Cf. saint Jérôme, In Matth., xxvii
5. Marc, xv, 7; Luc, xxiii, 19. Le quatrième Évangile (xviii, 40), qui en fait un voleur, paraît ici beaucoup moins dans le vrai Que Marc.
TIE DE JÉSUS
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tisme, d'ailleurs, amène tous les pouvoirs à traiter avec lui. Pilate se crut obligé de faire quelque concession; mais, hésitant encore à répandre le sang pour satisfaire des gens qu'il détestait, il voulut tourner la chose en comédie. Affectant de rire du titre pompeux que l'on donnait h Jésus, il le fit fouetter* La flagellation était le préliminaire ordinaire du supplice de la croix». Peut-être. Pilate voulut-il laisser croire que cette condamnation était déjà prononcée, tout en espérant que le préliminaire suffirait. Alors eut lieu , selon tous les récits , une scène révoltante. Des soldats mirent sur le dos de Jésus une casaque rouge, sur sa tête une couronne formée de branches épineuses, et un roseau dans sa main. On l'amena ainsi affublé sur la tribune, en face du peuple. Les soldats défilaient devant lui, le souffletaient tour à tour, et disaient en s'agenouillant : « Salut , roi des Juifs». » D'autres crachaient sur lui et frappaient sa tête avec le roseau. On comprend difiicilement que la gravité romaine se soit prêtée à des actes si honteux. Il est vrai que Pilate,
4. Matth., Mvii, 26; Marc, xv, 15; Jean, xix, 1. 2.Jos.,B.y.,II,x.v,9;V,x.,1;VII,v., 4;T.U>L.ve,
XXXIII, 36; Quinte-Curce, VII, xi, 28.
3. Matth., XXV.I, 27 et suiv. ; Marc, xv, 16 et suiv. ; Luc. xxiu.
M ; Jean, xix, i et suiv
en qualité de procurateur, n'avait guère sous ses ordres que des troupes auxiUaires'. Des citoyens romains, comme étaient les légionnaires, ne fussent pas descendus à de telles indignités.
Pilate avait-il cru par cette parade mettre sa responsabilité à couvert? Espérait-il détourner le coup qui menaçait Jésus en accordant quelque chose a la haine des Juifs *, et en substituant au dénoùment tragique une fin grotesque d'où il semblait résulter que l'affaire ne méritait pas une autre issue? Si telle fut sa pensée, elle n'eut aucun succès. Le tumulte grandissait et devenait une véritable sédition. Les cris « Qu'il soit crucifié ! qu'il soit crucifié ! » retentissaient de tous côtés. Les prêtres, prenant un ton de plus en plus exigeant, déclaraient la Loi en péril, si le séducteur n'était puni de mort'. Pilate vit clairement que, pour sauver Jésus, il faudrait réprimer une émeute sanglante. Il essaya cependant encore de gagner du temps. Il rentra dans le prétoire, s'informa de quel pays était Jésus , cherchant un
1 Voir Renier, Inscripl. rom. de l'Algérie, n» 5, fragm. B. L'existence de sbires et d'exécuteurs étrangers à l'armée ne se montre clairement que plus tard. Voir cependant Cicéron, In Verrem. actio II, nombreux passages; £pts«. ad Qumtum fr., 1,
% Luc, xxiii, <6, 22.