‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 259 sur 1128 · Matth., XV, î et suiv,; Marc, vu, 8 et suiv · texte numérisé non relu

Matth., XV, î et suiv,; Marc, vu, 8 et suiv

TIE DE JÉSUS

Les disputes éclataient surtout à propos d'une foule de pratiques extérieures introduites par la tradition, et que ni Jésus ni ses disciples n'observaient'. Les pharisiens lui en faisaient de vifs reproches. Quand il dînait chez eux, il les scandalisait fort en ne s'a5treignant pas aux ablutions d'usage. « Donnez l'aumône, disait-il, et tout vous deviendra pur*. » Ce qui blessait au plus haut degré son tact délicat, c'était l'air d'assurance que les pharisiens portaient dans les choses religieuses, leur dévotion mesquine, qui aboutissait à une vaine recherche de préséances et de titres, nullement à l'amélioration des cœurs. Une admirable parabole rendait cette pensée avec infiniment de charme et de justesse. « Un jour, disait-il, deux hommes montèrent au temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre publicain. Le pharisien debout disait en lui-même : « 0 Dieu! je te rends « grâces de ce que je ne suis pas comme les autres « hommes (par exemple, comme ce publicain), vo- « leur, injuste, adultère. Je jeûne deux fois la se- « maine, je donne la dîme de tout ce que je possède. » Le publicain, au contraire, se tenant éloigné, n'osait lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrme

4 . Matth., XV, t et suiv.; Marc, vu 4, 8 ; Luc, v, $ub /In., init.; xi, 38 et suiv, t. Luc, XI, M.

en disant : « 0 Dieu! sois indulgent pour moi, pauvie (( pécheur. » Je vous le déclare, celui-ci s'en retourna justifié dans sa maison, mais non l'autre ^ »

Ure haine qui ne pouvait s'assouvir que par la mort fut la conséquence de ces luttes. Jean Baptiste avait déjà provoqué des inimitiés du môme genre ^ Mais les aristocrates de Jérusalem, qui le dédaignaient, avaient laissé les simples gens le tenir pour un prophète». Cette fois, la guerre était à mort. C'était un esprit nouveau qui apparaissait dans le monde et qui frappait de déchéance tout ce qui l'avait précédé. Jean- Baptiste était profondément juif; Jésus l'était à peine. Jésus s'adresse toujours à la finesse du sentiment moral. Il n'est disputeur que quand il argumente contre les pharisiens, l'adversaire le forçant, comme cela arrive presque toujours , à prendre son propre ton*. Ses exquises moqueries, ses malignes provocations frappaient toujours au cœur. Stigmates éternels, elles sont restées figées dans la plaie. Cette tunique de Nessus du ridicule, que le juif, fils des pharisiens, traîne en lambeaux après lui depuis dixhuit siècles, c'est Jésus qui l'a tissée avec un artifice

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