenter la tradition des témoins oculaires ^ On attachait peu

4. Luc, i, 1-«; Ôrigène, Hom. in Luc, î, init.; saint Jérôme, Comment, in Matth,, prol.

INTRODUCTION

d'importance à ces écrits, et les conservateurs, tels que Papias, y préféraient encore, dans la première moitié du ii* siècle, la tradition orale *. Comme on croyait le monde près de finir, on se souciait peu de composer des livres pour l'avenir ; il s'agissait seulement de garder en son cœur l'image vive de' celui qu'on espérait bientôt revoir dans les nues. De là le peu d'autorité dont jouirent durant près de cent ans les textes évangéliques. On ne se faisait nul scrupule d'y insérer des paragraphes, de combiner diverse-

4. Papias, dans Eusèbe, H. E., III, 39. Comparez Irénée, Adv, hœr,, III , II et m. Voir aussi ce qui concerne Polycarpe dans le fragment de la lettre d'Irénée à Fiorinus, conservé par Eusèbe, //. E., V, 20. n; -ye'fpaTrrai dans l'épître de saint Barnabe (ch. iv, p. 12, édit. Hilgenfeld) s'applique à des mots qui se trouvent dans saint Matthieu, xxii, 44. Mais ces mots, qui flottent à deux endroits de saint Matthieu (xxii, 46; xx, 14), peuvent provenir dans Matthieu d'un livre apocryphe, ainsi que cela a lieu pour les passages Matth., xxiii, 34 et suiv., xxiv, 22 et environs. Comp. IV Esdr., VIII, 3. Notez au même chapitre de l'épître de Barnabe (p. 8, édit. Hilg.) la singulière coïncidence d'un passage que l'auteur attribue à Hénoch, en se servant de la formule -ife^paîVTai, avec Matth., xxiv, 22. Comp. aussi la ^pacpia citée dans l'épître de Barnabe, c. xvi (p. 52, Hilg.), à Hénoch, lxxxix, 56 et suiv. Voir ci-dessous, p. -^66, note 4. Dans la 2" épître de saint Clément, (ch. Il), et dans saint Justin, ApoL I, 67, les synoptiques sont décidément cités comme des écritures sacrées. I Tim., v, 1 8 offre aussi comme 7pa<piâ un proverbe qui se trouve dans Luc (x, 7). Cette épître n'est pas de saint Paul*

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