LES DISCIPLES DE JÉSU
Dans ce paradis terrestre, que les grandes révolutions de l'histoire avaient jusque-la peu atteint, vivait une population en parfaite harmonie avec le pays lui-même, active, honnête, pleine d'un sentiment gai et tendre de la vie. Le lac de Tibériade est un des bassins d'eau les plus poissonneux du monde'; des pêcheries très - fructueuses s'étaient établies , surtout à. Bethsaïde , à Capharnahum , et avaient produit une certaine aisance. Ces familles de pêcheurs formaient une société douce et paisible, s'étendant par de nombreux liens de parenté dans tout le canton du lac que nous avons décrit. Leur vie peu occupée laissait toute liberté à leur imagination. Les idées sur le royaume de Dieu trouvaient,
4. Matth.,iv, 48; Luc,v, 44 et suiv ; Jean, i, 44; xxi, \ etsuiv.; Jos., B. J.» III, X, 7; Talm. de Jér., Pesachim, iv, 2; Talm. de Bab., Baba kama, 80 b; Jacques de Vitri, dans le Gesla Dci per Francos, I, p. 1075,
dans ces petits comités de bonnes gens, plus de créance que partout ailleurs. Rien de ce qu'on appelle civilisation, dans le sens grec et mondain, n'avait pénétré parmi eux. Ce n'était pas notre sérieux germanique et celtique; mais, bien que souvent peut-être la bonté fût chez eux superficielle et sans profondeur, leurs mœurs étaient tranquilles , et ils avaient quelque chose d'intelligent et de fin. On peut se les figurer comme assez analogues aux meilleures populations du Liban, mais avec le don que n'ont pas celles-ci de fournir des grands hommes. Jésus rencontra là, sa vraie famille. Il s'y installa comme un des leurs ; Capharnahum devint « sa ville ' » , et, au milieu du petit cercle qui l'adorait, il oublia ses frères sceptiques, l'ingrate Nazareth et sa moqueuse
incrédulité.
Une maison surtout, h Capharnahum, lui offrit un asile agréable et des disciples dévoués. C'était celle de deux frères, tous deux fils d'un certain Jonas, qui probablement était mort h l'époque où Jésus vint se fixer sur les bords du lac. Ces deux frères étaient Simon, surnommé en syro-chaldaïque Céphas, en grec Pétros « la pierre* », et André. Nés h Beth-