Comparez le Pasteur d'Hermas, vis. n, ch
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vieille 4», vénérée, utile, traitée de mère. Ces femmes allant, venant sans cessée étaient d'admirables missionnaires pour le culte nouveau. Les protestants se trompent en portant dans l'appréciation de ces faits notre esprit moderne d'individualité. Quand il s' agit d'histoire chrétienne , c'est le socialisme, le cénobitisme, qui sont primitifs.'
L'évêque, le prêtre, comme le temps les a. faits, n'existaient pas encore. Mais le ministère pastoral, cette intime familiarité des âmes, en dehors des liens du sang, était déjà fondé. Ceci a toujours été le don spécial de Jésus, et comme un héritage de lui. Jésus avait souvent répété qu'il était pour chacun plus que son père, plus que sa mère, qu'il fallait pour le suivre quitter les êtres les plus chers. Au-dessus de la famille, le christianisme mettait quelque chose; il créait la fraternité, le mariage spirituels. Le mariage antique, livrant l'épouse à l'époux sans restriction, sans contre - poids , était un véritable esclavage. La liberté morale de la femme a commencé le jour où l'Église lui a donné un confident , un guide en Jésus, qui la dirige et la console, qui toujours l'écoute, et parfois l'engage à résister. La
\, KaXo-Yp(«, nom des religieuses dans l'Église orientale. KaXo; réunit ici les deux sens de « beau » et de « bon ». 2. Voir ci-dessus, p. 122, note 3.
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femme a besoin d'être gouvernée, n est heureuse que gouvernée; mais il faut qu'elle aime celui qui la gouverne. Voilà ce que ni les sociétés anciennes, ni le judaïsme, ni l'islamisme, n'ont pu faire. La femme n'a jamais eu jusqu'ici une conscience religieuse, une individualité morale, une opinion propre que dans le christianisme. Grâce aux évêques et à la vie monastique, une Radegonde saura trouver des moyens pour échapper des bras d'un époux barbare. La vie de l'âme étant tout ce qui compte, il est juste et raisonnable que le pasteur qui sait faire vibrer les cordes divines, le conseiller secret qui tient la clef des consciences, soit plus que le père, plus que
l'époux.
En un sens, le christianisme fut une réaction
contre la constitution trop étroite de la famille dans
la race aryenne. Non-seulement les vieilles sociétés
aryennes n'admettaient guère que l'homme marié,
mais elles entendaient le mariage dans le sens le
plus strict. C'était quelque chose d'analogue à la
famille anglaise, un cercle étroit, fermé, étoufl'ant,
un égoïsme à plusieurs, aussi desséchant pour l'âme
que régoïsme à un seul. Le christianisme, avec sa
divine notion de la liberté du royaume de Dieu,
corrigea ces exagérations. Et d'abord, il se garda de
faire peser sur tout le monde les devoirs du commun
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des hommes. Il vit que la famille n'est pas le cadre absolu de la vie, ou, du moins , un cadre fait pour tous, que le devoir de reproduire l'espèce humaine ne pèse pas sur tous , qu'il doit y avoir des personnes affranchies de ces devoirs , sacrés sans doute, mais non faits pour tous. L'exception que la société grecque fit en faveur des hétères h la façon d' Aspasie , que la société italienne fit pour la cortigiana à la manière d'Imperia, à cause des nécessités de la société polie , le christianisme la fit pour le prêtre, la religieuse, la diaconesse, en vue du bien général. Il admit des états divers dans la société. Il y a des âmes qui trouvent plus doux de s'aimer h cinq cents que de s'aimer à cinq ou six, pour lesquelles la famille dans ses conditions ordinaires paraîtrait insuffisante, froide, ennuyeuse. Pourquoi étendre à tous les exigences de nos sociétés ternes et médiocres? La famille temporelle ne suffit pas à l'homme. Il lui faut des frères et des sœurs en dehors
de la chair.
Par sa hiérarchie des différentes fonctions sociales S l'Église primitive parut concilier un moment ces exigences opposées. Nous ne comprendrons jamais combien on fut heureux sous ces règles