‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 46 sur 1128 · Antonin Martyr, endroit cité · texte numérisé non relu

Antonin Martyr, endroit cité

an ORIGINES DU CHRISTIANISME.

vallée du Jourdain et les hautes plaines de la Pérée, qui forment du côté de Test une ligne continue. Au nord, les montagnes de Safed, en s'inclinant vers la mer, dissimulent Saint-Jean-d'Acre, mais laissent se dessiner aux yeux le golfe de Khaïfa. Tel fut l'horizon de Jésus. Ce cercle enchanté, berceau du royaume de Dieu, lui représenta le monde durant des années. Sa vie même sortit peu des limites familières à son enfance. Car, au delà, du côté du nord, l'on entrevoit presque, sur les flancs de l'Hermon, Césarée de Philippe, sa pointe la plus avancée dans le monde des gentils, et, du côté du sud, on pressent, derrière ces montagnes déjà moins riantes de la Samarie , la triste Judée, desséchée comme par un vent brûlant d'abstraction et de mort.

Si jamais le monde resté chrétien, mais arrivé à une notion meilleure de ce qui constitue le respect des origines, veut remplacer par d'âuth^.ntiques lieux saints les sanctuaires apocryphes et mesquins où s'attachait la piété des âges grossiers, c'est sur cette hauteur de Nazareth qu'il bâtira son temple. Là, au point d'apparition du christianisme et au centre d'où rayonna l'activité de son fondateur, devrait s'élever la grande église où tous les chrétiens pourraient prier. Là aussi, sur cette terre où dorment le charpentier Joseph et des milliers de Nazaréens ou-

VIE DE JÉSUS

blîés, qui n'ont pas franchi l'horizon d^ leur vallée, le philosophe serait mieux placé qu'en aucun lieu du monde pour contempler le cours des choses humaines, se consoler des démentis qu'elles infligent à nos instincts les plus chers , se rassurer sur le but divin que le monde poursuit à travers d'innombrables défaillances et nonobstant l'universelle vanité-

CAPITRE TU

iDDCATION DE jéSIIft*

Cette nature h. la fois riante et grandiose fut toute réducation de Jésus. Il apprit à lire et à écrire ', sans doute selon la méthode de l'Orient, consistant à mettre entre les mains de Tenfant un livre qu'il répète en cadence avec ses petits camarades, jusqu'à ce qu'il le sache par cœur*. Il est douteux pourtant qu'il comprît bien les écrits hébreux dans leur langue originale. Les biographes les lui font citer d'après des traductions en langue araméenne'; ses principes d'exégèse, autant que nous pouvons nous les figurer par ses disciples, ressemblaient beaucoup à ceux qui avaient cours alors et qui font l'esprit des Targummim et des . Midraschim^.

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