Ihid., m
[An 35]
LES APOTRES
hasidim ou gens pieux. On n'était ni schismatique ni hérétique pour s'affilier à eux S pas plus qu'on ne cesse d'être protestant pour être disciple de Spener, ou catholique pour être de l'ordre de Saint-François ou de Saint-Bruno. Le peuple les aimait à cause de leur piété, de leur simphcité, de leur douceur 2. Les aristocrates du temple les voyaient sans doute avec déplaisir. Mais la secte faisait peu d'éclats; elle était tranquille, grâce à son obscurité.
Le soir, les frères rentraient à leur quartier et prenaient le repas, divisés par groupes ^ en signe de fraternité et en souvenir de Jésus, qu'ils voyaient toujours présent au milieu d'eux. Le chef de table rompait le pain, bénissait la coupe ^, et les faisait circuler comme un symbole d'union en Jésus. L'acte lev plus vulgaire de la vie devenait ainsi le plus auguste et le plus saint'. Ces repas en famille , toujours aimés des Juifs ^ étaient accompagnés de prières, d'élans pieux, et remplis d'unedouce gaieté. On se croyait encore au temps où. Jésus les animait de sa présence ; on s'imaginait le