‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 308 sur 1128 · Ltic, xxiii · texte numérisé non relu

Ltic, xxiii

8. ean, xyiii, 34; Jos.,i4nl.,XX, ix, 4; Talm Jér.,5an/».,i,4.

VIE DE JÉSUS

pas moins dès ce moment un condamné. Il demeura le reste de la nuit exposé aux mauvais traitements d'une valetaille infime, qui ne lui épargna aucun affront*.

Le matin, les chefs des prêtres et les anciens se trouvèrent de nouveau réunis \ Il s'agissait de faire ratifier par Pilate la condamnation prononcée par le sanhédrin , et frappée d'invalidité par suite de l'occupation des Romains. Le procurateur n'était pas investi comme le légat impérial du droit de vie et de mort. Mais Jésus n'était pas citoyen romain ; il suffisait de l'autorisation du gouverneur pour que l'arrêt prononcé contre lui eût son cours. Comme il arrive toutes les fois qu'un peuple politique soumet une nation où la loi civile et la loi religieuse se confondent , les Romains étaient amenés à prêter à la loi juive une sorte d'appui officiel. Le droit romain ne s'appliquait pas aux Juifs. Ceux-ci restaient sous le droit canonique que nous trouvons consigné dans le Talmud, de même que les Arabes d'Algérie sont encore régis par le code de l'islam. Quoique neutres en religion, les Romains sanctionnaient ainsi fort souvent des pénalités portées pour des délits reli-

4. Malth., XXVI, 67-68 Marc, xiv, 65; Luc, xxii, 63-65. 2. Matth., xxvii, 4 ; Marc, xv, 4 ; Luc, xxii, 66; xxiii, 4 : Jean. XViii, 28.

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gîeux. La situation était à peu près celle des villes saintes de Tlnde sous la domination anglaise, ou bien encore ce que serait l'état de Damas , le lendemain du jour ou la Syrie serait conquise par une nation européenne. Josèphe prétend (mais certes on en peut douter) que, si un Romain franchissait les stèles qui portaient des inscriptions défendant aux païens d'avancer, les Romains eux - mêmes le livraient aux Juifs pour le mettre à mort *.

Les agents des prêtres lièrent donc Jésus et l'amenèrent au prétoire, qui était l'ancien palais d'Hérode % joignant la tour Antonia ^ On étaH au matin du jour où l'on devait manger l'agneau pascal (vendredi, 14 de nisan == 3 avril). Les Juifs se seraient souillés en entrant dans le prétoire et n'auraient pu faire le festin sacré. Ils restèrent dehors*. Pilate, averti de leur présence, monta au biîna ^ ou tribunal situé en plein air % à l'endroit qu'on nommait Gabbatha ou, en grec, Lithostrotos, à cause du carrelage qui revêtait le sol.

\. Jos., AnL, XV, XI, 5; B.J.,\\, ii, 4.

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