Jos., Ant., dernier paragraphe
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de la pesanteur des dialectes grossiers que la conquête niacédonienne leur avait portés*.
Les conversions au christianisme devinrent bientôt beaucoup plus nombreuses chez les a hellénistes » que chez les « hébreux » . Les vieux Juifs de Jérusalem étaient peu attirés vers une secte de provinciaux, médiocrement versés dans la seule science qu'un pharisien appréciât, la science de la Loi 2. La position de la petite Église à l'égard du judaïsme était, comme le fut celle de Jésus lui-même, un peu équivoque. Mais tout parti religieux ou politique porte en lui une force qui le domine et l'oblige à parcourir son orbite malgré lui. Les premiers chrétiens, quel que fût leur respect apparent pour le judaïsme, n'étaient en réalité des juifs que par leur naissance ou par leurs habitudes extérieures. L'esprit vrai de la secte venait d'ailleurs. Ce qui germait dans le judaïsme ofTiciel , c'était le Talmud; or, le christianisme n'a aucune affinité avec l'école talmudique. Voilà pourquoi le christianisme
<. C'est ce que prouvent les transcriptions du grec en syriaque. J'ai développé ceci dans mes Éclaircissements tirés des langues sémitiques sur quelques points de la prononciation grecque. (Paris, 1849.) La langue des inscriptions grecques de Syrie est très-mauvaise.
î. Jos., Ant., loc. cit.
trouvait surtout faveur dans les parties les moins juives du judaïsme. Les orthodoxes rigides s'y prêtaient peu; c'étaient les nouveaux venus, gens à peine catéchisés, n'ayant pas été aux grandes écoles, dé-agés de la routine et non initiés h la langue sainte, qui prêtaient l'oreille aux apôtres et à leurs disciples. Médiocrement considérés de l'aristocratie de Jérusalem, ces parvenus du judaïsme prenaient ' ainsi une sorte de revanche. Ce sont toujours les parties jeunes et nouvellement acquises d'une communauté qui ont le moins de souci de la tradition, et qui sont le plus portées aux nouveautés.
Dans ces classes peu assujetties aux docteurs de la -Loi, la crédulité était aussi, ce semble, plus naïve et plus entière. Ce qui frappe chez le juif talmudiste, ce n'est pas la crédulité. Le juif crédule et ami du merveilleux, que connurent les satiriques latins, n'est pas le Juif de Jérusalem; c'est le juif helléniste à la fois très-religieux et peu instruit, par conséquent très-superstitieux. Ni le sadducéen à demi incrédule, ni le pharisien rigoriste ne devaient être fort touchés de la théurgie qui était en si grande vogue dans le cercle apostolique. Mais le Judœus Apella. dont l'épicurien Horace souriaitS était là pour croire. Les questions sociales, d'ailleurs, intéressaient parti-