‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 561 sur 1128 · Acl.^ XXIV, 5; Tertullien, Adv. Marcionem, IV · texte numérisé non relu

Acl.^ XXIV, 5; Tertullien, Adv. Marcionem, IV

4. Nesârâ. Les noms de meschihoio en syriaque, mesihi en arabe, sont relativement modernes, et calqués sur •/ù\.'s-:\oi.^i^. Le nom de «Galiléens» est bien plus récent. Ce fut Julien qui le mit à la mode, et même le rendit officiel, en y attachant une nuance de raillerie et de mépris. Juliani/i/^i.s^, vu; Grégoire de Nazianze, Orat. IV (invect. i), 76; S. Cyrille d'Alex., Co?i<re Julien, II, p. 39 (édit. Spanheim); Philopalris, dialogue attribué faussement à Lucien, et qui est en réalité du temps de Julien, § 12; Théodoret, Hist, eccL, III, 4. Je penge que, dans Épictète (Arrien, Dissert., IV, VII, 6) et dans Marc-Aurèle [Pensées, XI, 3), ce nom ne désigne pas les chrétiens, mais qu'il faut l'entendre des « sicaires » ou zélotes, disciples fanatiques de Juda le Galiléen ou le Gaulonite et de Jean de Gischala.

23Ô OHlGliNES DL CllKlSTiAM SxME. An 43]

car le nom est le signe définitif de l'existence. C'est par le nom qu'un être individuel ou collectif devient lui-même et sort d'un autre. La formation du mot (( chrétien » marque ainsi la date précise oii l'Église de Jésus se sépara du judaïsme. Longtemps encore on confondra les deux religions ; mais cette confusion n'aura lieu que dans les pays où la croissance du christianisme est, si j'ose le dire, arriérée. La secte, du reste, accepta vite rappellation qu'on avait faite pour elle et la considéra comme un titre dMionneui-^ Quand on songe que, dix ans après la mort de Jésus, sa religion a déjà un nom en langue grecque et en langue latine dans la capitale de la Syrie, on s'étonne des progrès accomplis en si. peu de temps. Le christianisme est complètement détaché du sein de sa mère; la vraie pensée de Jésus a triomphé de l'indécision de ses premiers disciples; l'Église de Jérusalem est dépassée; l'araméen, la lancrue de Jésus, est inconnue à une partie de son école; le christianisme parle grec; il est lancé définilivement dans le grand tourbillon dû monde grec et romain, d'où il ne sortira plus.

L'activité, la fièvre d'idées qui se produisait dans cette jeune Église dut être quelque chose d'extraordinaire. Les grandes manifestations « spirites » y

Page 1